RÉFLEXIONS pour Jn 3:16-21
Les paroles de Jésus sur le Jugement, semble-t-il, n'auraient nullement dû paraître à Nicodème comme quelque chose de nouveau ou d'inattendu. En effet, Nicodème, en rabbin savant, devait bien connaître la sainte Écriture de son temps, qui comprenait non seulement la Torah, mais aussi les livres prophétiques. Or ce que Jésus dit du Jugement avait déjà été dit par eux plus d'une fois. Le premier à parler du Jugement comme d'une rencontre avec Dieu face à face fut déjà Amos. C'est lui aussi qui, le premier, avertit ses compatriotes et coreligionnaires que le Jugement pourrait être pour eux non pas du tout le triomphe des vainqueurs, comme beaucoup l'attendaient, mais un moment de vérité, et d'une vérité très désagréable pour beaucoup. Et il n'y aura pas d'autre Jugement: car Dieu veut sauver l'homme et lui ouvrir cette plénitude de vie qu'il lui a destinée, non le condamner.
Jésus dit la même chose lorsqu'il parle de lui-même comme Juge, non au sens où la majorité croyante le comprenait alors, mais au sens prophétique: il a apporté dans le monde le Royaume, dont la lumière brille pour chacun, et les hommes se condamnent eux-mêmes en choisissant les ténèbres.
C'est pourquoi l'issue du Jugement pour chacun dépend de son attitude envers Jésus, ou plus exactement de sa relation avec Jésus: si quelqu'un fait confiance à Celui qui a apporté le Royaume dans le monde, son choix est fait et, dans son principe, l'issue du Jugement le concernant est déterminée: le Royaume lui sera donné, même si cela n'arrive pas immédiatement. Mais s'il n'y a pas cette confiance, l'homme se condamne lui-même par là, en se privant de la possibilité d'entrer dans le Royaume. Ainsi, pleinement dans l'esprit de la tradition prophétique, Jésus tranche la question du Jugement, tout en se désignant lui-même comme Celui à qui il a été donné d'apporter au monde le Royaume et le Jugement.
