17 c'est pour cela que le Père m'aime, parce que je donne ma vie, pour la reprendre. |
18 Personne ne me l'enlève ; mais je la donne de moi-même. J'ai pouvoir de la donner et j'ai pouvoir de la reprendre ; tel est le commandement que j'ai reçu de mon Père. " |
19 Il y eut de nouveau scission parmi les Juifs à cause de ces paroles. |
20 Beaucoup d'entre eux disaient : " Il a un démon ; il délire. Pourquoi l'écoutez-vous . " |
21 D'autres disaient : " Ces pare-les ne sont pas d'un démoniaque. Est-ce qu'un démon peut ouvrir les yeux d'un aveugle ? " |
22 Il y eut alors la fête de la Dédicace à Jérusalem. C'était l'hiver. |
23 Jésus allait et venait dans le Temple sous le portique de Salomon. |
24 Les Juifs firent cercle autour de lui et lui dirent : " Jusqu'à quand vas-tu nous tenir en haleine ? Si tu es le Christ, dis-le-nous ouvertement. " |
25 Jésus leur répondit : " Je vous l'ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père témoignent de moi ; |
26 mais vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes pas de mes brebis. |
27 Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent; |
28 je leur donne la vie éternelle; elle ne périront jamais et nul ne les arrachera de ma main. |
Comme on le voit, beaucoup de pharisiens étaient pourtant prêts à reconnaître Jésus comme Messie. Ils avaient bien compris ses allusions à sa messianité et ne voulaient plus de lui qu'une seule chose: qu'il se proclame enfin directement Messie. Mais il ne le fait pas, car il sait parfaitement ce que signifie pour ces hommes « être le Messie », et il n'avait pas l'intention de devenir un tel Messie: il n'entrait pas dans ses plans de soulever une révolte, de commencer une guerre sainte contre les Romains ou de devenir le chef d'un État terrestre.
Au lieu de cela, il explique encore et encore à ceux qui l'entourent ce qu'est ce Royaume qu'il a apporté dans le monde. Et il parle de l'essentiel qui constitue le fondement de la vie du Royaume, en prenant son propre exemple: vivre dans le Royaume signifie donner sa vie à Dieu afin de la recevoir ensuite de ses mains. Et le chemin du Sauveur lui-même, sa mort et sa Résurrection, en sont un exemple remarquable.
Selon les lois de notre monde non transfiguré, même le Messie, qui porte en lui la plénitude de Dieu et la plénitude du Royaume, peut mourir, bien que, contrairement à nous, la mort ne soit pas pour lui une nécessité naturelle. Et quand on le tue, il meurt comme tout homme. Mais sa vie appartient au Père; il ne vit pas de sa propre vie, mais de la vie du Père, qui lui a été donnée par le Père dans toute sa plénitude. Et dans le Royaume, où la mort n'a pas de place, il la reçoit de nouveau du Père dans toute sa plénitude, de manière tout à fait inattendue pour ses ennemis, à qui il semblait que maintenant qu'il était mort, tout était fini.
Et le chemin de chaque chrétien, de chaque habitant du Royaume, ressemble au chemin de Celui qui a apporté le Royaume dans le monde. Bien sûr, Dieu n'a donné à aucun de nous, comme à lui, de contenir la vie du Royaume dans toute sa plénitude. Mais le Royaume nous est ouvert, et l'on ne peut y entrer qu'en remettant la vie que Dieu nous a donnée à la naissance, afin que là, dans le Royaume, il nous la rende transfigurée. Cette vie nouvelle fera déjà partie non pas de notre monde, en voie de transfiguration mais pas encore transfiguré, mais du Royaume; elle deviendra le premier pas sur le chemin de notre transfiguration, le premier pas sur le chemin du salut.
17 c'est pour cela que le Père m'aime, parce que je donne ma vie, pour la reprendre. |
18 Personne ne me l'enlève ; mais je la donne de moi-même. J'ai pouvoir de la donner et j'ai pouvoir de la reprendre ; tel est le commandement que j'ai reçu de mon Père. " |
19 Il y eut de nouveau scission parmi les Juifs à cause de ces paroles. |
20 Beaucoup d'entre eux disaient : " Il a un démon ; il délire. Pourquoi l'écoutez-vous . " |
21 D'autres disaient : " Ces pare-les ne sont pas d'un démoniaque. Est-ce qu'un démon peut ouvrir les yeux d'un aveugle ? " |
22 Il y eut alors la fête de la Dédicace à Jérusalem. C'était l'hiver. |
23 Jésus allait et venait dans le Temple sous le portique de Salomon. |
24 Les Juifs firent cercle autour de lui et lui dirent : " Jusqu'à quand vas-tu nous tenir en haleine ? Si tu es le Christ, dis-le-nous ouvertement. " |
25 Jésus leur répondit : " Je vous l'ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père témoignent de moi ; |
26 mais vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes pas de mes brebis. |
27 Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent; |
28 je leur donne la vie éternelle; elle ne périront jamais et nul ne les arrachera de ma main. |
À la différence des savants traités de théologie, à la différence des définitions de foi dirigées contre telle ou telle erreur, l’Écriture sainte parle des mystères de Dieu avec une extrême retenue et une grande pudeur. Beaucoup de choses sont entourées d’un silence plein de révérence, beaucoup ne sont indiquées que par une brève allusion ou une parabole. Les paroles du Christ dans la lecture d’aujourd’hui sont un moment rare où l’évangéliste transmet sobrement les paroles du Fils de Dieu Lui-même touchant aux réalités ineffables.
