RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Mt 14:1-13

Les anciens Perses pensaient que deux forces égales, celle du bien et celle du mal, agissaient dans le monde. Les païens estimaient que, parmi les diverses divinités, certaines étaient favorables à l’homme et d’autres lui étaient hostiles. En réalité, il n’y a qu’un seul Dieu, et il est miséricordieux. Cette Révélation n’est pas aussi simple qu’il y paraît. Nous aimons nous représenter des tableaux d’affrontement apocalyptique entre le bien et le mal, et il nous paraît plus honorable de participer à une bataille grandiose contre un adversaire à la hauteur. C’est pourquoi nous prenons la description allégorique de l’essence des choses pour une description littérale des événements.

Peut-être nous sommes-nous tellement habitués à vivre en enfer que nous ne voyons plus combien le quotidien est monstrueux. Quelles choses mesquines, vides, au fond, ont conduit à la mort du plus grand de ceux qui sont nés de femmes, Jean le Précurseur ! Bon, cette jeune fille a exécuté une danse enflammée... Bon, sa mère voulait garder les apparences de la bienséance, afin qu’on ne lui reproche pas son mariage... Le rictus satanique apparu soudain nous paraît inattendu : « Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean ». Pourtant nous aussi, exactement de la même manière, nous disposons de la vie des gens pour des vétilles absolues. Jean fut le Précurseur du Christ non seulement parce qu’il annonça sa venue et la proclama. Par sa mort aussi, il annonça comment une mesquine jalousie et un calcul politique immédiat conduiraient à la mort du Fils de Dieu.

En lisant la parole évangélique d’aujourd’hui, il est important de garder à l’esprit que, dans notre vie quotidienne, nous sommes cette même Hérodiade, et que nos actes, dictés par des intérêts mesquins et, au fond, pitoyables, conduisent à des conséquences catastrophiques.