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La Bible de Jerusalem (fr)

Sagesse, Chapitre 13,  vers 1-15

III. La Sagesse à l’œuvre dans l’histoire> 1 Seconde digression. Procès des cultes païens. Divinisation de la nature., 10 L’idolâtrie. Les fabricants d’idoles.
1 Oui, vains par nature tous les hommes en qui se trouvait l’ignorance de Dieu,
qui, en partant des biens visibles, n’ont pas été capables de connaître Celui-qui-est,
et qui, en considérant les œuvres, n’ont pas reconnu l’Artisan.
2 Mais c’est le feu, ou le vent, ou l’air rapide,
ou la voûte étoilée, ou l’eau impétueuse,
ou les luminaires du ciel, princes du monde, qu’ils ont considérés comme des dieux !
3 Que si, charmés de leur beauté, ils les ont pris pour des dieux,
qu’ils sachent combien leur Maître est supérieur,
car c’est la source même de la beauté qui les a créés.
4 Et si c’est leur puissance et leur activité qui les ont frappés,
qu’ils en déduisent combien plus puissant est Celui qui les a formés,
5 car la grandeur et la beauté des créatures
font, par analogie, contempler leur Auteur.
6 Ceux-ci toutefois ne méritent qu’un blâme léger ;
peut-être en effet ne s’égarent-ils
qu’en cherchant Dieu et en voulant le trouver :
7 versés dans ses œuvres, ils les explorent
et se laissent prendre aux apparences, tant ce qu’on voit est beauté !
8 Et pourtant eux non plus ne sont point pardonnables :
9 s’ils ont été capables d’acquérir assez de science
pour postuler l’unité du monde,
comment n’en ont-ils pas plus tôt découvert le Maître !
10 Mais malheureux sont-ils, avec leurs espoirs mis en des choses mortes,
ceux qui ont appelé dieux des ouvrages de mains d’hommes,
or, argent, traités avec art,
figures d’animaux,
ou pierre inutile, ouvrage d’une main antique.
11 Et voici encore un bûcheron : il scie un arbre facile à manier,
il en racle soigneusement toute l’écorce,
il le travaille avec adresse,
il en forme un objet propre aux usages de la vie.
12 Quant aux déchets de son travail,
il les emploie à préparer sa nourriture et il se rassasie.
13 Et le déchet qui en reste et qui n’est bon à rien,
un bois tordu et poussé tout en nœuds :
il le prend et le sculpte avec l’application des heures de loisir,
il le façonne, avec le savoir-faire des instants de détente ;
il lui donne une figure humaine,
14 ou bien il le fait semblable à quelque vil animal,
le recouvre de vermillon, en rougit la surface à la sanguine,
recouvre d’un enduit toutes ses taches.
15 Puis il lui fait une niche qui lui convienne,
le place dans un mur et l’assure avec du fer.
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