Le Seigneur dit : « Le Père m’aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre. » En écoutant ces paroles, il faut sans doute se souvenir des limites du langage humain, et pourtant il importe d’essayer de comprendre de quoi, et surtout pourquoi, le Seigneur parle ainsi. Car puisque l’Esprit de Dieu a inspiré l’évangéliste à se souvenir de ces paroles et à les écrire, cela signifie qu’Il voulait que nous les entendions et les comprenions.
L’amour du Père céleste, le Seigneur l’explique (bien que, de notre point de vue, il échappe totalement à toute explication) par le fait que le Fils donne Sa vie. Il faut ici noter deux choses importantes. L’amour dont parle Jésus n’est pas seulement une relation entre Personnes, de même que le don de la vie n’est pas seulement un acte héroïque. L’un et l’autre parlent de la nature même du Dieu immuable; c’est pourquoi, dans son épître, l’évangéliste Jean écrit de Lui qu’Il est Amour. De plus, selon les principes du langage biblique, nous voyons que le Seigneur met en parallèle l’amour du Père pour Lui et le don qu’Il fait de Sa vie. Au fond, c’est une seule et même nature, manifestée différemment par le Père et par le Fils. Puisque la vie du Fils de Dieu nous est donnée, ces paroles sont pour nous une espérance sans prix.
Et encore ceci : pour que nous puissions vivre, ressentir et, autant que possible, apprécier cet amour de Dieu, il nous faut entendre les paroles du Christ disant qu’Il nous donne Sa vie dans une liberté parfaite, sans contrainte des circonstances extérieures. Uniquement parce que nous Lui sommes chers.
17 c'est pour cela que le Père m'aime, parce que je donne ma vie, pour la reprendre. |
18 Personne ne me l'enlève ; mais je la donne de moi-même. J'ai pouvoir de la donner et j'ai pouvoir de la reprendre ; tel est le commandement que j'ai reçu de mon Père. " |
19 Il y eut de nouveau scission parmi les Juifs à cause de ces paroles. |
20 Beaucoup d'entre eux disaient : " Il a un démon ; il délire. Pourquoi l'écoutez-vous . " |
21 D'autres disaient : " Ces pare-les ne sont pas d'un démoniaque. Est-ce qu'un démon peut ouvrir les yeux d'un aveugle ? " |
22 Il y eut alors la fête de la Dédicace à Jérusalem. C'était l'hiver. |
23 Jésus allait et venait dans le Temple sous le portique de Salomon. |
24 Les Juifs firent cercle autour de lui et lui dirent : " Jusqu'à quand vas-tu nous tenir en haleine ? Si tu es le Christ, dis-le-nous ouvertement. " |
25 Jésus leur répondit : " Je vous l'ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père témoignent de moi ; |
26 mais vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes pas de mes brebis. |
27 Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent; |
28 je leur donne la vie éternelle; elle ne périront jamais et nul ne les arrachera de ma main. |
Nous, les êtres humains, aimons parfois beaucoup simplifier. Il nous faut savoir clairement si quelque chose est noir ou blanc. Nous ne reconnaissons pas de troisième possibilité. Il nous faut une vérité simple, sans toutes ces réticences ni ces allusions. Et cette manière de faire, le plus souvent, nous l'appliquons aux autres. Il nous faut tout comprendre à leur sujet et tout ranger sur des étagères. Mais ce qui se passe alors dans notre âme, «ce mystère est grand». Peut-on vraiment décrire en deux mots et en catégories nettes notre monde intérieur si riche et si multiple?..
Les Juifs ne peuvent plus supporter que Jésus, en réalité, ait pitié d'eux, comprenant que Sa Parole ne trouve pas place en eux (voir Jn 8:37). Le Seigneur nous donne autant que nous sommes capables de comprendre. Et il nous semble toujours qu'Il cache quelque chose, qu'il y a autour de nous un mystère que l'on nous dissimule soigneusement. Voilà pourquoi les Juifs exigent du Christ une réponse simple: oui ou non. Et le fait qu'Il ne leur parle que de cela et le manifeste par toutes Ses oeuvres ne leur suffit pas, à eux, c'est-à-dire à nous (voir Jn 10:25).
Mais qu'est-ce qui changera si le Christ donne la réponse que l'on attend de Lui? Comme si ceux qui l'attendent étaient prêts à formuler clairement leur position selon la réponse: croient-ils au Christ ou non? Malheureusement, ils ne le sont pas du tout. Avec notre liberté et la délicatesse de notre âme, nous la portons comme un trésor, incapables de rendre compte de notre espérance (voir 1 P 3:15). Et pourtant, devant Dieu et pour Dieu, il n'y a pas de demi-teintes: «Que votre parole soit: oui, oui; non, non» (Mt 5:37).
