Les scribes et les pharisiens proposent au Christ d'accomplir un signe, mais beaucoup dans le peuple se seraient sans doute joints à une telle demande. Il semble que la foule sache non seulement d'avance ce que devrait être ce signe, mais qu'elle voudrait aussi dicter les conditions de son accomplissement. En refusant de donner à la foule de voir ce qu'elle est capable d'imaginer et qu'elle est prête d'avance à interpréter selon son propre entendement, le Christ donne un autre signe: sa Résurrection. Beaucoup d'hommes la rejetteront, mais elle deviendra tout de même un signe pour le monde entier, absolument inattendu et ne rentrant pas dans la conscience, mais saisi par la foi. Les signes en eux-mêmes peuvent ne pas conduire à la foi, mais la foi donne de voir le sens des signes.
Les paroles sur ce qui peut se produire après l'expulsion d'un esprit impur ne concernent pas seulement ceux qui chassent les démons de manière « non qualifiée ». Nous voyons ici un avertissement sur les difficultés qui se dressent sur les chemins de la vie spirituelle, sur son sérieux et sur la responsabilité de garder ce qui a été acquis. Car nous risquons de livrer la chambre balayée à sept esprits impurs plus mauvais chaque fois que nous revenons volontairement à des inclinations pécheresses habituelles, apparemment déjà rejetées. Et ce n'est guère un hasard si ces paroles voisinent avec l'avertissement sur l'inadmissibilité du blasphème contre le Saint-Esprit. Oui, le Seigneur est miséricordieux. Mais est-il possible d'accueillir la miséricorde en se détournant de Celui qui la donne?
