RÉFLEXIONS pour Pr 6:20-35
« Mon fils, garde le commandement de ton père et ne rejette pas l’enseignement de ta mère... » Quand nous étions petits, nous pensions parfois : quand je serai grand, je n’aurai plus besoin d’obéir à maman et à papa, je serai adulte, je ferai ce que je veux, et je mangerai toute une montagne de bonbons d’un coup. Puis nous grandissons, et nous n’avons plus envie d’une montagne de bonbons, même un seul ne nous tente plus, mais nous avons envie d’autre chose. Et de nouveau il s’avère que ce n’est pas permis. Alors, où est-elle, cette liberté tant vantée ?..
Voici ce qu’écrit le célèbre penseur protestant du milieu du siècle dernier, Karl Barth : « on peut définir la liberté comme l’indépendance de l’homme à l’égard de toute contrainte intérieure ». En réalité, c’est l’inverse qui apparaît : ce n’est pas ce qui nous coupe de l’objet de notre désir qui nous prive de liberté, mais ce désir lui-même, qui naît en nous, qui devient la cause de notre souffrance et nous prive de la liberté bénie d’être nous-mêmes. Cela remet tout à sa place. Mais que faire tout de même de ces limitations extérieures sans fin, jusqu’à la limitation même de la durée de notre vie ? Okoudjava a dit un jour de manière remarquable : « Le monde entier est fait de limites, / Pour ne pas devenir fou de bonheur ». Ironique, drôle ? En réalité, très profond.
Voici ce qu’écrit Barth : « Le fait que des limites nous soient données ne témoigne pas de l’imperfection du monde ; les limites ne sont pas les chaînes d’un destin mauvais. Il nous est donné la liberté de connaître ce qu’il nous est permis de connaître, d’accomplir ce qu’il nous est permis d’accomplir. Dans cette liberté se trouvent la volonté de Dieu, la bénédiction de Dieu sur Sa création ». Mais pourquoi la volonté de Dieu serait-elle que nous souffrions de ne pas voir nos désirs réalisés ? Pour que nous ne devenions pas fous de bonheur. Les anciens Romains disaient déjà : « celui que Jupiter veut perdre, il lui ôte la raison ». Mais Dieu, Lui, ne veut absolument pas nous perdre.
« Depuis ma jeunesse, de nombreuses passions me combattent,
mais Toi-même prends ma défense et sauve-moi, mon Sauveur »
(Antienne, ton 4)