22 Il y eut alors la fête de la Dédicace à Jérusalem. C'était l'hiver. |
23 Jésus allait et venait dans le Temple sous le portique de Salomon. |
24 Les Juifs firent cercle autour de lui et lui dirent : " Jusqu'à quand vas-tu nous tenir en haleine ? Si tu es le Christ, dis-le-nous ouvertement. " |
25 Jésus leur répondit : " Je vous l'ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père témoignent de moi ; |
26 mais vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes pas de mes brebis. |
27 Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent; |
28 je leur donne la vie éternelle; elle ne périront jamais et nul ne les arrachera de ma main. |
29 Mon Père, quant à ce qu'il m'a donné, est plus grand que tous. Nul ne peut rien arracher de la main du Père. |
30 Moi et le Père nous sommes un. " |
Aujourd'hui Jésus nous dit : « Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous, et personne ne les ravira de la main de mon Père ». Nous savons qu'il se trouvera des gens pour vouloir les ravir. Le père du mensonge et homicide dès le commencement aimerait beaucoup s'emparer du plus grand nombre possible d'âmes. Mais si nous sommes déjà les brebis du Seigneur, personne ne peut nous emmener hors de Son troupeau sans notre consentement.
Les mots « Mon Père est plus grand que tous » signifient qu'Il est plus grand non seulement que tout homme et plus fort que le diable, mais qu'Il dépasse aussi ma faiblesse, ma paresse, mon inertie, ma nature pécheresse. Il a besoin de ma volonté ; et si ma volonté Lui est donnée, Il protégera et gardera, et personne ne me ravira de Sa main.
22 Il y eut alors la fête de la Dédicace à Jérusalem. C'était l'hiver. |
23 Jésus allait et venait dans le Temple sous le portique de Salomon. |
24 Les Juifs firent cercle autour de lui et lui dirent : " Jusqu'à quand vas-tu nous tenir en haleine ? Si tu es le Christ, dis-le-nous ouvertement. " |
25 Jésus leur répondit : " Je vous l'ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père témoignent de moi ; |
26 mais vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes pas de mes brebis. |
27 Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent; |
28 je leur donne la vie éternelle; elle ne périront jamais et nul ne les arrachera de ma main. |
29 Mon Père, quant à ce qu'il m'a donné, est plus grand que tous. Nul ne peut rien arracher de la main du Père. |
30 Moi et le Père nous sommes un. " |
31 Les Juifs apportèrent de nouveau des pierres pour le lapider. |
32 Jésus leur dit alors : " Je vous ai montré quantité de bonnes œuvres, venant du Père ; pour laquelle de ces œuvres me lapidez-vous ? " |
33 Les Juifs lui répondirent : " Ce n'est pas pour une bonne œuvre que nous te lapidons, mais pour un blasphème et parce que toi, n'étant qu'un homme, tu te fais Dieu. " |
34 Jésus leur répondit : " N'est-il pas écrit dans votre Loi : J'ai dit : vous êtes des dieux ? |
35 Alors qu'elle a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu fut adressée - et l'Écriture ne peut être récusée - |
36 à celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde vous dites : "Tu blasphèmes", parce que j'ai dit : "Je suis Fils de Dieu" ! |
37 Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas; |
38 mais si je les fais, quand bien même vous ne me croiriez pas, croyez en ces œuvres, afin de reconnaître une bonne fois que le Père est en moi et moi dans le Père. " |
39 Ils cherchaient donc de nouveau à le saisir, mais il leur échappa des mains. Jésus se retire au-delà du Jourdain. |
40 De nouveau il s'en alla au-delà du Jourdain, au lieu où Jean avait d'abord baptisé, et il y demeura. |
41 Beaucoup vinrent à lui et disaient : " Jean n'a fait aucun signe ; mais tout ce que Jean a dit de celui-ci était vrai. " |
42 Et là, beaucoup crurent en lui. |
La lecture d'aujourd'hui nous ramène une fois encore au témoignage que Jésus rend de lui-même. Les événements racontés par l'évangéliste se déroulaient apparemment le jour où l'on commémorait la dédicace du Temple (v. 22; la « fête de la rénovation » mentionnée dans le texte pourrait aussi être appelée « fête de la Dédicace », conformément au sens du mot grec). Dans la conscience des Juifs croyants, le jour de la dédicace du Temple était un jour du triomphe de Dieu, et l'on attendait ce jour-là la venue du Royaume messianique avec une émotion particulière. Il n'est pas étonnant que l'on ait attendu de Jésus, précisément un tel jour, une réponse directe à la question de sa messianité (v. 24).
Mais sa réponse fut assez inattendue pour ceux qui l'interrogeaient. Ils espéraient manifestement que Jésus leur dirait sans détour quand il accomplirait ce que l'on attendait alors du Messie: soulever une révolte, chasser de Judée les troupes romaines par la puissance de Dieu et y restaurer un État juif indépendant, régi par des lois entièrement conformes à la Torah. Mais le Sauveur parle d'autre chose au peuple qui l'entoure. Il dit: vous avez déjà vu tout ce que je fais, et je n'ai rien de plus à vous dire. Cette réponse était parfaitement logique: le Christ n'avait l'intention de faire aucune des choses attendues par ses interlocuteurs. Il ne pouvait que leur manifester le Royaume, comme il l'avait déjà fait plus d'une fois (v. 25-27). Le don principal du Seigneur n'est manifestement pas un État juif restauré, mais la plénitude de la vie de Dieu, qu'il est prêt à offrir à quiconque est disposé à la recevoir (v. 28).
