RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour Gn 13:1-18

Il vient un moment où Abraham reste seul, s'étant séparé même de son neveu Lot, avec qui ils avaient longtemps nomadisé ensemble. C'est alors, lorsque cela se produit, que Dieu s'adresse à Abraham, lui rappelant les promesses faites dès Harrân, concernant l'avenir de la terre où Abraham est venu et le destin de ses descendants, qui devront s'en emparer.

Pourquoi pas plus tôt ? Pourquoi pas au temps où Abraham et Lot marchaient encore ensemble ? La réponse peut se trouver dans le choix fait par Lot du lieu de son futur séjour. Abraham, on le remarque aisément, se tient à l'écart des grandes villes ; s'il s'y trouve parfois, ce n'est que lorsqu'il n'a pas d'autre issue, par exemple quand il faut traverser des années de sécheresse et donc de mauvaises récoltes. Alors il n'y a pas d'autre choix, et Abraham cherche refuge dans les villes. Mais en général il s'efforce de rester loin des villes, pour toute une série de raisons, aussi bien politiques que spirituelles. La vie en ville est à certains égards plus simple, mais les tentations y sont plus nombreuses ; il y est relativement facile de s'assimiler, mais Abraham devrait alors renoncer à suivre son Dieu, celui qui l'a appelé, lui Abraham, à le suivre.

Abraham ne savait pas tout de son Dieu, loin de là, mais il en savait assez pour comprendre qu'il avait besoin d'indépendance politique et spirituelle afin de rester fidèle à son Dieu. Lot, lui, regarde les choses autrement. La terre près de Sodome lui plaît, et il est prêt à aller là où la terre est bonne, même si les hommes y sont mauvais. C'est là sa différence essentielle avec Abraham, et c'est pourquoi Dieu ne révèle pas ses plans à Lot. Dieu se tait tant que Lot n'a pas arrêté son choix, tant qu'il n'est pas allé là où le conduit son propre cœur, auquel la terre de Sodome a plu. Mais lorsque Lot s'en va, Dieu révèle à Abraham l'avenir de ses descendants : Abraham, lui aussi, a fait son choix, en restant là où Dieu l'avait conduit dès le commencement et sans chercher des lieux meilleurs, plus confortables pour vivre. Dieu n'empêche personne de choisir sa voie, mais il ne conduit que celui qui choisit son chemin, comme Abraham a choisi ce chemin.