RÉFLEXIONS pour Nb 11:1-35
L'histoire des cailles est intéressante à bien des égards, et d'abord parce qu'elle est une histoire de l'action de Dieu. Quel lien, pourrait-on croire, entre les cailles, l'effusion du souffle de Dieu et ceux qui prophétisent dans le camp? Tout semble s'être mêlé en un seul ensemble. Moïse lui-même demande qu'on lui trouve des assistants, interrogeant Dieu directement: « Est-ce moi qui ai enfanté tout ce peuple? » Beaucoup de questions, beaucoup de problèmes; pourtant le souffle de Dieu, l'action de Dieu, remet tout à sa place.
Ceux qui se ruaient pour retourner en Égypte reçoivent de la viande. Moïse reçoit des assistants, et avec eux des critiques, les exigences de partisans « fidèles » voulant interdire la prophétie non autorisée. Tout arrive rapidement, l'un après l'autre. Dieu agit tout simplement, il respire tout simplement par son Esprit. Il ne punit ni ne récompense personne: chacun reçoit simplement ce qu'il voulait tant, mais nécessairement avec les conséquences.
Quelqu'un aspirait à l'Égypte précisément parce qu'il y avait là beaucoup de viande. Ceux qui voulaient de la viande l'ont reçue, s'en sont rassasiés jusqu'à l'excès et sont morts d'une infection: les oiseaux, semble-t-il, étaient malades. Est-ce une punition? Pas du tout; c'est simplement le désir de ceux qui voulaient ce qui leur appartenait à n'importe quel prix, mené jusqu'au bout. Ce qui était désiré a été obtenu; quant au fait qu'il ait fallu en mourir... personne n'avait demandé à Dieu quelles en seraient les conséquences.
Moïse veut des assistants, mais où les prendre? Dieu résout le problème simplement: il bénit ceux que Moïse choisit avec le peuple, leur donne de sentir son souffle et fait d'eux des prophètes, du moins pour un temps. Ensuite chacun utilise lui-même la possibilité qui lui est offerte: sur soixante-dix, seuls deux deviennent prophètes. L'avarice de Dieu? Non, bien sûr; plutôt l'indécision humaine. On peut demeurer ce que Dieu a fait de vous, mais il faudra alors changer soi-même complètement, et votre vie aussi changera irréversiblement; or tout le monde n'a pas assez de résolution pour cela.
Moïse reçoit des assistants, tels qu'ils ont fini par être. Dieu a fait tout ce qui était possible, et les hommes ont usé du don selon leur propre disponibilité. Et voilà que la jalousie se manifeste aussitôt: pourquoi quelqu'un prophétise-t-il tout à coup sans permission? Moïse se réjouit sincèrement; il voudrait que tout le peuple de Dieu soit composé de prophètes. Mais ceux qui l'entourent... ceux qui l'entourent ne sont manifestement pas prêts pour cela. Eh bien, cela signifie que le peuple de Dieu ne sera pas composé uniquement de prophètes.
Les possibilités de Dieu sont sans limites; seul l'homme est limité, du moins en ce qui concerne ses propres possibilités. Avec les désirs, en revanche, il en va autrement: là, le potentiel humain est vraiment inépuisable. Ainsi s'écoule la vie des personnes particulières et de tout le peuple: entre les possibilités de Dieu, la limitation de leurs propres aspirations et l'infinité de leurs propres désirs.
