RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour 2Co 3:2-3

Dans les mots de Paul sur la lettre ou le message (le mot correspondant grec admet les deux traductions) du Christ, écrit dans le coeur, il n’est pas difficile de remarquer l’allusion aux livres prophétiques et, en particulier, sur le livre de Jérémie, qui parlant de la nouvelle union-alliance messianique, mentionne que les conditions de cette nouvelle union ne seront plus sur les tables de pierre, comme c’était le cas avec le texte du Décalogue (et le Décalogue était au fait le texte contenant les conditions de cette alliance, que le peuple a conclue avec Dieu sur Sinaï), mais sont écrites sur le coeur de chacun, devenues une partie intégrante et la base de la vie de l’homme dans le Royaume messianique.

C’est notamment ces mots de Jérémie qui ont servi de base pour la représentation apparue à la période d’après captivité dans le judaïsme de la Torah intérieure, qui était vu pas comme un certain nouveau texte, mais comme le pivot spirituel, qui se forme graduellement dans le coeur de l’homme, qui aspire à suivre la Torah et observer les commandements, devenant le fondement spirituel de toute sa vie. Comme on voit, dans l’image de la lettre du Christ, écrite sur le coeur, il n’est pas difficile de trouver le lien avec les mots de Jérémie sur la Torah écrite sur «des tables du coeur», tout comme avec l'image de la Torah intérieure, qui devait être bien familière à Paul qui a reçu une éducation traditionnelle rabbinique. Mais comme on voit, l'apôtre modifie l'interprétation de ces représentations traditionnelles dans le contexte de ce que dit Jésus de la Torah, dont Il est venu, selon Ses propres mots, non pas pour détruire, mais pour mener à la plénitude.

Évidemment, le Sauveur ne parle pas dans ce cas du texte de la Torah, dont Il n’avait pas du tout pour plan ni de changer, ni de compléter (bien qu’Il ait donné Ses commentaires sur certains commandements), mais de la Torah intérieure que Lui Seul pouvait manifester dans toute la plénitude. En effet, pour observer la Torah totalement, devenir un juste parfait, ou comme on disait à cette époque une «Torah vivante», il fallait se libérer entièrement du pouvoir du péché. Cela va de soi que, excepté le Christ Lui-même, personne ne pouvait manifester rien de semblable au monde. Ce n'est pas étonnant que la première génération des chrétiens voie leur Maître, comme le seul exemple dans le monde de la «Torah vivante».

Ce n'est pas aussi étonnant que la possibilité même de la Torah intérieure, comme les fondements de la vie spirituelle, est concevable pour le chrétien seulement, comme la vie dans le Royaume, lié chez eux à la personnalité du Sauveur ressuscité. Obtenir la Torah intérieure dans l'unité avec Christ, l'entrée dans le Royaume, où chacun devient une «Torah vivante» — tel voit l'apôtre le but de la vie du chrétien.