Vient ensuite le témoignage sur lui-même qui poussa des hommes religieux et pieux à prendre des pierres (v. 31). Jésus dit: moi et le Père, nous sommes un (v. 30). Il révèle à ses auditeurs le mystère principal de sa messianité et de son ministère: il vit d'une seule vie avec Dieu. Il est homme, mais toute la plénitude de Dieu est entrée dans les limites de sa nature humaine, et donc aussi la plénitude du Royaume; il est prêt à donner l'une et l'autre à quiconque en a soif. Un homme ordinaire ne peut certes contenir la plénitude de Dieu comme Jésus lui-même la contient. Mais grâce à lui — et par lui — cette plénitude, autrefois totalement inaccessible à l'homme, est devenue en principe accessible à chacun. Désormais, il ne dépend que de l'homme lui-même d'y prendre part ou non.
C'est précisément cette pensée, semble-t-il, que les hommes entourant Jésus trouvèrent absolument insupportable (v. 32-33). Rien d'étonnant: s'ils acceptaient ce qu'il disait, ils devraient avouer honnêtement à eux-mêmes et aux autres que l'histoire de la religion était achevée — de toute religion, y compris du judaïsme auquel appartenaient les interlocuteurs du Christ. Le sens de toute religion réside soit dans la recherche de Dieu, lorsqu'il s'agit de religiosité païenne, soit dans le maintien d'une relation avec le Dieu qui se révèle aux hommes, lorsqu'il s'agit d'une religion de la Révélation. Mais le Sauveur offre davantage: il offre la plénitude de la vie de Dieu dans son Royaume. Ici, il n'y a rien à chercher, car l'essentiel est révélé; nul besoin non plus d'efforts particuliers pour maintenir une relation avec Dieu, puisque rien ne la menace dans son Royaume. Ici on vit avec Dieu, simplement et naturellement, en communiant avec lui et en participant, selon ses possibilités et ses capacités, à la vie du Royaume. Ici la religion devient inutile.
Il est naturellement très difficile à un homme religieux de l'accepter, car la religion constituait le fondement, le but et le sens de toute sa vie. Les Juifs qui entouraient Jésus auraient voulu que le Royaume messianique soit moins le royaume de Dieu que celui de leur religion. Ils devaient maintenant choisir entre leurs propres désirs et la révélation de Dieu, et Jésus les appelle à choisir le Royaume. Mais l'homme est libre, et chacun fait son choix.
22 Il y eut alors la fête de la Dédicace à Jérusalem. C'était l'hiver. |
23 Jésus allait et venait dans le Temple sous le portique de Salomon. |
24 Les Juifs firent cercle autour de lui et lui dirent : " Jusqu'à quand vas-tu nous tenir en haleine ? Si tu es le Christ, dis-le-nous ouvertement. " |
25 Jésus leur répondit : " Je vous l'ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père témoignent de moi ; |
26 mais vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes pas de mes brebis. |
27 Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent; |
28 je leur donne la vie éternelle; elle ne périront jamais et nul ne les arrachera de ma main. |
29 Mon Père, quant à ce qu'il m'a donné, est plus grand que tous. Nul ne peut rien arracher de la main du Père. |
30 Moi et le Père nous sommes un. " |
31 Les Juifs apportèrent de nouveau des pierres pour le lapider. |
32 Jésus leur dit alors : " Je vous ai montré quantité de bonnes œuvres, venant du Père ; pour laquelle de ces œuvres me lapidez-vous ? " |
33 Les Juifs lui répondirent : " Ce n'est pas pour une bonne œuvre que nous te lapidons, mais pour un blasphème et parce que toi, n'étant qu'un homme, tu te fais Dieu. " |
34 Jésus leur répondit : " N'est-il pas écrit dans votre Loi : J'ai dit : vous êtes des dieux ? |
35 Alors qu'elle a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu fut adressée - et l'Écriture ne peut être récusée - |
36 à celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde vous dites : "Tu blasphèmes", parce que j'ai dit : "Je suis Fils de Dieu" ! |
37 Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas; |
38 mais si je les fais, quand bien même vous ne me croiriez pas, croyez en ces œuvres, afin de reconnaître une bonne fois que le Père est en moi et moi dans le Père. " |
39 Ils cherchaient donc de nouveau à le saisir, mais il leur échappa des mains. Jésus se retire au-delà du Jourdain. |
40 De nouveau il s'en alla au-delà du Jourdain, au lieu où Jean avait d'abord baptisé, et il y demeura. |
41 Beaucoup vinrent à lui et disaient : " Jean n'a fait aucun signe ; mais tout ce que Jean a dit de celui-ci était vrai. " |
42 Et là, beaucoup crurent en lui. |
Ceux qui exigent de Jésus une réponse directe à la question de savoir s'Il est le Christ ne posent pas cette question parce que la vérité les intéresse réellement. Pour eux-mêmes, ils ont déjà répondu à la question et rejeté Jésus, et maintenant Sa réponse affirmative leur est nécessaire uniquement comme prétexte à des représailles. Pour accueillir le Christ à ce moment-là, Sa réponse directe n'est déjà plus nécessaire ; Ses discours précédents suffisent pour tirer les conclusions nécessaires. Et nous voyons une fois encore comment, en réponse aux paroles du Christ, on tente de s'en prendre à Lui.
