RÉFLEXIONS pour Jb 39:26-27
Qu'est-ce donc que la sagesse ? La réponse humaine est claire : la sagesse est la pratique d'une vie juste. Et quelle est la réponse de Dieu ? Voici Son monde ; en lui agissent des forces inconnues de l'homme, y vivent des êtres qui n'ont absolument rien à faire de l'homme : ils sont, tout simplement. Vivent-ils et agissent-ils selon la sagesse humaine ? À première vue, une telle réponse n'a rien à voir avec la vie juste. Pas plus, d'ailleurs, qu'avec la vie humaine en général. Mais ce n'est qu'à première vue. Si l'on y réfléchit... Si la justice n'était qu'affaire humaine et si la Torah n'était qu'un code moral, il en serait sans doute ainsi.
Mais en réalité tout est différent. La Torah n'est pas seulement un code moral. Elle est même un code moral en dernier lieu. Elle est d'abord la description des lois de la vie spirituelle. Celles-là mêmes qui déterminent les relations de l'homme avec Dieu et des hommes entre eux. Mais ces lois ne peuvent pas ne pas être liées à d'autres : à celles qui déterminent la vie et l'existence même de l'univers.
Elles viennent de la même Source : les lois de l'univers et les lois des relations entre les hommes. Et si l'homme prétend donner l'évaluation définitive des relations humaines, et même des hommes eux-mêmes, s'il prétend être un juste, que sa justice soit pleine et ne puisse être mise en doute, il doit aussi tout savoir de l'univers. Le monde doit lui obéir aussi volontiers que ses propres jugements concernant sa justice. Et s'il n'en est pas ainsi, alors l'évaluation que l'homme porte sur sa propre justice n'est, au minimum, pas définitive. Pas plus que celle qu'il porte sur la justice des autres. Alors mieux vaut ne pas prétendre, dans ce domaine, au rôle de juge, et laisser les évaluations définitives à Dieu.
En fin de compte, c'est Dieu qui rend la justice possible pour l'homme, et non l'homme pour lui-même. Bien sûr, étant donné les limites de tout regard humain, il n'est pas facile de le comprendre.
