Le prophète Jérémie dialogue avec Dieu. Parfois il parle en son propre nom, parfois au nom du peuple d'Israël. Et Dieu répond, à Jérémie et au peuple. Plus exactement: Dieu appelle le prophète et lui parle, s'adressant tantôt à lui personnellement, tantôt, par lui, au peuple.
Et voici ce que Jérémie apporte à Dieu au nom du peuple: le repentir, un vrai repentir, dans lequel, outre la conscience de son péché, il y a un appel à Dieu comme à Celui qui peut faire quelque chose pour redresser la situation. Notons qu'il n'y a ici pas la moindre tentative de se justifier ni de chercher des causes à son iniquité: seulement le constat et l'espérance en Dieu, l'espérance qu'il fera quelque chose pour nous « à cause de son Nom », non pas pour nos mérites et nos dignités passés, mais uniquement selon son essence intérieure.
Eh bien, tout cela, en ce qui concerne le repentir, convient parfaitement aussi à notre temps. Mais il reste deux questions sur lesquelles il paraît utile de réfléchir: quel droit Jérémie a-t-il d'apporter le repentir au nom d'un peuple entier? Et encore: que faire si l'on voit l'apostasie et les iniquités du peuple, mais qu'il n'y a pas de repentir du peuple?