Cette fois, Il échappe à Ses malveillants ; le temps des représailles injustes n'est pas encore venu. Il nous est difficile, et peut-être même impossible, de comprendre jusqu'au bout pourquoi Ses souffrances devaient avoir lieu dans d'autres circonstances. En tout cas, ceux qui justifient Judas en disant qu'il aurait exécuté l'ordre du Maître, qui lui aurait commandé de Le dénoncer, doivent se souvenir que le Christ pouvait être arrêté même sans l'aide de Judas.
Et l'évangéliste a encore conservé pour nous un témoignage important : bien que Jean le Baptiste n'ait accompli aucun miracle, cela ne peut nier ni la vérité de ses paroles ni sa sainteté. Exiger des saints qu'ils fassent obligatoirement des miracles est devenu habituel et traditionnel, mais il ne faut pas les considérer comme la preuve unique et indispensable de la fidélité à Dieu. Le Seigneur donne la possibilité d'accomplir des miracles, mais tout miracle ne vient pas de Dieu ; les forces des ténèbres savent imiter les miracles. Mais une vie transformée par l'union avec Dieu ne peut pas être imitée.
22 Il y eut alors la fête de la Dédicace à Jérusalem. C'était l'hiver. |
23 Jésus allait et venait dans le Temple sous le portique de Salomon. |
24 Les Juifs firent cercle autour de lui et lui dirent : " Jusqu'à quand vas-tu nous tenir en haleine ? Si tu es le Christ, dis-le-nous ouvertement. " |
25 Jésus leur répondit : " Je vous l'ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père témoignent de moi ; |
26 mais vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes pas de mes brebis. |
27 Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent; |
28 je leur donne la vie éternelle; elle ne périront jamais et nul ne les arrachera de ma main. |
29 Mon Père, quant à ce qu'il m'a donné, est plus grand que tous. Nul ne peut rien arracher de la main du Père. |
30 Moi et le Père nous sommes un. " |
31 Les Juifs apportèrent de nouveau des pierres pour le lapider. |
32 Jésus leur dit alors : " Je vous ai montré quantité de bonnes œuvres, venant du Père ; pour laquelle de ces œuvres me lapidez-vous ? " |
33 Les Juifs lui répondirent : " Ce n'est pas pour une bonne œuvre que nous te lapidons, mais pour un blasphème et parce que toi, n'étant qu'un homme, tu te fais Dieu. " |
34 Jésus leur répondit : " N'est-il pas écrit dans votre Loi : J'ai dit : vous êtes des dieux ? |
35 Alors qu'elle a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu fut adressée - et l'Écriture ne peut être récusée - |
36 à celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde vous dites : "Tu blasphèmes", parce que j'ai dit : "Je suis Fils de Dieu" ! |
37 Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas; |
38 mais si je les fais, quand bien même vous ne me croiriez pas, croyez en ces œuvres, afin de reconnaître une bonne fois que le Père est en moi et moi dans le Père. " |
39 Ils cherchaient donc de nouveau à le saisir, mais il leur échappa des mains. Jésus se retire au-delà du Jourdain. |
40 De nouveau il s'en alla au-delà du Jourdain, au lieu où Jean avait d'abord baptisé, et il y demeura. |
41 Beaucoup vinrent à lui et disaient : " Jean n'a fait aucun signe ; mais tout ce que Jean a dit de celui-ci était vrai. " |
42 Et là, beaucoup crurent en lui. |
« Dieu a appelé dieux ceux à qui la Parole de Dieu fut adressée » : c'est ainsi que Jésus interprète les paroles énigmatiques du psaume. Il rencontre des hommes malades, faibles, de peu de foi et rejetés, et leur parle de la vie éternelle, leur disant qu'ils sont des dieux, c'est-à-dire semblables à Dieu, à l'image de qui ils ont été créés. Entendre et reconnaître Sa voix, croire qu'Il est la Parole du Père envoyée sur la terre, aux hommes : voilà ce qui leur est demandé pour accomplir leur vocation divine, afin que l'image de Dieu se manifeste en eux. Nous sommes, vous et moi, parmi ces hommes, car la Parole nous a été envoyée à nous aussi et résonne dans les pages de l'Évangile, nous rendant semblables au Père. Le divin dans l'homme n'est ni délire, ni idéalisme, ni orgueil. C'est ce à quoi nous sommes appelés, là où nous conduit l'Évangile. Par la foi, cette image prend vie, s'éveille en nous et grandit, pour devenir le Ciel sur la terre.
27 Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent; |
28 je leur donne la vie éternelle; elle ne périront jamais et nul ne les arrachera de ma main. |
29 Mon Père, quant à ce qu'il m'a donné, est plus grand que tous. Nul ne peut rien arracher de la main du Père. |
30 Moi et le Père nous sommes un. " |
À la lecture des mots « Mon Père, qui me les a donnés, est plus grand que tous; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père » une question raisonnable peut surgir : qu’en est-il donc des tentations? Car certaines personnes, malheureusement, ne demeurent pas dans l’Église, retournant dans les ténèbres (cf. Jn 3:20), cédant aux séductions de ce monde. Comment cela se fait-il? Elles étaient pourtant, semble-t-il, auprès du Père, dans Ses mains attentives, et soudain elles en sont arrachées?
