RÉFLEXIONS. La Bible pour les débutants.

RÉFLEXIONS pour Jn 10:1-21

Jésus ne parlait habituellement pas directement de Sa messianité. Mais Il y faisait souvent allusion. Et Ses paroles sur Lui-même comme bon berger sont aussi une allusion. En ce temps-là, en effet, les prétendants au rôle de Messie étaient nombreux. Déjà à l'époque des Maccabées, environ un siècle et demi avant la venue du Sauveur, commence une nouvelle poussée de messianisme. Un messianisme politique. On attend le Messie comme libérateur, d'abord du pouvoir d'une dynastie séculière, puis du pouvoir des Romains. On L'attend comme un grand Roi terrestre.

Or les représentations juives traditionnelles du Messie ne supposaient nullement qu'il faille nécessairement naître Messie. On pouvait le devenir, de même que deviennent prophètes ceux que Dieu a appelés au service prophétique. C'est pourquoi de faux messies apparaissaient comme de faux prophètes. Et tout se terminait, au mieux, par rien, au pire par une tragédie. Les autorités romaines n'encourageaient absolument pas le messianisme politique, et elles réprimaient rapidement et impitoyablement tout mouvement de masse. Il arrivait souvent que le « messie » nouvellement apparu disparaisse alors, tandis que les répressions tombaient sur les simples participants du mouvement. Toutefois, cela n'arrêtait pas les insensés et les aventuriers du messianisme. Ce n'est pas par hasard que Jésus les appelle « voleurs et brigands » : ils n'étaient certainement pas de vrais pasteurs pour leur troupeau.

Et cela n'a rien d'étonnant : car ces gens ne considéraient pas ces troupeaux comme les leurs. Il ne s'agit pas seulement du fait qu'ils étaient des imposteurs. Il s'agit aussi du caractère même du messianisme politique. De la représentation du Royaume, qui apparaissait aux partisans de ce messianisme comme une réalité elle aussi purement politique, et donc entièrement terrestre. Un tel royaume terrestre ne pouvait pas être construit sans victimes. La guerre inévitable et les bouleversements qui s'ensuivaient, politiques et sociaux, étaient impossibles sans victimes. Bien sûr, tout était justifié par la grandeur du but. Mais cela ne soulageait pas ceux qui mouraient.

Seul Jésus a apporté au monde le Royaume qu'il n'était pas nécessaire d'établir par la force. Pour lequel il n'était pas nécessaire de combattre les pouvoirs de ce monde. Il a lui aussi exigé un sacrifice, mais ce sacrifice fut le Sauveur Lui-même. C'est pourquoi Il avait le droit de parler de Lui-même comme du véritable pasteur de Son troupeau : car Il est devenu la porte du Royaume pour chacun de ceux qui cherchent et n'en a perdu aucun.