RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour Mt 12:1-8

Il arrive d'entendre des personnes très intelligentes et instruites dire que le rite est une sorte d'injection de foi pour les gens sans instruction, pour les simples, pour le commun des mortels. Que par de telles injections une certaine substance salutaire entre dans l'organisme de la société. Il semble que ce soit précisément à de tels raisonnements que le Christ dit aujourd'hui: «Non».

Réfléchissons encore une fois à la position des gardiens de la pureté rituelle. On peut les comprendre, car il y a des choses devant lesquelles ils éprouvent un tremblement sacré, qui ne nous est pas étranger non plus. Mais Dieu est-Il là? Ou n'y a-t-il que notre habitude de L'adorer? Quand on aime quelqu'un, on garde avec soin tout ce qui est lié à lui; quelque bibelot drôle et inutile, offert il y a de nombreuses années, peut devenir rituel, susciter le tremblement, et c'est beau.

Bien sûr, il en va de même dans les relations avec Dieu... au niveau personnel. Mais il y a ici un complément essentiel: le Seigneur est un, et nous sommes nombreux auprès de lui. Alors les paroles du Sauveur deviennent simples à comprendre, car que nous a commandé le Christ? Il nous a commandé l'unité: qu'ils soient un (Jn 17:22). Et qu'est-ce qui nous unit, nous, personnes de différentes confessions, et qu'est-ce qui nous sépare? Sur quel terrain pouvons-nous chercher les voies de l'accomplissement de ce que Dieu a commandé? Nous avons un seul Dieu, notre Seigneur Jésus-Christ, une seule parole de Dieu, la Bible, mais des rites tout à fait différents. Où donc chercher l'unité? Car ce qui importe, ce n'est pas la maison, encore moins ses structures porteuses, mais celui qui y habite, même si chacun chérit jusqu'au tremblement sa maison natale. On peut même le dire plus fortement: souvenez-vous que le Christ ne partage pas l'admiration des disciples devant la vue du Temple.

Le rite peut-il donc être porteur de foi, comme un médicament apporte la santé? Peut-être, pour quelqu'un, dans certaines conditions… Mais il nous semble que seul Dieu guérit.