RÉFLEXIONS. La Bible pour les débutants.

RÉFLEXIONS pour Ac 28:17-31

La lecture d’aujourd’hui récapitule le ministère missionnaire de Paul. Et de nouveau se présente devant nous le conflit de l’apôtre avec ses compatriotes (v. 23-24). Bien sûr, les rumeurs sur la prédication de Paul et son activité missionnaire ne pouvaient pas ne pas parvenir à la communauté juive de Rome, très nombreuse et influente. Mais, comme on le voit, les Juifs de Rome ne savaient rien de précis ni sur l’apôtre lui-même, ni sur son activité (v. 21-22). Paul lui-même, à Rome, comme auparavant à Jérusalem, affirmait la même chose que ce qu’il avait dit à ses juges: il n’est coupable en rien, ni devant la Synagogue, ni devant son peuple (v. 17-19). Sa seule «faute» consiste en ce qu’il regarde le Messie et le Royaume autrement que la majorité de ses compatriotes et coreligionnaires.

Mais cela ne signifie nullement que la foi de Paul contredise la tradition. Au contraire, à Rome aussi, comme déjà ailleurs, l’apôtre sut convaincre beaucoup de gens que sa foi ne contredit en rien la tradition dans sa compréhension authentique (v. 23). Et, bien sûr, Paul ne pensait aucunement que son recours aux autorités romaines et au tribunal romain fût lié d’une façon quelconque au désir de nuire à la Synagogue ou à son peuple (v. 19). Il s’agissait seulement d’éviter des accusations totalement sans fondement et une possible exécution judiciaire, ou peut-être même extrajudiciaire (v. 17-18). Et pourtant, comme on le voit, les paroles de l’apôtre ne convainquirent pas tout le monde (v. 24).

Et de nouveau arriva ce qui s’était déjà produit plus d’une fois avec Paul et avec d’autres chrétiens: ne voulant pas de division dans la communauté, tous rejettent le témoignage de Paul, si bien qu’après son discours partent aussi bien ceux qui sont d’accord que ceux qui ne le sont pas (v. 25). Apparemment, parmi ceux qui écoutaient l’apôtre prévalut le désir, comme on dit dans de tels cas, de «ne pas secouer la barque». Et le résultat d’un tel refus, en plus de l’apparence de paix dans la communauté, fut le rejet du Christ et du Royaume, ce que Paul dit directement à ses auditeurs (v. 25-27). Ainsi le conservatisme et le refus des changements devinrent pour la communauté juive de Rome un obstacle sur le chemin du Royaume. Mais cela, naturellement, ne pouvait aucunement arrêter la prédication de l’apôtre; seulement, désormais, elle se trouvait, comme on le voit, adressée avant tout aux païens, qui n’avaient pas une tradition religieuse si ancienne et puissante qu’elle puisse enchaîner leur raison et leur volonté (v. 28). Et le Royaume, à en juger par le témoignage de l’évangéliste, continuait réellement à s’étendre, et avec lui grandissait aussi l’Église de Rome, accueillant sans cesse de nouveaux chrétiens, anciens païens (v. 30-31).