En parlant de son propre chemin spirituel, Paul ne souligne pas par hasard que, lui qui fut autrefois un partisan zélé du judaïsme, est devenu ensuite témoin du Christ, qui l'a envoyé annoncer l'Évangile aux païens (v. 13–17). Par là, semble-t-il, l'apôtre répondait à d'éventuels reproches selon lesquels lui-même avait radicalement changé d'opinion sur les questions fondamentales de la vie spirituelle et religieuse. Si c'est ainsi, pourquoi les chrétiens de Galatie ne feraient-ils pas de même, d'autant plus que les changements dans leur vision du monde étaient beaucoup moins radicaux que ceux que Paul avait vécus ?
Mais l'apôtre souligne aussitôt un point d'une importance fondamentale concernant son chemin spirituel : la sincérité absolue de ses recherches. S'il fut d'abord un ardent partisan du judaïsme, ce n'était pas parce qu'il voulait être « comme tout le monde », mais parce qu'il était sincèrement convaincu de la justesse devant Dieu de la manière dont il vivait et croyait.
C'est précisément cette sincérité qui l'a aidé à rencontrer le Christ et à trouver le Royaume. Mais la seule rencontre sur la route de Damas ne suffisait pas ; il fallait désormais changer résolument sa vie pour devenir témoin du Christ. Là encore, Paul resta fidèle à lui-même : il ne chercha personne qui confirmerait la vérité de sa révélation ; il partit simplement accomplir l'œuvre que Dieu lui avait confiée (v. 15–19).
Une telle sincérité est le gage à la fois de la sobriété spirituelle et de la sûreté spirituelle. L'homme spirituellement sincère ne cherchera jamais de détours dans la vie spirituelle pour éviter les problèmes, trouver une manière plus facile de vivre dans le Royaume, chercher des compromis là où ils sont inadmissibles. Les prédicateurs qui déformaient l'Évangile, dont parle l'apôtre, insistaient sans doute sur l'obligation stricte, pour tous les chrétiens, d'observer les prescriptions religieuses juives. Et cela était très probablement motivé par le désir d'éviter un conflit avec la Synagogue, qui devenait autrement inévitable. Il est évident que de telles « recherches spirituelles » n'avaient rien à voir ni avec la spiritualité ni avec une véritable recherche. Elles ne pouvaient qu'éloigner l'homme du Royaume, ce que Paul ne cesse de rappeler.