Il peut se trouver des gens pour expliquer que ceux qui sont partis n’étaient tout simplement pas avec Dieu. Mais ce n’est pas vrai. Celui qui communie avec le Seigneur a nécessairement l’expérience d’une rencontre personnelle avec Lui, qui l’a un jour conduit dans l’Église (il ne s’agit pas ici de personnes qui viennent à l’Église pour le rite, et non pour le Christ Lui-même). Et il n’y a pas là de contradiction.
Le fait est que l’accomplissement de la volonté de Dieu à l’égard d’une personne concrète est lié à la liberté de celle-ci, liberté qui lui est donnée pour manifester l’amour. Et si nous utilisons cette liberté pour collaborer créativement avec le Seigneur, alors nous écoutons Sa Parole, confiant ainsi notre vie entre Ses mains. Et cette Parole s’incarne dans notre vie, et la volonté du Seigneur que personne ne nous ravisse de Ses mains (cf. Jn 10:28), devient notre vérité.
27 Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent; |
28 je leur donne la vie éternelle; elle ne périront jamais et nul ne les arrachera de ma main. |
29 Mon Père, quant à ce qu'il m'a donné, est plus grand que tous. Nul ne peut rien arracher de la main du Père. |
30 Moi et le Père nous sommes un. " |
31 Les Juifs apportèrent de nouveau des pierres pour le lapider. |
32 Jésus leur dit alors : " Je vous ai montré quantité de bonnes œuvres, venant du Père ; pour laquelle de ces œuvres me lapidez-vous ? " |
33 Les Juifs lui répondirent : " Ce n'est pas pour une bonne œuvre que nous te lapidons, mais pour un blasphème et parce que toi, n'étant qu'un homme, tu te fais Dieu. " |
34 Jésus leur répondit : " N'est-il pas écrit dans votre Loi : J'ai dit : vous êtes des dieux ? |
35 Alors qu'elle a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu fut adressée - et l'Écriture ne peut être récusée - |
36 à celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde vous dites : "Tu blasphèmes", parce que j'ai dit : "Je suis Fils de Dieu" ! |
37 Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas; |
38 mais si je les fais, quand bien même vous ne me croiriez pas, croyez en ces œuvres, afin de reconnaître une bonne fois que le Père est en moi et moi dans le Père. " |
« Si Je ne fais pas les œuvres de Mon Père, ne Me croyez pas. Mais si Je les fais, quand même vous ne Me croiriez pas, croyez les œuvres... » Les œuvres que Jésus accomplit deviennent comme un pont, « conduisant ce qui est de la terre vers le ciel », un pont entre l’incrédulité et la foi, car ce sont les œuvres de Dieu. Les œuvres de Dieu et la foi deviennent des actes qui se conditionnent réciproquement. Il est très important de sentir que notre foi n’est pas une foi en quelque principe abstrait, fût-il magnifique ; notre foi est inséparable du tissu même de la vie.
Il est important qu’ici se trouve précisément le mot grec ἔργοις : une œuvre, une action qui a un sens simple et concret, sans l’emphase que nous avons tendance à donner à tout ce qui touche à notre Seigneur. « To work a miracle », dit la Bible de Jérusalem nouvelle anglaise de ce que fait Jésus. Ce sens intraduisible en russe élevé par « accomplir » d’une action réelle, quotidienne, d’un effort (souvenons-nous du « bras du Seigneur »). Le mot « œuvre », « faire », est l’un des mots très importants pour tout l’Évangile selon Jean. Rappelons ce texte : « Le Fils ne peut rien faire de Lui-même, sinon ce qu’Il voit faire au Père. Ce que fait Celui-ci, le Fils le fait pareillement » (5:19). Le mot « faire » y résonne quatre fois dans un si petit volume de texte.
Et maintenant, lorsque nous avons compris que le Seigneur travaille pour que nous croyions, que le Seigneur entre dans le tissu de notre vie afin que notre foi ne soit pas une idéologie abstraite, rappelons un autre texte : ils Lui dirent donc : que devons-nous faire pour accomplir les œuvres de Dieu ? Jésus leur répondit : l’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en Celui qu’Il a envoyé (Jn 6:28, 29). Autrement dit, non seulement les œuvres qu’accomplit le Seigneur sont liées à la foi, mais nos œuvres aussi, si ce sont des œuvres de Dieu, sont foi. Il est difficile, et d’ailleurs inutile, de séparer la foi et les œuvres de Dieu. Comprenons simplement ce qu’a dit l’apôtre Jacques : de même que le corps sans l’esprit est mort, de même la foi sans les œuvres est morte (Jc 2:26)
27 Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent; |
28 je leur donne la vie éternelle; elle ne périront jamais et nul ne les arrachera de ma main. |
29 Mon Père, quant à ce qu'il m'a donné, est plus grand que tous. Nul ne peut rien arracher de la main du Père. |
30 Moi et le Père nous sommes un. " |
31 Les Juifs apportèrent de nouveau des pierres pour le lapider. |
32 Jésus leur dit alors : " Je vous ai montré quantité de bonnes œuvres, venant du Père ; pour laquelle de ces œuvres me lapidez-vous ? " |
33 Les Juifs lui répondirent : " Ce n'est pas pour une bonne œuvre que nous te lapidons, mais pour un blasphème et parce que toi, n'étant qu'un homme, tu te fais Dieu. " |
34 Jésus leur répondit : " N'est-il pas écrit dans votre Loi : J'ai dit : vous êtes des dieux ? |
35 Alors qu'elle a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu fut adressée - et l'Écriture ne peut être récusée - |
36 à celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde vous dites : "Tu blasphèmes", parce que j'ai dit : "Je suis Fils de Dieu" ! |
37 Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas; |
38 mais si je les fais, quand bien même vous ne me croiriez pas, croyez en ces œuvres, afin de reconnaître une bonne fois que le Père est en moi et moi dans le Père. " |
Quiconque a essayé d'être chrétien sait que c'est une chose difficile. Nous aimerions beaucoup que le baptême, comme une formule magique de conte, nous rende bons et inaccessibles au péché. Nous aimerions beaucoup que l'exhortation «tu es baptisé d'un second baptême», prononcée à la confession, soit inutile. La force de l'amour que l'Esprit Saint donne à l'homme est grande, mais le degré de notre liberté est grand lui aussi. C'est pourquoi la nécessité de faire un choix demeure avec nous pour toujours, et ce choix est difficile, car le Seigneur nous appelle, nous aussi, à aimer comme Lui, c'est-à-dire en donnant notre vie.
