RÉFLEXIONS pour Ap 10:1-11
Manifestement, les événements liés à la domination temporaire des forces des ténèbres précèdent le moment de la transformation pleine et définitive du monde, par laquelle s'achève le jugement de Dieu. Aussitôt après l'image terrifiante de l'armée des ténèbres faisant irruption dans le monde, Jean voit l'ange du Jugement proclamer que l'ancien ordre des choses a pris fin, que le temps qui déterminait jusqu'ici le cours de l'histoire ne sera plus, et que le Royaume dont parlaient les prophètes viendra remplacer le monde tel que nous l'avons connu jusqu'à présent (v. 1–7). C'est précisément l'ange du Jugement qui, au nom de Dieu, prononce les décisions concernant le sort de personnes concrètes dont il fut interdit à l'apôtre de parler (v. 2–4). Et pourtant, la vocation prophétique de Jean se trouve liée au témoignage sur les derniers temps et sur la proximité du jour du Jugement, auquel il faut être prêt (v. 11).
Extérieurement, elle rappelle la vocation d'Ézéchiel : comme au prophète, il fut ordonné à l'apôtre de manger le rouleau qui lui était présenté, lequel symbolise la révélation reçue de Dieu (v. 8–10 ; cf. Ez 3:1–3). Mais, à la différence d'Ézéchiel, Jean ressent l'amertume de la révélation dont il devra témoigner : car, même si le prophète devait dire à ses compatriotes des paroles dures et amères (Ez 2:9–10), il n'eut pourtant pas, comme l'apôtre, à voir toute la profondeur du mal dans lequel demeure le monde déchu. Son amertume, semble-t-il, fut si profonde que même la douceur de cette rencontre qui fait de l'homme un prophète ne put l'étouffer (v. 10).
