Aussitôt après avoir reçu le message destiné aux sept Églises, l'apôtre se voit debout devant le Trône de gloire (v. 2-3). L'image de la porte ouverte dans le ciel (v. 1) n'a pas besoin d'explication, son sens est tout à fait transparent. L'expression «après cela» attire l'attention: elle fait comprendre qu'il s'agit d'événements relatifs à la fin des temps, car les sept Églises concrètes auxquelles s'adressait le Sauveur représentaient en fait une image vivante de l'Église universelle dans son histoire terrestre. Désormais, comme on le voit, l'histoire terrestre est terminée, et commence à s'ouvrir à l'apôtre ce qui précédera le jour du Jugement et le retour du Sauveur. La révélation du Trône de gloire était déjà, à l'époque des derniers prophètes, perçue comme la révélation du Royaume (Is 6:13). Le Trône de gloire s'ouvre à l'apôtre sur fond de ménorah (le chandelier sacré à sept branches), semblable à celui qu'il avait vu derrière le Sauveur qui lui était apparu auparavant (v. 5; cf. Ap 1:12-15).
Comme on le voit, Jean a vu s'ouvrir ce sanctuaire céleste dont la Tente et le Saint des saints du Temple de Jérusalem étaient l'image terrestre. Dans ce sanctuaire céleste se trouve aussi un conseil d'anciens, composé apparemment de vingt-quatre personnes, et certains «êtres vivants» qui adorent Dieu avec les hommes (v. 4-11). Le nombre vingt-quatre doit évidemment être considéré comme symbolique; comme tout nombre multiple de douze, il symbolise la plénitude du peuple de Dieu et, dans le contexte néotestamentaire, aussi la plénitude de l'Église. La Cité céleste, en la personne de son conseil d'anciens, demeure toujours auprès du trône de Dieu. Quant aux «êtres vivants», ce sont évidemment les mêmes créatures qu'Ézéchiel avait vues tirer le char de Yahvé (Ez 1:4-13). Bien sûr, il ne s'agit pas ici d'animaux au sens propre, mais de certains êtres spirituels d'une nature clairement non humaine, qui accomplissent devant Dieu certaines fonctions de service. Leurs faces rappellent la divinité telle qu'elle était comprise dans le monde païen: dans les religions du Proche-Orient, les symboles de la divinité suprême étaient notamment le taureau, le lion et l'aigle, auxquels étaient associées respectivement les idées de fécondité, de force et de pouvoir.
Manifestement, toutes ces forces ne disparaissent pas dans le Royaume; seule leur nature et leurs fonctions changent: désormais leur destination principale n'est pas l'affirmation de soi, mais le service de Dieu. Il en va de même de l'humanité transfigurée: ce n'est pas un hasard si l'un des «êtres vivants» a un visage humain. L'Église céleste qui se tient devant le trône de Dieu et L'adore avec les forces du cosmos transfiguré: tel est le Royaume qui s'ouvre à Jean.
