RÉFLEXIONS pour Jn 18:1-18
En décrivant l’arrestation de Jésus et les événements qui l’ont précédée au jardin de Gethsémani, Jean se montre nettement plus laconique et plus retenu que les autres évangélistes. En particulier, il ne mentionne ni la prière que le Sauveur adressa avant Son arrestation, ni la manière dont les apôtres, incapables de supporter une tension trop forte pour eux, s’endormirent malgré les demandes de leur Maître. Il rapporte seulement brièvement que le jardin de Gethsémani était bien connu de Judas, comme des autres apôtres, parce que c’était le lieu habituel où Jésus se réunissait et parlait avec eux (v. 1–2). D’après le témoignage de l’évangéliste, ceux qui vinrent arrêter Jésus n’étaient pas des soldats romains, mais la garde du Temple, et l’arrestation eut lieu en présence de représentants du mouvement pharisien (v. 3).
Jésus, qui attendait Son arrestation, sortit Lui-même à la rencontre des représentants de l’autorité venus Le chercher (v. 4–5). L’effet de la Personne du Sauveur sur tous ceux qui se trouvaient près de Lui était si grand que ceux qui étaient venus Le prendre n’osèrent pas aussitôt faire ce pour quoi ils étaient venus (v. 5–12). Pendant ce temps, Jésus fit tout ce qui était possible pour épargner l’arrestation à Ses disciples (v. 7–9).
Il comprenait apparemment que les apôtres se représentaient difficilement la signification et le sens de ce qui se passait, et Il craignait peut-être qu’ils ne tentent de profiter du moment pour opposer une résistance armée aux représentants de l’autorité, déclenchant ainsi une révolte qui, selon leur projet, devait se transformer en guerre à grande échelle sous des slogans religieux et messianiques. Ses craintes, à ce qu’il semble, n’étaient pas sans fondement : Pierre, le plus résolu des apôtres, tenta effectivement de résister (v. 10), mais Jésus l’arrêta (v. 11).
Il est évident qu’une telle réaction de Jésus déconcerta complètement les apôtres. Ne sachant que faire ensuite, ils s’enfuirent tout simplement, d’après le témoignage des autres évangélistes, et les mentions les concernant ne réapparaissent plus qu’ensuite dans les récits de la crucifixion du Sauveur. Jean ne parle pas directement de la fuite des apôtres, mais la description des événements ultérieurs montre clairement que seuls deux hommes suivirent Jésus : Pierre et un autre disciple dont l’évangéliste ne donne pas le nom (v. 15–16). D’ailleurs, eux non plus ne semblaient plus espérer quoi que ce soit ; ils voulaient seulement voir comment se terminerait le procès de leur Maître. Quant aux attentes messianiques et aux espérances d’un triomphe prochain du Royaume, il n’en restait sans doute rien : leur Maître venait Lui-même de renoncer volontairement à toute résistance ! Il ne restait plus qu’à attendre l’issue du procès. Il demeurait l’attachement personnel, humain, au Maître qui, aux yeux des apôtres, avait perdu, mais dont la Personne n’avait manifestement pas perdu son charme à leurs yeux. Il semblait qu’il ne restait aux disciples que le souvenir du Maître. Mais ce souvenir, à leurs yeux, était sacré.
