RÉFLEXIONS pour Jn 6:5-14
Le texte sur la multiplication des pains est pour nous d'une importance incomparable, important liturgiquement, important théologiquement, important ecclésiologiquement. Nous ne cessons de le répéter. Il est simplement important, car c'est un lien vivant avec le Seigneur, qui s'accomplit pendant chaque liturgie. Cet événement est mentionné six fois dans l'Évangile, comme aucun autre. Nous comprenons que c'est une sorte de pont entre la Cène mystique et chaque liturgie.
Mais maintenant, nous voudrions regarder ce texte d'un autre côté. Le Christ dit : Je suis le pain de vie (Jn 6:48). Mais Il est aussi le Verbe incarné, car en Lui « le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous » (Jn 1:14). Le Verbe et le pain... Guigues II le Chartreux terminait la lecture priante par cette prière : « Tu romps pour moi le pain de la Sainte Écriture, et, en rompant ce pain, Tu me donnes de Te connaître... » (D'après le livre d'E. Bianchi « La lecture priante de la Sainte Écriture »).
L'Évangile est un livre si petit par son volume, comme cinq pains sont peu nombreux, mais il rassasie quiconque y communie, et chacun y trouvera son sens propre, particulier, précieux et compréhensible pour lui seul, comme chacun reçoit son morceau de pain ; mais en même temps ce sera un sens en rapport avec le sens universel, comme chaque morceau est pris d'un seul pain.
Et non pas seulement un sens, mais des sens, qui se multiplient sans cesse, semblables aux pains. Ils se multiplient afin que nous ne défaillions pas et, finalement, ne mourions pas. Cela n'arrive avec aucun livre humain. Entre un livre humain et l'Évangile, il y a la même différence qu'entre le pain ordinaire que nous mangeons et cette prosphore qui, à elle seule, rassasie toute la paroisse.
