RÉFLEXIONS pour Mt 13:47-58
L’exemple tiré de la pratique de la pêche, donné par Jésus, est simple et ne pouvait pas créer de difficulté pour comprendre la parabole chez les auditeurs, dont beaucoup étaient eux-mêmes des pêcheurs habitués à trier la prise. Rien d’étonnant à ce que les auditeurs confirment d’un commun accord qu’ils ont compris de quoi il s’agit. Mais après la parabole vient une mention qui, au premier regard, ne lui est pas liée : celle du scribe instruit du Royaume des Cieux. Essayons pourtant de voir ce qui relie ces paroles.
Demandons-nous d’abord : où le maître tire-t-il le neuf et l’ancien de son trésor ? Et pourquoi ? Le trésor est un dépôt où les biens précieux sont gardés en réserve. Mais là, ils peuvent non seulement être conservés, mais aussi prendre la poussière sans mouvement et sans apporter de profit. Or le Seigneur veut que les dons reçus de Lui trouvent une application constante, qu’ils agissent, et non qu’ils soient seulement gardés avec révérence. L’ancienne sagesse de l’Ancien Testament, éprouvée par les siècles, et ce que le Seigneur a révélé dans l’époque néotestamentaire tout juste commencée, et ce qui n’est pas encore devenu habituel, tout cela doit devenir notre vie. Les scribes qui avaient appris par cœur des textes inestimables avaient souvent du mal à assimiler ce qui venait du Christ. Mais Il ne rejette pas pour autant la culture scripturaire elle-même ; Il propose aux scribes d’incarner dans la vie ce qu’ils gardent. Et ce n’est pas seulement aux scribes, mais aussi à nous tous, que le Seigneur donne cette possibilité. Car Il ne veut pas que nous nous trouvions parmi les poissons rejetés.
Et pendant que se poursuit notre vie terrestre habituelle, c’est précisément Jésus Lui-même qui se trouve rejeté. Il est caractéristique que Ses compatriotes ne nient pas qu’Il possède sagesse et puissance, mais le fait que celui qui les possède soit un voisin vivant parmi eux devient décisif. En effet, des arrivants douteux venus de contrées exotiques rassemblent souvent plus de partisans que celui qui vit tout près. Eh bien, cela dit souvent que nous ne comprenons pas ce que nous avons sous les yeux.
Dans le fait même qu’Il n’accomplit pas de miracles à cause de l’incrédulité de Ses compatriotes, on voit non pas de la faiblesse, mais de la délicatesse, le refus de S’imposer par contrainte. Même envers ceux qui Le rejettent, le Christ continue d’agir avec respect.
