En principe, le discours d'un homme comme le malheureux Hanania constitue un phénomène culturel normal. Il encourage les Judéens désespérés, leur inspire l'espérance que Dieu ne les a pas abandonnés, et donc que tout n'est pas encore perdu. Il dit ce qu'ils veulent entendre, et il n'y a rien de mauvais à ce que les hommes veuillent entendre de bonnes nouvelles plutôt que de mauvaises. Jérémie lui-même est le premier à crier « Amen », parce que lui aussi désire ardemment qu'il n'y ait pas de guerre, que les hommes ne meurent pas, que le grand Temple demeure.
Mais tout tient à ceci: outre le désir d'entendre des nouvelles agréables et joyeuses, l'homme a encore une autre vocation, beaucoup plus importante que la victoire ou la défaite de Juda, que le destin du Temple et de tout ce qui s'y rattache. Cette vocation consiste à ne pas s'enfermer dans sa propre culture, à écouter et entendre non seulement les paroles les uns des autres, même les meilleures. L'homme est né pour écouter Dieu: Dieu veut parler aux hommes, et les hommes peuvent entendre sa parole. Par rapport à cette vocation, Hanania se révèle menteur, et Jérémie vrai prophète.