Et c'est pourquoi la promesse du Christ est si importante pour nous: «...personne ne peut ravir Mes brebis de la main du Père». Comme la promesse que les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre l'Église, elle nous ouvre la possibilité de nous appuyer sur le Christ sans crainte et de Lui faire confiance. Cela signifie, pour parler le langage orthodoxe, que le salut ne consiste pas à correspondre à certains paramètres établis, mais à être avec Jésus.
1 " En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans l'enclos des brebis, mais en fait l'escalade par une autre voie, celui-là est un voleur et un brigand ; |
2 celui qui entre par la porte est le pasteur des brebis. |
3 Le portier lui ouvre et les brebis écoutent sa voix, et ses brebis à lui, il les appelle une à une et il les mène dehors. |
4 Quand il a fait sortir toutes celles qui sont à lui, il marche devant elles et les brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix. |
5 Elles ne suivront pas un étranger ; elles le fuiront au contraire, parce qu'elles ne connaissent pas la voix des étrangers. " |
6 Jésus leur tint ce discours mystérieux, mais eux ne comprirent pas ce dont il leur parlait. |
7 Alors Jésus dit à nouveau : " En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. |
8 Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands; mais les brebis ne les ont pas écoutés. |
9 Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et sortira, et trouvera un pâturage. |
10 Le voleur ne vient que pour voler, égorger et faire périr. Moi, je suis venu pour qu'on ait la vie et qu'on l'ait surabondante. |
11 Je suis le bon pasteur; le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. |
12 Le mercenaire, qui n'est pas le pasteur et à qui n'appartiennent pas les brebis, voit-il venir le loup, il laisse les brebis et s'enfuit, et le loup s'en empare et les disperse. |
13 C'est qu'il est mercenaire et ne se soucie pas des brebis. |
14 Je suis le bon pasteur; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, |
15 comme le Père me connaît et que je connais le Père, et je donne ma vie pour mes brebis. |
16 J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de cet enclos; celles-là aussi, il faut que je les mène; elles écouteront ma voix; et il y aura un seul troupeau, un seul pasteur; |
17 c'est pour cela que le Père m'aime, parce que je donne ma vie, pour la reprendre. |
18 Personne ne me l'enlève ; mais je la donne de moi-même. J'ai pouvoir de la donner et j'ai pouvoir de la reprendre ; tel est le commandement que j'ai reçu de mon Père. " |
19 Il y eut de nouveau scission parmi les Juifs à cause de ces paroles. |
20 Beaucoup d'entre eux disaient : " Il a un démon ; il délire. Pourquoi l'écoutez-vous . " |
21 D'autres disaient : " Ces pare-les ne sont pas d'un démoniaque. Est-ce qu'un démon peut ouvrir les yeux d'un aveugle ? " |
Jésus ne parlait habituellement pas directement de Sa messianité. Mais Il y faisait souvent allusion. Et Ses paroles sur Lui-même comme bon berger sont aussi une allusion. En ce temps-là, en effet, les prétendants au rôle de Messie étaient nombreux. Déjà à l'époque des Maccabées, environ un siècle et demi avant la venue du Sauveur, commence une nouvelle poussée de messianisme. Un messianisme politique. On attend le Messie comme libérateur, d'abord du pouvoir d'une dynastie séculière, puis du pouvoir des Romains. On L'attend comme un grand Roi terrestre.
Or les représentations juives traditionnelles du Messie ne supposaient nullement qu'il faille nécessairement naître Messie. On pouvait le devenir, de même que deviennent prophètes ceux que Dieu a appelés au service prophétique. C'est pourquoi de faux messies apparaissaient comme de faux prophètes. Et tout se terminait, au mieux, par rien, au pire par une tragédie. Les autorités romaines n'encourageaient absolument pas le messianisme politique, et elles réprimaient rapidement et impitoyablement tout mouvement de masse. Il arrivait souvent que le « messie » nouvellement apparu disparaisse alors, tandis que les répressions tombaient sur les simples participants du mouvement. Toutefois, cela n'arrêtait pas les insensés et les aventuriers du messianisme. Ce n'est pas par hasard que Jésus les appelle « voleurs et brigands » : ils n'étaient certainement pas de vrais pasteurs pour leur troupeau.
