RÉFLEXIONS pour Ap 19:11-21
Auparavant, la fin de l’histoire terrestre se révélait à Jean telle que la verront ceux qui vivent sur la terre, pour qui elle se transforme d’abord en catastrophe, en cataclysme universel détruisant l’ordre des choses auquel ils sont habitués. Certes, certains devront comprendre le sens spirituel des événements même depuis la terre, mais ils seront peu nombreux, à en juger par le livre de l’Apocalypse. Maintenant, la situation se révèle à l’apôtre telle que la voient ceux qui demeurent auprès du Trône. Depuis ce point de vue, il n’est plus nécessaire de deviner le sens spirituel de ce qui se passe ; il devient directement visible. Alors Jean découvre le tableau majestueux de cette dernière grande bataille spirituelle que les prophètes pressentaient. Dans cette bataille, l’Église est conduite par le Sauveur Lui-même, ce qui n’a rien d’étonnant : de son issue dépend le triomphe du Royaume qu’Il a apporté dans le monde (v. 11–16). Il est le Verbe incarné, l’image de la « Torah vivante » ; Son épée n’est pas à la hanche, où les guerriers terrestres portent l’épée en s’appuyant sur la force terrestre, mais dans la bouche, qui est l’arme principale du témoin de Dieu.
Une telle épée devient le symbole de la force spirituelle qui, maintenant, à la fin des temps, se révèle plus efficace que toute force de notre monde : la nature elle-même change, elle devient pleinement et jusqu’au bout obéissante à toute influence spirituelle, de sorte que l’action spirituelle devient désormais un moyen d’agir sur les processus naturels aussi efficace que l’action physique l’était auparavant. Il n’est donc pas étonnant que la structure même de l’univers change avec une telle transformation. Auparavant, notre monde était le lieu de l’affrontement entre le Royaume et les forces des ténèbres. Il n’était évidemment pas mauvais en lui-même, comme rien de ce que Dieu a créé n’était ni ne pouvait être mauvais en soi. Mais, selon l’expression évangélique, il « gisait dans le mal » ; le mal et le péché, comme un poison, en pénétraient tous les pores, et le Royaume, en entrant dans le monde, devait s’opposer à ce mal en neutralisant le poison. Les forces des ténèbres, au contraire, cherchaient à maintenir l’état de choses existant, qui leur était avantageux : le monde imprégné de mal « travaillait » pour elles ; son existence même sous cette forme était leur victoire, tandis que la transfiguration du monde devenait leur défaite.
Maintenant, après la transfiguration, il ne reste plus de place pour le mal dans le monde ; le monde est devenu partie du Royaume, et en dehors de lui ne reste que cette « ténèbre extérieure » que le Sauveur mentionne dans Ses paraboles (Mt 8:12, Mt 22:13, Mt 25:30). Elle se révèle à Jean comme « l’étang de feu brûlant de soufre » (v. 20), où, après la dernière bataille (v. 17–19), tombent la « bête de la terre » et le faux prophète (v. 20). Le sort des simples participants, « tués par l’épée de Celui qui était assis sur le cheval » (v. 21), n’est apparemment pas encore fixé ; il sera décidé plus tard. Quant aux principaux acteurs, ils ont fait leur choix définitif et en récoltent maintenant les fruits.
