RÉFLEXIONS pour Ga 6:11-18
Paul dit directement que les docteurs qui exigent des chrétiens de Galatie la circoncision obligatoire veulent, d'une part, éviter des ennuis inutiles et même des persécutions, et, d'autre part, se glorifier des membres de la communauté ecclésiale circoncis à leur appel comme d'une réalisation personnelle. Le premier point était lié au fait que la circoncision était le signe d'appartenance à la communauté juive.
Être circoncis, cela voulait dire être Juif. La synagogue existait de façon tout à fait légale sur tout le territoire de l'Empire romain, et bien qu'un certain antisémitisme fût propre aussi bien à la société romaine qu'au pouvoir romain, il n'était pas question de persécutions systématiques. Les non-circoncis se trouvaient automatiquement hors de la Synagogue, et donc hors du champ juridique romain : les communautés séparées de la Synagogue n'avaient aucun autre fondement pour une activité légale. On pouvait alors s'attendre à des problèmes, jusqu'au conflit direct avec les autorités.
En ce sens, il était plus sûr de se faire circoncire que de rester incirconcis : alors toute assemblée chrétienne d'Église pouvait passer pour une assemblée synagogale, d'autant que les autorités n'étaient généralement pas portées à entrer dans les subtilités de la vie synagogale. Mais il y avait aussi autre chose : le désir de montrer ses propres « réussites » comme docteurs et guides. En effet, le travail spirituel est une affaire lente et souvent peu visible ; les changements spirituels chez l'homme se produisent d'ordinaire lentement, et de l'extérieur on ne les voit pas. Plus encore : le véritable travail spirituel est presque toujours, pour ainsi dire, « fait pièce par pièce » ; il n'y a généralement pas de place ici pour l'effet de masse, si voyant et donc tant aimé par beaucoup.
Il en va tout autrement de la propagande religieuse et de l'appel à observer telles ou telles normes et prescriptions religieuses, ne serait-ce que la même circoncision : l'appel est ici tout à fait concret, la réponse aussi, le résultat est visible par tous et immédiatement, et il peut même être massif si le prédicateur se montre assez actif. C'est sans doute précisément pour cela que la prédication religieuse, dans toutes les communautés et à toutes les époques, a attiré les prédicateurs, surtout débutants, bien davantage que le travail proprement spirituel. Mais la religion ne remplace pas la vie spirituelle, même si parfois elle peut s'y substituer. Et Paul s'oppose vivement à une telle substitution, car elle coupe l'homme du Royaume et de sa vie.
