RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour Mc 10:11-16

La lecture d’aujourd’hui se compose de deux paroles, en apparence indépendantes : l’une sur l’impossibilité du divorce, l’autre sur la nécessité d’accueillir le Royaume de Dieu comme des enfants. Oui, indépendantes ; mais savez-vous en quoi consiste l’unicité (car le caractère divin) de la Parole ? Elle porte en elle non seulement un sens direct, mais aussi le sens qui naît de la mise en regard de parties contradictoires ou simplement différentes ; elle est ainsi stéréoscopique, donc inépuisable. Il faut apprendre à la lire dans ses parallélismes. C’est une tâche très difficile, mais nécessaire. Mais cette digression morale (que je vous prie de me pardonner) n’avait qu’un seul but : essayons de lire le fragment d’aujourd’hui non comme deux pensées, mais comme une seule. Commençons par rappeler que, comme on le voit particulièrement bien dans l’Apocalypse de Jean le Théologien, la fornication, dans la symbolique biblique, est le symbole du paganisme. Cela peut s’expliquer de deux manières. D’un côté, dans le paganisme en général, et chez les païens qui entouraient le peuple de Dieu, les cultes orgiastiques étaient une chose ordinaire. De l’autre, la fidélité à une seule personne devient la préfiguration de la fidélité à un seul Dieu. Ainsi, lorsque le Seigneur parle du divorce, une chose en apparence quotidienne, Il parle de quelque chose de plus grand que les relations entre deux personnes : Il parle en même temps de la relation de l’être humain avec Dieu. Et la pensée suivante, celle qui concerne les enfants, le confirme. Ici, il est déjà clairement question de la relation au Royaume de Dieu. Mais que signifie « comme un enfant » ? Nous allons énumérer toutes les qualités de l’enfance : absence de préjugés, perception immédiate, confiance, ouverture. Tout cela est juste ; mais puisque nous avons entrepris de lire deux pensées en parallèle, l’enfance, c’est aussi l’absence de sexualité (ne parlons pas de sexualité infantile ni du vieux Freud ; c’est notre siècle corrompu qui en est arrivé là, le Christ n’avait pas cela en vue). Et qu’est-ce que l’amour dans le mariage ? Ce sont des relations paisibles ; il n’y a pas en elles le feu, la passion, la tension douloureuse, tout ce qui est propre à la sexualité. C’est aussi le fait de contenir ses sentiments envers d’autres personnes, de contenir les attirances amoureuses qui surgissent inévitablement. « Éteins la flamme de mes passions », prions-nous la Mère de Dieu chaque matin. Pourquoi ? Parce que cela seul nous permet de garder Dieu au centre de notre vie, et non une autre personne, fût-elle la meilleure et la plus aimée.