RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Ac 22:30-23:35

Paul est jugé. Si quelqu'un a intérêt à comprendre au moins quelque chose, ce sont les représentants du pouvoir romain, d'autant qu'il s'agit d'un citoyen romain.

Chez tous les autres, l'intérêt était exclusivement partisan : ce n'est pas un hasard si, lorsque Paul a dit qu'on le jugeait pour sa foi en la résurrection des morts, les représentants du parti pharisien au Sanhédrin se sont aussitôt rangés de son côté, sans entrer dans les détails. C'est là une pensée purement partisane : on distingue les siens et les autres à certaines marques verbales, des sortes de signaux. Pour les pharisiens, l'expression « résurrection des morts » était une telle marque ; en l'entendant, les représentants du parti pharisien au Sanhédrin se sont aussitôt placés du côté de Paul.

Ainsi les questions de la vie spirituelle, en se dégradant en questions politiques, engendrent une idéologie où dominent toujours le schéma et le système des marques « ami - ennemi ». Et l'étape suivante de la dégradation spirituelle est la haine envers celui qui, dans ta propre imagination ou même en réalité, est ton adversaire. Comme chez ces quarante hommes qui firent voeu de ne ni manger ni boire tant qu'ils n'auraient pas tué Paul.

Dans cet état, l'homme ne voit tout simplement pas la possibilité de coexister avec son adversaire dans un même monde, si vaste que soit ce monde. Une telle haine apparaît particulièrement souvent sur un terrain religieux, même si sa source peut bien sûr être d'autres idées que religieuses. Et alors politique et idéologie engendrent quelque chose d'encore plus monstrueux : le fanatisme. En devenant fanatique, l'homme se transforme littéralement en possédé, livrant sa volonté au pouvoir d'une idée ou d'une tâche, d'ordinaire irréalisable ou simplement illusoire.

Mais au possédé lui-même, il semble que, s'il résout cette tâche ou réalise cette idée, le monde deviendra un lieu idéal, parfait, où il n'y aura ni mal ni péché. Tous les autres états rendent la communion avec Dieu difficile en détournant l'homme de Dieu ; le fanatisme l'exclut entièrement. C'est pourquoi Paul et tous les autres voyaient bien qu'il n'y avait rien à dire aux fanatiques. Alors les représentants du pouvoir romain prennent des mesures pour sauver l'apôtre et l'emmènent de Jérusalem.