On peut difficilement accuser Paul d'avoir eu peur de la mort. Et pourtant, il y eut des situations où il préféra l'éviter. Manifestement, dans sa vie, il ne se guidait nullement par le seul courage. Bien sûr, dans la vie de Paul, comme dans celle de tout chrétien, le rôle principal revenait à la providence de Dieu. Et ce n'était pas Paul, mais Dieu, qui décidait comment l'apôtre devait agir dans telle ou telle situation.
Mais tout de même: y a-t-il une logique dans tout ce qui se passe? Il y en a une, car pour le témoin, le témoignage peut être non seulement sa propre vie, mais aussi sa propre mort. Tout dépend de la manière de vivre et de mourir.
Mais témoigner n'a tout de même de sens que devant des personnes qui peuvent et veulent au moins entendre quelque chose. Il est impossible de témoigner devant un fanatique entièrement plongé dans son fanatisme, ou, par exemple, devant une foule déchaînée. Dans de telles situations, le Sauveur lui-même gardait le silence. Et Paul, à en juger par tout cela, considère lui aussi le témoignage, dans de tels cas, comme absolument inutile. Si des hommes ont fait vœu de ne pas manger ni boire tant que leur ennemi est vivant, cela signifie qu'ils haïssent leur ennemi jusqu'à la folie, jusqu'à l'égarement, si bien qu'il ne peut être question ici d'aucun témoignage. On pourrait tout aussi bien essayer de témoigner devant un crocodile affamé.
Et puisque le suicide ne témoigne de rien d'autre que du manque de raison du témoin, Paul ne juge pas nécessaire de s'offrir en sacrifice à ceux qui ne veulent que sa mort et rien d'autre. Et il échappe aux mains de ses meurtriers potentiels, précisément afin d'avoir encore le temps de témoigner du Royaume devant ceux qui étaient prêts à entendre et capables de le faire.