Et cela n'a rien d'étonnant : car ces gens ne considéraient pas ces troupeaux comme les leurs. Il ne s'agit pas seulement du fait qu'ils étaient des imposteurs. Il s'agit aussi du caractère même du messianisme politique. De la représentation du Royaume, qui apparaissait aux partisans de ce messianisme comme une réalité elle aussi purement politique, et donc entièrement terrestre. Un tel royaume terrestre ne pouvait pas être construit sans victimes. La guerre inévitable et les bouleversements qui s'ensuivaient, politiques et sociaux, étaient impossibles sans victimes. Bien sûr, tout était justifié par la grandeur du but. Mais cela ne soulageait pas ceux qui mouraient.
Seul Jésus a apporté au monde le Royaume qu'il n'était pas nécessaire d'établir par la force. Pour lequel il n'était pas nécessaire de combattre les pouvoirs de ce monde. Il a lui aussi exigé un sacrifice, mais ce sacrifice fut le Sauveur Lui-même. C'est pourquoi Il avait le droit de parler de Lui-même comme du véritable pasteur de Son troupeau : car Il est devenu la porte du Royaume pour chacun de ceux qui cherchent et n'en a perdu aucun.
1 " En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans l'enclos des brebis, mais en fait l'escalade par une autre voie, celui-là est un voleur et un brigand ; |
2 celui qui entre par la porte est le pasteur des brebis. |
3 Le portier lui ouvre et les brebis écoutent sa voix, et ses brebis à lui, il les appelle une à une et il les mène dehors. |
4 Quand il a fait sortir toutes celles qui sont à lui, il marche devant elles et les brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix. |
5 Elles ne suivront pas un étranger ; elles le fuiront au contraire, parce qu'elles ne connaissent pas la voix des étrangers. " |
6 Jésus leur tint ce discours mystérieux, mais eux ne comprirent pas ce dont il leur parlait. |
7 Alors Jésus dit à nouveau : " En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. |
8 Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands; mais les brebis ne les ont pas écoutés. |
9 Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et sortira, et trouvera un pâturage. |
10 Le voleur ne vient que pour voler, égorger et faire périr. Moi, je suis venu pour qu'on ait la vie et qu'on l'ait surabondante. |
11 Je suis le bon pasteur; le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. |
12 Le mercenaire, qui n'est pas le pasteur et à qui n'appartiennent pas les brebis, voit-il venir le loup, il laisse les brebis et s'enfuit, et le loup s'en empare et les disperse. |
13 C'est qu'il est mercenaire et ne se soucie pas des brebis. |
14 Je suis le bon pasteur; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, |
15 comme le Père me connaît et que je connais le Père, et je donne ma vie pour mes brebis. |
16 J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de cet enclos; celles-là aussi, il faut que je les mène; elles écouteront ma voix; et il y aura un seul troupeau, un seul pasteur; |
17 c'est pour cela que le Père m'aime, parce que je donne ma vie, pour la reprendre. |
18 Personne ne me l'enlève ; mais je la donne de moi-même. J'ai pouvoir de la donner et j'ai pouvoir de la reprendre ; tel est le commandement que j'ai reçu de mon Père. " |
19 Il y eut de nouveau scission parmi les Juifs à cause de ces paroles. |
20 Beaucoup d'entre eux disaient : " Il a un démon ; il délire. Pourquoi l'écoutez-vous . " |
21 D'autres disaient : " Ces pare-les ne sont pas d'un démoniaque. Est-ce qu'un démon peut ouvrir les yeux d'un aveugle ? " |
Pourquoi escalader la clôture si la porte est ouverte? Peut-être par crainte d'être refoulé à la porte; mais alors, même après l'avoir « escaladée », on vous demandera de partir. Ou peut-être par espièglerie, comme dans l'enfance, lorsqu'on aimait passer par la fenêtre pour ne pas respecter des règles de conduite devenues lassantes. Mais l'espièglerie n'a pas sa place ici: il est question de choses extrêmement sérieuses.
Derrière le refus du Christ se cache habituellement le désir de se passer de lui, ainsi que la conviction présomptueuse que nos propres forces suffisent pour mener une vie juste. Si l'on succombe à la tentation de l'autosuffisance, on risque de ne pas remarquer que ce qui paraissait être « nos propres forces et nos propres moyens » n'est en réalité ni à nous, ni même une force, mais une illusion soufflée par une source trouble.
C'est pourquoi, si sévères que puissent paraître les paroles sur les voleurs et les brigands venus auparavant — et elles peuvent aussi s'appliquer à beaucoup de ceux qui sont venus après —, elles sont justes. Les chefs et les faux prophètes pour lesquels les hommes ne sont qu'un moyen de réaliser leurs propres projets ne cessent de les envoyer à la mort, et l'on n'en voit pas encore la fin.
Mais le bon berger ne conduit pas le troupeau pour le tondre et l'égorger, mais pour le mener vers de bons pâturages. Toute comparaison a ses limites, y compris celle des hommes avec un troupeau; mais n'oublions pas que chacun de nous est unique pour le Bon Pasteur et qu'il connaît chacun par son nom.
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