RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Lv 26:1-46

À première vue, il peut sembler que les promesses de Dieu et les menaces de Dieu dont parle le Livre du Lévitique s'inscrivent parfaitement dans le schéma traditionnel des récompenses de Dieu et des châtiments de Dieu. Pour une conduite juste, Il récompense Son peuple; pour une conduite injuste, Il le punit, et Il fait l'un et l'autre proportionnellement à la conduite juste ou injuste du peuple. La pédagogie, semble-t-il, est évidente, et même tout à fait correcte, lorsque l'encouragement comme la punition correspondent à l'acte. Pourtant cela ne semble ainsi qu'à première vue.

En effet, le peuple avait reçu sa terre de Dieu dès le commencement. Elle ne lui appartenait pas à l'origine, comme cela arrivait pour d'autres terres et d'autres peuples, même si, non seulement aujourd'hui mais déjà à cette époque, il était pratiquement impossible de déterminer ce qui appartenait originellement à qui. Et si l'on pouvait encore dire de certains autres, même avec réserve, qu'ils possédaient leur terre de droit, que ce soit par conquête ou par héritage, c'est une autre question; des Juifs, on ne peut dire qu'une chose: ils possèdent leur terre par la miséricorde de Dieu. Ne serait-ce que parce que, sans l'intervention directe de Dieu, il n'aurait pu être question non seulement de conquérir la Palestine, mais même de survivre simplement dans le désert pour les descendants de Jacob qui avaient fui l'Égypte.

C'est Dieu qui a fait de cette fuite l'Exode, de même que Dieu a fait de la Palestine la terre juive. Dans ce cas, il n'est pas possible de parler ici de châtiment ou de récompense. Une bonne vie n'est pas la récompense de l'obéissance à Dieu; la fidélité à Dieu et la marche à Sa suite sont simplement la condition absolument nécessaire de cette vie, dans la mesure où il s'agit de la terre de Dieu. De même, les malheurs qui s'abattent sur le peuple en cas d'apostasie ne sont nullement un châtiment; ils ne sont que la conséquence du fait que le peuple est resté seul, sans le soutien de Dieu.

Les malheurs ne sont pas un châtiment, mais la norme de vie d'un monde privé de Dieu, de même que la prospérité n'est pas un état naturel ni une récompense, mais un miracle, ce même miracle de Dieu sans lequel l'homme ne peut survivre dans le monde déchu. Cela est vrai pour tout homme et pour tout peuple, où que vive le peuple; mais cela est d'autant plus vrai pour le peuple de Dieu sur la terre de Dieu: là, tous les processus spirituels se déroulent plus vivement et plus rapidement que partout ailleurs. Et les résultats, en conséquence, y sont aussi plus nettement visibles que sur toute autre terre.