Ces paroles de l'apôtre nous obligent aussitôt à nous ressaisir; elles servent d'antidote à l'orgueil et au jugement des autres. Si seulement nous pouvions toujours nous en souvenir!
Mon existence même est un don, et combien de choses belles ai-je en plus du seul fait de vivre! J'ai un cœur, une intelligence, des sentiments, une volonté, un corps, l'amour de mes parents et d'autres personnes, pour rien! Simplement parce que je suis moi! J'ai la fidélité des amis et l'amour des animaux, j'ai des connaissances, une maison, des choses et beaucoup d'autres biens... J'ai le soleil et les étoiles, les nuages et les arbres, j'ai le ciel et la terre, j'ai Dieu! Tout ce que j'ai m'a été donné, et tout cela a été créé par Dieu pour moi!
Sur ce fond, se vanter devant les autres, et plus encore s'enorgueillir, se hausser au-dessus d'eux et les juger, est tout simplement stupide. S'il faut se vanter, que ce soit seulement de Dieu, qui m'a tout donné! Prendre conscience que tout ce que je possède a été reçu gratuitement aide non seulement à ne pas s'enorgueillir, mais libère réellement. Car lorsque j'essaie de m'approprier quelque chose, peu importe qu'il s'agisse de qualités spirituelles ou d'un objet matériel, je deviens non libre: ce qui est approprié est « serré dans la main », et par là même je « perds ma main », selon les paroles du métropolite Antoine de Sourozh. Vivre avec une telle conscience donne la vraie paix, l'humilité, et fait naître la gratitude envers ceux par qui j'ai reçu tout cela: envers Dieu et envers les hommes.
