RÉFLEXIONS. La Bible pour les débutants.

RÉFLEXIONS pour Mt 19:16-26

Que conseille donc finalement Jésus, pour le salut, au jeune homme qui s’adresse à Lui ? Au fond, rien de nouveau : toujours le même vieux chemin de justice, bien connu de tous. Tu veux entrer dans le Royaume, dans la « vie éternelle » — observe les commandements. Non pas des commandements nouveaux, inhabituels, inventés par quelque rabbin savant ou maître de la Torah, mais les anciens, bien connus, donnés par Dieu à Moïse depuis longtemps.

Mais le jeune homme curieux, qui bien sûr connaissait depuis l’enfance le chemin de la justice et les commandements, veut encore éclaircir ceci : peut-être y a-t-il, en plus de ce chemin évident pour tous, quelque chose d’autre ? Une connaissance secrète, ou une pratique spirituelle particulière, ou encore quelque chose de semblable ?

À cette époque, en effet, les maîtres de la Torah ou les docteurs-rabbins proposaient souvent telle ou telle voie particulière de vie juste, mettant au premier plan soit une pratique particulière de prière, précisément à cette période se situait l’apogée de la discussion sur la question de savoir si un Juif croyant était obligé de réciter la prière du « Shema », la principale prière juive, continuellement ou non : comme on le voit, de nombreux rabbins et maîtres de la Torah étaient persuadés que c’était absolument nécessaire, soit des jeûnes fréquents, soit une manière particulière d’observer le sabbat et certaines autres prescriptions religieuses. Mais c’étaient toujours des « commandements plus », et le contenu du plus ne dépendait que de l’interprétation du maître concret.

Jésus ne conseille rien de semblable au jeune homme qui s’adresse à Lui ; Il n’ajoute rien aux commandements donnés autrefois par Son Père à Son peuple. Sauf une chose : renonce à tout ce que tu possèdes dans cette vie et dans ce monde. Deviens pauvre, dit-Il au jeune homme ; c’est la seule chose qui te manque, et la seule chose que tu puisses faire pour t’approcher du Royaume, de la « vie éternelle ». Et le jeune homme s’en va, ayant compris qu’un tel chemin dépasse ses forces.

Mais le plus intéressant est la réaction des disciples : eux aussi sont dans le doute, même dans la peur : qui donc sera sauvé ? Et cela alors qu’eux-mêmes ont réellement tout laissé et ont suivi Jésus ! Comme on le voit, les apôtres ont compris qu’il ne s’agit pas des biens comme tels, mais de quelque chose d’autre, de plus sérieux et de plus important.

Peut-être s’agit-il de cette attitude à l’égard de ses propres biens et de la vie elle-même qui détermine si l’on peut considérer un homme comme réellement pauvre, s’il est prêt à se séparer non pas de ses biens, ni même de son statut social, mais de cet ordre des choses qui détermine la vie du monde non transfiguré. Car seule une telle disposition, et non la présence ou l’absence de biens ou d’une haute position sociale, rend l’homme apte à la vie dans le Royaume. Et les disciples les plus proches de Jésus y ont peut-être réfléchi sérieusement pour la première fois. Et, y ayant réfléchi, ils ont compris : personne n’est prêt. Et l’on ne peut obtenir le Royaume que par la miséricorde de Dieu.