RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour Mc 10:46-52

L'Évangile selon Marc, en décrivant la guérison de l'aveugle, ajoute au récit un détail remarquable absent de Luc: outre le nom du guéri, l'évangéliste mentionne la phrase par laquelle les gens l'encouragent: «N'aie pas peur, lève-toi, Il t'appelle.» À première vue, la situation paraît paradoxale: l'homme qui venait lui-même d'appeler Jésus sans tenir compte de la réaction de la foule s'arrête soudain, comme saisi de crainte, et n'ose pas s'approcher de Celui qu'il appelait à l'aide. De quoi Bartimée a-t-il peur? Certainement pas des hommes. S'il les avait craints, il n'aurait pas crié vers Celui que tous considéraient comme un grand Prophète afin d'attirer Son attention. Il n'a pas non plus peur de Jésus comme homme. Il semble que Bartimée ait soudain senti quelque chose d'inhabituel, quelque chose que ce Prophète étonnant porte avec Lui et en Lui. Il a senti ce Royaume même dont Jésus ne cessait de témoigner en disant qu'il s'était «approché». En le sentant, il a comme reculé et s'est arrêté. Il n'était sans doute pas fort en théologie. Il ne connaissait pas les subtilités des nombreuses théories messianiques étudiées alors dans les académies de Jérusalem et de Babylone. Mais il a senti le souffle du Royaume, parce qu'il s'était totalement confié à ce Maître étrange et inhabituel. Et l'ayant senti, il a compris qu'il n'était pas prêt à y entrer. Ceux qui l'entouraient, sans comprendre ce qui arrêtait cet homme si résolu un instant auparavant, le poussent: va, Il t'appelle. Bartimée y va. Les autres pensent qu'il va vers sa guérison. Lui, entre-temps, fait un pas dans le Royaume.