RÉFLEXIONS pour Lc 8:16-18
Jésus est souvent appelé Maître, et pour nous aussi il en est ainsi. Mais chacun de nous doit parfois tenir un tel rôle ; il vaut donc la peine pour nous aussi d'apprendre du Maître. Ces trois versets de l'Évangile selon Luc permettent d'entrevoir la méthode pédagogique de Jésus.
Après avoir raconté une parabole développée (celle du semeur) et en avoir donné l'explication aux disciples, Il continue selon la manière traditionnelle des maîtres juifs : de façon aphoristique. Un exemple classique de cette méthode est le livre des Proverbes, composé presque entièrement d'aphorismes. L'aphorisme en lui-même est déjà une image, qui agit sur l'imagination des auditeurs et les provoque à la réflexion. Le passage parallèle dans l'Évangile selon Marc (peut-être le plus ancien des Évangiles), Mc 4:21, montre mieux l'absence de lien entre ces paroles de Jésus, tandis que l'Évangile selon Matthieu les répartit même dans différents chapitres.
Luc s'adresse à des lecteurs hellénisés, peu habitués à un tel style, et il insère des liens logiques, « car », « donc », ce qui donne à ces paroles la qualité d'un texte continu permettant de suivre la logique du développement de la prédication de Jésus. La première image (la lampe) dit que la nouvelle annonce qu'entendent les disciples n'est pas destinée à un « usage interne », mais à être transmise à d'autres. La deuxième parole suggère l'inutilité de « jouer à cache-cache » : tout vient au jour. Puis vient l'inattendu « prenez donc garde à la manière dont vous écoutez », qui appelle à une attention particulière, et le paradoxe, exprimé à maintes reprises par Jésus, sur l'action et l'inaction.
Tout cela, rassemblé, fait naître chez les auditeurs une nouvelle représentation du mode de vie qui les attend : une interaction sérieuse, intéressée, active et sans peur avec les autres hommes.
