RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour Mc 11:1-11

Six jours avant la Pâque, Jésus fait son entrée solennelle à Jérusalem. Pour la première fois durant Son ministère terrestre, Il se présente ouvertement devant tout le peuple comme le Roi, le Messie que tous attendaient. La prédication de Jésus annonçait le Royaume qui s’était approché; Ses miracles et Ses guérisons n’étaient rien d’autre que les signes de ce Royaume. Mais, en même temps, Jésus interdisait aux démons de l’appeler Fils de Dieu, et aux guéris de proclamer ce qui leur était arrivé. Maintenant, non seulement Il ne l’interdit plus, mais à la demande des pharisiens: «Maître! reprends tes disciples,» Il répond: «je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront» (Lc 19:39-40). Le Royaume de Dieu, venu «sans qu’on puisse l’observer», est enfin manifesté avec évidence. Mais pourquoi, en approchant de Jérusalem, entouré d’une foule en liesse, Jésus pleure-t-Il (Lc 19:41-44)? C’est que, sous le joug des conquérants romains, l’image du vrai Roi-Messie (voir Is 53), formée au temps de l’exil babylonien sous l’influence de la prédication d’Isaïe et d’autres prophètes, avait été oubliée; à sa place était apparue une image beaucoup plus ancienne, presque déjà rejetée par tous au temps d’Isaïe: celle d’un Messie guerrier, impitoyable envers les païens, qui restaurerait l’État perdu, la puissance politique, c’est-à-dire tous ces idéaux qui demeurent encore si chers à beaucoup de ceux pour qui le terrestre passe avant le céleste. Mais le Roi assis sur un âne ne ressemble pas du tout aux souverains terrestres. Depuis l’Antiquité, l’âne était symbole de paix et de douceur. Certains évangélistes (Matthieu, Jean) rappellent même l’ancienne prophétie messianique sur le Roi doux, assis sur un âne (Za 9, 9). De plus, dès le début de Son chemin, Jésus avait rejeté la tentation de la domination terrestre, lorsque le diable Lui offrait tous les royaumes de ce monde. Maintenant, ce que le diable exigeait de Jésus, Son propre peuple l’exige de Lui. Jésus est alors plus seul que jamais: Lui seul sait ce que vaut cette acclamation de la foule, et que dans quelques jours la même foule criera: «Crucifie, crucifie-Le!»...

Avec la même douceur et la même humilité avec lesquelles Jésus est entré à Jérusalem, Il vient aussi dans notre cœur et devient notre Roi, et nous devenons Son peuple. Encore et encore, Il nous conquiert non par la force et la puissance, mais par l’amour et l’humilité. Quant à nous, nous Lui demandons de nous garder fidèles à Lui, et dans l’espérance nous nous écrions: «Hosanna! Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur!»