RÉFLEXIONS pour Mc 9:17-31
Dans le récit de la guérison du garçon épileptique, le mot «incrédulité» retentit deux fois, si bien qu'il devient une sorte de refrain inquiétant, tout simplement la dominante du récit. Jésus adresse ces paroles, semble-t-il, à tous, et non pas précisément au père du garçon; pourtant c'est lui le principal destinataire sur qui tombe tout le poids de ces paroles. Et le père reconnaît humblement en lui l'incrédulité, bien que, songez-y seulement, cela lui fût très difficile. Pour nous, les paroles sur l'incrédulité résonnent comme quelque chose d'ordinaire. Nous avons déjà traversé l'époque postmoderne avec les mots de Hermann Hesse selon lesquels la foi et le doute se conditionnent mutuellement comme l'inspiration et l'expiration; mais alors, «incrédulité» sonnait terriblement.
Le Christ ressuscité «leur reprocha leur incrédulité et leur dureté de coeur» (Mc 16:14). Le Seigneur Lui-même assimile l'incrédulité à la dureté de coeur. Et même à quelque chose de pire que la dureté de coeur, car l'apôtre Paul demande: «Quel accord entre le Christ et Bélial? Ou quelle part le fidèle a-t-il avec l'infidèle?» (2 Co 6:15 - c'est-à-dire que le fidèle et l'infidèle diffèrent autant que le Christ et le diable. Nous devons le comprendre, le ressentir, afin de comprendre ce qu'ont vécu le père du garçon et les disciples, à qui ces paroles étaient aussi adressées. Car nous sommes habitués à la tolérance religieuse des intellectuels, et ces dernières années, dans notre pays, on s'est même mis à respecter d'une façon particulière les athées comme des gens qui ne se sont pas joints à la majorité, à la foule, à la masse.
Mais «si nous sommes infidèles, Lui demeure fidèle» (2 Tm 2:13) C'est pourquoi la guérison s'accomplit. Les paroles suivantes attirent l'attention: «Et Il leur dit: cette espèce ne peut être chassée par rien, sinon par la prière». On ne comprend pas: par quoi auraient-ils donc pu essayer de la chasser? Car le Christ ne leur enseignait ni la médecine ni la magie, et tous ceux qui entendaient ces paroles comprenaient qu'ils avaient essayé de la chasser par la prière. Mais Il leur fit comprendre très simplement, et d'une manière qui ne souffrait pas d'objection, que toute prière ne peut pas être appelée prière.
