RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour Jn 7:14-30

En s’adressant au peuple, Jésus s’efforce sans cesse de ramener Ses auditeurs aux fondements, au noyau spirituel de la tradition yahviste et juive. Comme on le sait, on L’a plus d’une fois accusé de violer le sabbat en guérissant des personnes le jour du sabbat. Et Lui leur rappelle la circoncision, qui s’accomplit le jour fixé même lorsque ce jour se trouve être le sabbat. Et Il ajoute : de quoi donc M’accusez-vous ?

La logique est claire : la circoncision n’est qu’un signe de l’Alliance, un signe de fidélité à la Torah. Et voilà que, pour marquer la fidélité d’un homme à la Torah, il est possible de passer outre au repos du sabbat ; un tel manquement n’est pas considéré comme une violation du sabbat. Peut-on donc considérer comme transgresseur du sabbat Celui qui, le jour du sabbat, guérit un homme en le faisant participer à la vie du Royaume ? Car il n’est pas question de médecine, ni d’un traitement que la tradition juive considère effectivement, dans certains cas, comme une violation du sabbat. Il s’agit d’ouvrir à l’homme le Royaume de Dieu dans toute sa plénitude. N’est-ce pas là, en fin de compte, le véritable sens du sabbat ? Toutes les interdictions et restrictions dont le jour du sabbat est entouré n’ont finalement qu’un seul but : détourner entièrement l’attention de l’homme du quotidien pour la tourner vers cette présence de Dieu sans laquelle aucune vie spirituelle n’est possible.

La fidélité à la Torah est la condition indispensable de la communion avec Dieu ; c’est pourquoi la circoncision, comme signe d’une telle fidélité, s’accomplit même le sabbat. Et la manifestation du Royaume de Dieu n’est-elle donc pas, non pas même un signe ou un symbole, mais une manifestation éclatante de cette même fidélité ? Si elle l’est, pourquoi faut-il saisir des pierres à l’apparition de Celui qui manifeste le Royaume, et le manifeste dans toute sa plénitude ?

C’est ainsi que Jésus essaie de faire comprendre à Ses auditeurs le sens véritable du sabbat et de la vie spirituelle comme telle. Pourtant, beaucoup d’entre eux, restant attachés à leur tradition plus qu’au Royaume, sont tout de même prêts à saisir des pierres.