RÉFLEXIONS. La Bible pour les débutants.

RÉFLEXIONS pour Lc 17:1-19

La lecture d'aujourd'hui est entièrement consacrée à la description de l'état spirituel de ceux qui entrent en contact avec le Royaume. Ce n'est pas un hasard si elle commence par affirmer la liberté spirituelle de l'homme (v. 1–2). Bien sûr, dans un monde qui gît dans le mal, il y aura toujours des pécheurs, jusqu'à sa complète transfiguration, mais cela n'excuse nullement ceux qui choisissent la voie du mal et du péché : chacun répond lui-même de son choix devant Dieu. Pourtant, dans le Royaume, le choix, tout comme le repentir de n'importe quel péché, reste possible jusqu'à la fin des temps, lorsque le Royaume se révélera dans toute sa plénitude. C'est pourquoi Jésus ordonne de pardonner au frère qui a péché s'il se repent et demande pardon pour ce qu'il a fait (v. 3–4).

Mais un véritable repentir est impossible sans cette unité spirituelle intérieure que les disciples ont à l'esprit lorsqu'ils demandent à Jésus d'« augmenter notre foi » (v. 5). En réponse, Jésus ne se contente pas d'indiquer ce que peut accomplir la foi d'une personne spirituellement unifiée (v. 6), Il explique aussi comment acquérir une telle foi (v. 7–10). Ce n'est pas pour rabaisser Ses disciples qu'Il les compare à des esclaves, mais pour leur expliquer comment une personne qui cherche le Royaume doit considérer son ministère. De même qu'il ne vient pas à l'esprit d'un esclave qu'en exécutant l'ordre de son maître il a gagné quelque chose ou peut prétendre à quelque chose, de même celui qui a accompli ce que Dieu lui a confié ne doit en aucun cas penser qu'il a mérité quoi que ce soit ou qu'il a droit à quoi que ce soit. Une telle attitude est apparemment possible soit parce qu'il n'existe aucune issue, comme c'est habituellement le cas de l'esclave qui n'a nulle part où aller et sait qu'il ne recevra aucune récompense pour son travail, soit par la plénitude de la confiance, lorsque la profondeur des relations avec Dieu et avec les hommes est telle que Sa volonté s'accomplit comme une chose qui va de soi et que la personne ne songe même pas à réclamer une récompense pour son travail. De telles relations exigent que la personne s'abandonne entièrement à la volonté de Dieu et, si elle s'y décide, elle acquiert véritablement cette unité spirituelle qui rend la foi capable de « déplacer les montagnes ».

Mais ce qui passe ici au premier plan, ce ne sont évidemment ni les possibilités qui s'ouvrent ni même l'état spirituel en lui-même, mais les relations avec Dieu et avec Celui qu'Il envoie dans le monde. Ce n'est pas un hasard si Jésus accorde tant d'attention à l'un des hommes qu'Il a guéris et qui est revenu Le remercier (v. 12–19). Bien sûr, Jésus passe ici au second plan : la guérison elle-même s'accomplit en chemin, comme sans Sa participation directe. Mais peut-être agit-Il ainsi pour que les personnes guéries Le regardent non comme un thaumaturge, mais comme Celui Qui a apporté le Royaume dans le monde. Il leur laisse la liberté : celui qui ne veut pas Le remercier peut ne pas le faire, il ne retombera pas malade. Il apparaît alors que la relation avec Lui n'a été importante que pour un seul des dix. Dix personnes sont entrées en contact avec le Royaume, mais une seule y est entrée : celle pour qui comptaient non seulement la santé, mais aussi Celui Qui a apporté ce Royaume dans le monde.