RÉFLEXIONS pour Jn 1:35-51
Il est intéressant de voir comment se répand la nouvelle du Messie apparu dans le monde. D’un côté, on va vers Lui pour Le regarder. «Où demeures-Tu?» «Viens et vois.» Et il ne peut en être autrement, car il ne suffit pas d’entendre parler du Royaume; il faut absolument le voir soi-même, de ses propres yeux. Il faut rester près du Messie, Lui faire confiance comme on fait confiance à celui dans la maison duquel on entre. Mais pour faire le premier pas, il faut entendre. Entendre la bonne nouvelle que le Messie promis par Dieu est réellement venu. Et prendre soi-même, librement, la décision de savoir comment se rapporter à cette nouvelle.
Car, en fin de compte, l’homme est tout de même libre. Dans le monde déchu, chacun de nous est lié par mille liens conditionnés par les lois de ce monde non transfiguré; et dans le Royaume nous nous remettons entièrement à Dieu. Mais la question du choix, dans quel monde vivre et quelles lois suivre, Dieu nous la laisse.
Bien sûr, lorsque le choix est fait, Dieu intervient et aide, si le Royaume a été choisi. Il ne peut en être autrement: quoi que nous choisissions, nous n’entrerons pas dans le Royaume sans l’aide de Dieu, sans l’intervention directe du Sauveur, quelque désir que nous en ayons. Mais la possibilité même d’une telle intervention est conditionnée avant tout par notre propre choix. Dieu ne fera pas irruption de force dans notre vie.
Bien sûr, Il peut parfois pousser, attirer l’attention, rappeler quelque chose, comme Jésus rappelle quelque chose à Nathanaël. Mais Nathanaël, lui aussi, cherchait et attendait apparemment le Messie avec une sincérité parfaite; et ses paroles sur la Galilée, d’où il ne fallait rien attendre de bon, étaient un hommage à la tradition dont cet homme était sincèrement convaincu de la justesse. Mais il était honnête devant lui-même et devant Dieu, et une telle honnêteté ouvre le cœur à Dieu. Alors on peut pousser l’homme dans la bonne direction, car il ne résiste pas à la conduite de Dieu; il se trompe seulement. Or une erreur, même très grave, n’est pas fatale; seule est fatale la réticence obstinée à voir ses erreurs et à les corriger. Tout le reste peut être corrigé. Et si le chemin du Royaume est tout de même étroit, il ne nous reste à adresser les reproches qu’à nous-mêmes.
