Mieux vaut un morceau de pain sec dans la paix, peu de biens avec une conscience pure, que le luxe acquis par l'impiété. Tôt ou tard, une telle richesse s'effondrera ; mais même si la ruine est encore lointaine, il est impossible de jouir pleinement des fruits d'une telle prospérité lorsque l'on vit dans une inquiétude constante et que l'on se sent entouré d'ennemis et d'envieux.
Se moquer du pauvre est une fois encore assimilé au blasphème. Il est impossible de séparer le domaine spirituel du domaine social, ni de traiter les problèmes sociaux comme terrestres et méprisables. Certaines personnes « pieuses » considèrent les œuvres de miséricorde et de charité comme peu importantes en comparaison de l'approfondissement de la prière. Mais une prière qui se détourne des actes sera-t-elle entendue ?
Les paroles selon lesquelles celui qui couvre une faute recherche l'amour pourraient, si on le voulait, être interprétées comme un conseil de complaisance envers le mal ; mais ici encore, il faut mettre ces paroles en rapport avec d'autres passages de l'Écriture. L'apôtre dira la même chose en remarquant que l'amour « excuse tout » (1 Co 13,7). Il ne s'agit pas de dissimuler le mal, mais de pardonner, de ne pas laisser le souvenir des péchés et des offenses passés pétrifier notre cœur ni nous rendre semblables à la femme de Lot, tournée vers le passé et changée pour cela en colonne de sel.
