RÉFLEXIONS pour Ap 3:1-6
À propos de la situation dans l'Église de Sardes, Jésus ne communique à son apôtre aucun détail, peut-être parce que ceux-ci lui étaient déjà bien connus. Nous, bien sûr, nous sommes aujourd'hui dans une autre situation, et il ne nous reste qu'à deviner les détails des problèmes de l'Église de Sardes. À en juger par les paroles du Sauveur (v. 3), on peut supposer que cette Église se trouvait dans un état de relâchement spirituel, de sorte que Jésus fut contraint de rappeler aux chrétiens de Sardes ce dont il avait plus d'une fois parlé à ses disciples pendant son ministère terrestre: la sobriété spirituelle et la disposition à rencontrer le jour du Jugement, qui peut survenir de façon inattendue.
Bien sûr, cela ne signifie pas du tout que tous les chrétiens de Sardes connaissaient la gravité de la situation. Malheureusement, tant qu'extérieurement tout continue dans l'Église comme auparavant et que ses membres conservent l'apparence d'une vie chrétienne ordinaire, seul celui qui vit lui-même une vie spirituelle normale peut discerner les problèmes spirituels apparus dans la communauté.
Cependant, lorsque les événements évoluent défavorablement, il reste dans cette communauté de moins en moins de telles personnes. Un cercle fermé apparaît, dont la seule issue est une intervention directe d'en haut, par laquelle Dieu permet qu'arrive quelque chose capable au moins de troubler le bien-être extérieur de la communauté, en obligeant ses membres à réfléchir à ce qui se passe. Bien sûr, une telle secousse en elle-même ne garantit pas encore des conclusions justes, mais elle donne tout de même à la communauté ecclésiale une chance de repenser sa propre vie, de se repentir et de se tourner vers Celui qui, si on le lui demande, aidera à faire face à n'importe quel problème.
Cependant, dans l'Église de Sardes, il restait tout de même, semble-t-il, un certain nombre de ceux qui vivaient une vie spirituelle normale et devaient comprendre ce qui se passait dans leur communauté (v. 4). Manifestement, ils ne pouvaient rien changer, sans doute parce qu'en dehors d'eux-mêmes personne ne s'y intéressait: la majorité des membres de l'Église acceptait l'état de choses que Jésus avait condamné si sévèrement. Mais, même incapables de faire quoi que ce soit pour leur propre Église, ces personnes ont conservé l'essentiel: cette vie du Royaume qu'elles avaient reçue en suivant Celui qui a apporté le Royaume dans le monde (v. 5-6).
