13 Yahvé me dit: Jette-le au fondeur, ce prix splendide auquel ils m'ont apprécié! Je pris donc les trente sicles d'argent et les jetai à la Maison de Yahvé, pour le fondeur.
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Trente sicles d’argent sont devenus le symbole de la trahison, la trahison la plus terrible dans l'histoire de l'humanité — la trahison du Messie par Judas, qui fut Son disciple. Et le sermon prophétique, comme cela arrive parfois, est devenu une prophétie dans tout le sens du mot, la prédiction de ce qui s'est passé aux jours du service terrestre du Sauveur. Bien sûr, la mission du prophète n’est pas de prédire le futur.
Le prophète n’est pas un prédicateur, il est témoin de Dieu, celui qui peut porter jusqu'à ses contemporains (si, bien sûr, ces derniers voudront l’écouter) ce que Dieu pense d’eux, de leurs affaires et comportements. Mais il y a des situations dans l’histoire, que l’historien de la culture aurait probablement appelés archétype, les situations où la forme n’est pas moins symbolique, que le sens lui-même. Et une de telles situations est le paiement pour la trahison. Et alors les situations peuvent parfois presque se répéter, comme on dit, un à un.
Zacharie fait tout juste remarquer l’une de ces situations, l’un de ces moments, où la forme et le sens fusionnent presque inséparablement: l'argent jeté avec mépris, tombant dans la caisse du Temple comme compensation, comme le paiement à Dieu «pour l'inquiétude». L'union-alliance est rompue, Dieu prend Son paiement, comme on prend une pénalité, en disant : si vous appréciez Mes travaux d’une façon quelconque, payez.
Et on Lui paie, paie le prix, dû à un artisan pas trop cher : pas tout à fait sans intérêt, mais avec un intérêt indigne non seulement pour Dieu, mais aussi pour l’homme, dont le travail est en effet évalué haut. Et puis il suffit de mener cette logique à bon terme pour recevoir le prix de la trahison. Car, se débarrasser de Dieu — signifie se détourner de Lui, se débarrasser du Messie — signifie Le tuer. Ceux qui ont apprécié Dieu au prix d’un fondeur, n’apprécieront pas aussi le Messie plus haut.
Autres réflexions
Pour Za 11:1-17
1 Ouvre tes portes, Liban, et que le feu dévore tes cèdres!
2 Gémis, genévrier, car le cèdre est tombé, car les majestueux sont ravagés. Gémissez, chênes de Bashân, car elle est abattue la forêt inaccessible.
3 On entend le gémissement des pasteurs car leur majesté est ravagée. On entend les rugissements des lionceaux car l'orgueil du Jourdain est ravagé.
4 Ainsi parle Yahvé mon Dieu: Fais paître les brebis d'abattoir,
5 celles que leurs acheteurs abattent sans être châtiés, dont leurs vendeurs disent: Béni soit Yahvé, me voilà riche, et que les pasteurs n'épargnent point.
6 Car je n'épargnerai plus les habitants du pays - oracle de Yahvé! - Mais voici que moi, je vais livrer les hommes chacun aux mains de son prochain, aux mains de son roi. Ils écraseront le pays et je ne les délivrerai pas de leurs mains.
7 Alors je fis paître les brebis d'abattoir qui appartiennent aux marchands de brebis. Je pris pour moi deux bâtons, j'appelai l'un Faveur et l'autre Liens et je fis paître les brebis.
8 Je fis disparaître les trois pasteurs en un seul mois. Mais je perdis patience avec eux, et quant à eux, ils furent avares envers moi.
9 Alors je dis : Je ne vous ferai plus paître. Que celle qui doit mourir meure; que celle qui doit disparaître disparaisse, et que celles qui restent s'entre-dévorent.
10 Puis je pris mon bâton Faveur et le mis en morceaux pour rompre mon alliance, celle que j'avais conclue avec tous les peuples.
11 Elle fut donc rompue en ce jour-là, et les marchands de brebis qui m'observaient surent que c'était là une parole de Yahvé.
12 Je leur dis alors : Si cela vous semble bon, donnez-moi mon salaire, sinon n'en faites rien. Ils pesèrent mon salaire : trente sicles d'argent.
13 Yahvé me dit: Jette-le au fondeur, ce prix splendide auquel ils m'ont apprécié! Je pris donc les trente sicles d'argent et les jetai à la Maison de Yahvé, pour le fondeur.
14 Puis je mis en morceaux mon deuxième bâton Liens, pour rompre la fraternité entre Juda et Israël.
15 Yahvé me dit alors: Prends encore l'équipement d'un pasteur insensé,
16 car voici que moi je vais susciter un pasteur dans le pays; celle qui a disparu, il n'en aura cure, celle qui chevrote, il ne la recherchera pas, celle qui est blessée, il ne la soignera pas, celle qui est enflée, il ne la soutiendra pas; mais il dévorera
17 Malheur au pasteur inexistant qui délaisse son troupeau! Que l'épée s'attaque à son bras et à son œil droit! Que son bras soit tout desséché, que son œil droit soit aveuglé!
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Cette partie de la prophétie peut nous plonger dans le pessimisme, car il nous est donné, et dans une très faible mesure seulement, d’entrevoir...
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Cette partie de la prophétie peut nous plonger dans le pessimisme, car il nous est donné, et dans une très faible mesure seulement, d’entrevoir à quel point les ténèbres peuvent devenir impénétrables si l’Alliance du Seigneur avec les hommes s’effondre. Faut-il comprendre les paroles de la prophétie comme la prédiction exacte d’une situation qui surviendra fatalement et inévitablement ? Ou bien faut-il voir dans les paroles de Zacharie un avertissement adressé aux hommes : vous vous détournez sans cesse de l’Alliance avec le Seigneur, vous en rejetez les conditions, vous revenez invariablement aux mêmes péchés habituels ; regardez donc ce que deviendra le monde si cette Alliance qui vous gêne tant est rompue, goûtez ce que sera la vie après que vous aurez définitivement rejeté le Seigneur.
Un troupeau qui rejette le bon Pasteur tombera inévitablement entre les mains d’un mauvais berger qui le détruira avant de périr lui-même. Cela s’est déjà produit bien des fois, mais les siècles passent et l’amère expérience n’apprend rien à personne.
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