RÉFLEXIONS pour Jn 10:17-28
Comme on le voit, beaucoup de pharisiens étaient pourtant prêts à reconnaître Jésus comme Messie. Ils avaient bien compris ses allusions à sa messianité et ne voulaient plus de lui qu'une seule chose: qu'il se proclame enfin directement Messie. Mais il ne le fait pas, car il sait parfaitement ce que signifie pour ces hommes « être le Messie », et il n'avait pas l'intention de devenir un tel Messie: il n'entrait pas dans ses plans de soulever une révolte, de commencer une guerre sainte contre les Romains ou de devenir le chef d'un État terrestre.
Au lieu de cela, il explique encore et encore à ceux qui l'entourent ce qu'est ce Royaume qu'il a apporté dans le monde. Et il parle de l'essentiel qui constitue le fondement de la vie du Royaume, en prenant son propre exemple: vivre dans le Royaume signifie donner sa vie à Dieu afin de la recevoir ensuite de ses mains. Et le chemin du Sauveur lui-même, sa mort et sa Résurrection, en sont un exemple remarquable.
Selon les lois de notre monde non transfiguré, même le Messie, qui porte en lui la plénitude de Dieu et la plénitude du Royaume, peut mourir, bien que, contrairement à nous, la mort ne soit pas pour lui une nécessité naturelle. Et quand on le tue, il meurt comme tout homme. Mais sa vie appartient au Père; il ne vit pas de sa propre vie, mais de la vie du Père, qui lui a été donnée par le Père dans toute sa plénitude. Et dans le Royaume, où la mort n'a pas de place, il la reçoit de nouveau du Père dans toute sa plénitude, de manière tout à fait inattendue pour ses ennemis, à qui il semblait que maintenant qu'il était mort, tout était fini.
Et le chemin de chaque chrétien, de chaque habitant du Royaume, ressemble au chemin de Celui qui a apporté le Royaume dans le monde. Bien sûr, Dieu n'a donné à aucun de nous, comme à lui, de contenir la vie du Royaume dans toute sa plénitude. Mais le Royaume nous est ouvert, et l'on ne peut y entrer qu'en remettant la vie que Dieu nous a donnée à la naissance, afin que là, dans le Royaume, il nous la rende transfigurée. Cette vie nouvelle fera déjà partie non pas de notre monde, en voie de transfiguration mais pas encore transfiguré, mais du Royaume; elle deviendra le premier pas sur le chemin de notre transfiguration, le premier pas sur le chemin du salut.
