RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Dt 14:1-29

Dans le Deutéronome se répètent parfois les normes et les règles de pureté rituelle déjà connues par le Lévitique. Historiquement, compte tenu de l'époque de rédaction du Deutéronome, il s'agit bien ici d'une répétition, d'un rappel de ce qui devait déjà être connu de quiconque prenait le yahvisme au sérieux. Pourquoi, semble-t-il, répéter ce que tout le monde sait ?

La réponse la plus simple et la plus évidente est celle-ci : pour rappeler ce que beaucoup étaient portés à oublier. C'est vrai, mais ce n'est pas tout. Il faut se souvenir que le Deutéronome exige en général une attitude beaucoup plus consciente envers la Torah que les textes sacrés des époques antérieures.

Peu importe même qu'il s'agisse de la logique du texte ou de la logique de l'histoire : en tout cas, le Deutéronome est perçu comme l'achèvement de la Torah, précisément comme une seconde loi apparue après la première ; et il ne s'agit pas seulement du Livre de l'Exode avec ses chapitres législatifs, mais aussi du Lévitique avec ses lois concernant les sacrifices, ainsi que les normes et les règles de pureté rituelle. Sous quelque angle qu'on le regarde, il apparaît que le Deutéronome rappelle ici des choses bien connues de tous.

Que signifie donc une plus grande conscience lorsqu'il s'agit de la Torah ? Avant tout, il faut parler de l'essentiel pour quoi la Torah fut donnée au peuple : la sainteté. Non pas la sainteté comme justice, c'est ainsi qu'on a commencé à la comprendre au Moyen Âge, mais la sainteté comme sanctification, comme séjour dans la présence de Dieu, qui transforme réellement l'homme si celui-ci est capable de conserver l'état spirituel qui s'ouvre à lui devant la face de Dieu. Ici, les normes et les règles de pureté rituelle passent au premier plan, car la pureté est justement cet état qui permet à l'homme d'être sanctifié. C'est pour cela que toute la Torah est nécessaire : elle aide l'homme à devenir ce vase qui contient la présence de Dieu ouverte à l'homme.