RÉFLEXIONS pour 2Co 12:1-10
En parlant de son expérience spirituelle, Paul distingue nettement en lui deux hommes différents. Bien sûr, il ne s’agit pas d’une sorte de dédoublement schizophrénique de la personnalité.
Nous retrouvons ici cette dualité objectivement existante dont même ceux qui vivent dans le Royaume ne peuvent se défaire jusqu’à la fin des temps. L’apôtre comprend évidemment très bien que l’homme qui a été au « troisième ciel » (v. 1–4), c’est lui-même. Manifestement, l’expérience du séjour au « troisième ciel » fut l’expérience du Royaume, vécue par Paul avec une intensité si vive. Mais il comprend aussi que son état spirituel actuel est encore très loin de ce qu’il devrait être s’il avait pu contenir en lui la vie du Royaume dans la plénitude qui s’ouvrait à lui dans ses meilleurs moments (v. 5–6). Paul, comme tout homme spirituellement sobre, se rend compte que notre état spirituel n’est pas déterminé par ce que nous pouvons voir, mais par ce que nous sommes capables de contenir. Ce n’est pas par hasard qu’il parle d’une certaine « écharde dans la chair », selon sa propre expression, dont il n’a jamais réussi à se débarrasser malgré toutes ses prières adressées à Dieu (v. 7–9).
Manifestement, sa demande est restée sans réponse non par hasard, et l’apôtre l’a compris : s’il en avait été autrement, Paul aurait facilement pu penser qu’il correspondait pleinement, spirituellement, aux révélations qu’il avait reçues. Or il comprend parfaitement qu’il s’agit, au fond, d’une sorte d’avance. Une avance que reçoit chacun de ceux qui, un jour, ont été rendus participants du Royaume. Rien d’étonnant à cela : autrement, personne ne serait jamais capable même de le voir. Mais la première participation à la vie du Royaume ne signifie pas encore que le chemin est achevé : il se poursuit afin que celui qui a été rendu participant du Royaume le contienne de plus en plus en lui, qu’il accueille en lui le souffle de Dieu dont le Royaume est pénétré, se transformant et grandissant spirituellement. Et moins l’homme se sent fort et parfait, plus il lui est facile d’avancer sur ce chemin (v. 10). Le chemin qui conduit à cette plénitude qui attend les habitants du Royaume à la fin des temps.
