RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour 1Co 10:23-28

Pour Paul, le christianisme n’est pas une religion, mais une vie avec le Christ dans Son Royaume. Cette vie n’est limitée par aucun interdit, aucune règle, aucune restriction rituelle. Il n’y a qu’une seule règle simple : dans la vie, il ne doit rien y avoir qui lui nuise. Rien qui empêche le souffle du Royaume de respirer librement dans le cœur et dans l’âme. « Tout est permis, mais tout n’est pas utile. Tout est permis, mais tout ne contribue pas à l’édification ». Il s’agit d’édification, de la construction de la vie elle-même, telle qu’elle doit être dans le Royaume. Tout ce qui entrave cette construction doit être exclu : telle est l’unique règle du chrétien.

C’est à partir d’elle que l’apôtre se détermine au sujet des viandes sacrifiées aux idoles. Le fait est que, dans l’Empire romain, tous les marchés étaient, au moins formellement, consacrés au dieu protecteur du commerce, en général local, selon le lieu où se trouvait le marché. Ainsi, si l’on abordait la question de manière strictement formelle, il en résultait que tout ce qui était acheté sur n’importe quel marché se trouvait automatiquement être sacrifié aux idoles, consacré au dieu qui était considéré comme le protecteur du marché où les achats avaient été faits.

Et dans beaucoup d’autres cas, avec une approche purement formelle, on pouvait trouver beaucoup de choses sacrifiées aux idoles, pratiquement sur n’importe quelle table. Voilà pourquoi Paul conseille de ne pas accorder d’attention particulière à ces formalités. Quelle importance, en vérité, de savoir qui a consacré à qui et quand la nourriture achetée, si celui qui la mange n’en sait rien et ne pense même à rien de tel ? Car les rites païens en eux-mêmes ne signifient absolument rien pour un chrétien. C’est autre chose si quelqu’un lui dit directement : cette nourriture est consacrée à tel ou tel dieu, mange-la à la gloire de celui à qui elle est consacrée.

Là, il faut déjà parler de trahison envers le Christ : car l’homme qui mange une telle nourriture se solidarise par là même avec le païen précisément comme païen, comme adorateur de l’un des dieux païens. Et même simplement, si pour quelqu’un à table les dieux païens signifient quelque chose, manger quelque chose qui leur est consacré signifie témoigner contre le Christ, témoigner de son indifférence envers Lui. Là, il faut s’arrêter : car un tel repas peut fort bien, sinon détruire complètement la relation de l’homme avec le Christ, du moins lui nuire ; et donc il vaut mieux renoncer à ce repas. Non plus pour des raisons formelles, mais pour le Christ.