RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour Lc 17:3-10

Aujourd'hui, nous lisons le récit de l'évangéliste Luc sur un dialogue quelque peu énigmatique au sujet de la foi entre le Seigneur et Ses disciples. À première vue, la réponse du Christ est difficile à relier à la demande des disciples d'augmenter en eux la foi. Il est possible que, comme le font souvent les évangélistes, Luc rapporte les paroles du Christ de manière beaucoup plus détaillée que le contenu de la question des disciples. Dans une telle situation, nous devons essayer, à partir de ce que répond le Seigneur, de deviner ce que les disciples avaient à l'esprit. En outre, les évangélistes nous rapportent souvent des dialogues où une personne venant au Christ Lui pose une question, et où le Seigneur répond volontairement non pas à la forme extérieure, prononcée à haute voix, de la question, mais à ce qui, au fond du coeur, a poussé cette personne à la poser. Il est très vraisemblable qu'aujourd'hui encore nous voyions précisément un tel dialogue.

Ainsi, les disciples demandent qu'on leur « ajoute » de la foi (« augmente » dans le texte synodal rend un mot grec qui signifie, au sens arithmétique, addition et non multiplication). Si l'on peut s'exprimer ainsi, ils demandent que la quantité de foi soit augmentée, qu'on leur en donne plus qu'ils n'en ont eux-mêmes et que les autres. À en juger par la réponse du Christ, la demande des disciples ressemble à la demande de pouvoir s'asseoir à Sa droite et à Sa gauche. Le Seigneur dit que ce qui importe n'est pas la « quantité » de foi. Même une petite « quantité », une foi comme un grain de moutarde, selon l'expression du Sauveur, transforme le monde.

Et ensuite le Seigneur dit aux disciples que l'homme ne doit pas attendre de récompense pour avoir fait ce qui lui était prescrit. Comment cette pensée s'accorde-t-elle avec la précédente ? Il s'agit probablement du fait que les disciples, ayant déjà assimilé ce que le Seigneur dit de l'importance de la foi pour le salut de l'homme, demandent qu'on leur donne une foi qui les « distingue avantageusement » aux yeux de Dieu.

Ils ont déjà compris que Dieu n'a pas besoin d'une vénération extérieure, mais de la foi. « Voici, nous avons tout quitté et nous t'avons suivi », dit un jour Pierre au Christ... Maintenant, les disciples demandent apparemment qu'on leur donne une telle foi qu'ils puissent dire : « Voici, nous avons une grande foi ; que nous arrivera-t-il pour cela ? » C'est précisément à une telle question que le Seigneur répond par les paroles selon lesquelles la foi capable de déplacer les montagnes est comparable à l'accomplissement du devoir envers le Maître, et ne permet pas de parler de mérites. C'est, bien sûr, une révélation très importante sur Dieu et sur l'homme, surtout si on la compare avec la parabole des ouvriers de la onzième heure.