RÉFLEXIONS pour Jb 27:1-23
Le discours de Job est qualifié de sublime ; l’ancien narrateur anonyme abandonne le récit détaché et porte directement un jugement qui révèle de quel côté va sa sympathie. Nous voyons que Job est lui aussi capable de dénoncer, et ses amis auraient dû tenir compte du fait que leurs paroles étaient jetées au vent. Les arguments qu’ils avançaient n’étaient ni nouveaux ni inattendus pour Job ; tout ce qu’il entendait d’eux, il était lui-même capable de le dire. La réponse de Job à ses amis ressemble à bien des égards à leurs discours, mais des paroles apparemment semblables résonnent différemment selon le contexte.
C’est une chose lorsque des propos sur l’inévitable châtiment des impies sont tenus par des gens rassasiés et prospères, convaincus de leur propre honnêteté et de leur conduite irréprochable — sans que l’on sache d’ailleurs sur quoi ils fondent cette assurance. Mais l’impression est tout autre lorsqu’une personne elle-même accablée par le malheur parle de la justice de la rétribution du mal. Elle est prête à accepter le châtiment s’il est juste, mais ses paroles révèlent clairement non pas le désir d’échapper à ce qu’elle doit, mais la certitude de son innocence.
Tout le monde n’a pas le droit moral de répéter, après d’autres, des paroles apparemment identiques.
