11 Je vis ensuite surgir de la terre une autre Bête; elle avait deux cornes comme un agneau, mais parlait comme un dragon.
12 Au service de la première Bête, elle en établit partout le pouvoir, amenant la terre et ses habitants à adorer cette première Bête dont la plaie mortelle fut guérie.
13 Elle accomplit des prodiges étonnants: jusqu'à faire descendre, aux yeux de tous, le feu du ciel sur la terre;
14 et, par les prodiges qu'il lui a été donné d'accomplir au service de la Bête, elle fourvoie les habitants de la terre, leur disant de dresser une image en l'honneur de cette Bête qui, frappée du glaive, a repris vie.
15 On lui donna même d'animer l'image de la Bête pour la faire parler, et de faire en sorte que fussent mis à mort tous ceux qui n'adoreraient pas l'image de la Bête.
16 Par ses manœuvres, tous, petits et grands, riches ou pauvres, libres et esclaves, se feront marquer sur la main droite ou sur le front,
17 et nul ne pourra rien acheter ni vendre s'il n'est marqué au nom de la Bête ou au chiffre de son nom.
18 C'est ici qu'il faut de la finesse ! Que l'homme doué d'esprit calcule le chiffre de la Bête, c'est un chiffre d'homme : son chiffre, c'est 666
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Le faux prophète mentionné dans ce texte était, semble-t-il, un personnage historique réel. Mais l’apôtre emploie dans sa description des termes et des signes propres à de tels hommes à toutes les époques. On y trouve l’accomplissement de miracles pour convaincre ceux qui ont besoin de preuves visibles de puissance, la tentative de trouver dans le passé un précurseur ou une figure qui confirmerait la légitimité des prétentions au ministère prophétique, et le signe commun qui distingue tous ceux qui ont livré leur âme à l’antichrist. Il importe désormais peu de savoir de quel nom précis appeler le faux prophète ; depuis lors, chaque époque et chaque peuple en ont connu beaucoup. Mais le Seigneur nous apprend à reconnaître ce qui ne peut venir de Lui.
Autres réflexions
Pour Ap 13:11-18
11 Je vis ensuite surgir de la terre une autre Bête; elle avait deux cornes comme un agneau, mais parlait comme un dragon.
12 Au service de la première Bête, elle en établit partout le pouvoir, amenant la terre et ses habitants à adorer cette première Bête dont la plaie mortelle fut guérie.
13 Elle accomplit des prodiges étonnants: jusqu'à faire descendre, aux yeux de tous, le feu du ciel sur la terre;
14 et, par les prodiges qu'il lui a été donné d'accomplir au service de la Bête, elle fourvoie les habitants de la terre, leur disant de dresser une image en l'honneur de cette Bête qui, frappée du glaive, a repris vie.
15 On lui donna même d'animer l'image de la Bête pour la faire parler, et de faire en sorte que fussent mis à mort tous ceux qui n'adoreraient pas l'image de la Bête.
16 Par ses manœuvres, tous, petits et grands, riches ou pauvres, libres et esclaves, se feront marquer sur la main droite ou sur le front,
17 et nul ne pourra rien acheter ni vendre s'il n'est marqué au nom de la Bête ou au chiffre de son nom.
18 C'est ici qu'il faut de la finesse ! Que l'homme doué d'esprit calcule le chiffre de la Bête, c'est un chiffre d'homme : son chiffre, c'est 666
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Aucune guerre, même la plus longue, ne peut durer éternellement; tôt ou tard, toute guerre se termine par la paix...
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Aucune guerre, même la plus longue, ne peut durer éternellement; tôt ou tard, toute guerre se termine par la paix. Mais, comme on le voit, la paix proposée par le diable n'est guère meilleure que la guerre qu'il a lui-même imposée. Ce n'est pas un hasard si les temps de paix, dans la vision de Jean, sont aussi symbolisés par une «bête», mais qui ne sort plus de la mer, elle sort de la terre (v. 11). Et si l'eau, dans les mythologies de l'immense majorité des peuples du Proche-Orient, était le symbole du chaos opposé aux puissances supérieures, la terre s'associait d'abord aux cultes de la fécondité, de la procréation et de la richesse matérielle. Tout cela, bien sûr, est peu compatible avec une guerre sans fin. Mais les biens terrestres, en eux-mêmes, ne rapprochent personne du Royaume, comme on le sait. Or la «bête qui monte de la terre» les proclame précisément comme valeur suprême.
Ce n'est pas un hasard si son symbole devient le nombre 666. Il ne s'agit pas ici de numérologie: Jean dit directement à son sujet que c'est un nombre «d'homme», qui n'a rien à voir avec une quelconque mystique (v. 18). Dans la Bible, il n'apparaît qu'une fois: à propos de Salomon, il est dit que le budget annuel de son pays s'élevait à la somme de 666 sicles d'or (1 R 10:14; 2 Ch 9:13). Comme on le voit, il faut chercher le mystère du nombre 666 non dans le domaine mystico-symbolique, mais dans le domaine socio-économique.
Et il est facile d'en trouver la preuve dans le Livre de l'Apocalypse lui-même: le pouvoir de la «bête qui monte de la terre», comme on le voit, repose sur l'économie et le commerce; c'est cela qui lui donne pouvoir sur quiconque ne veut pas se retrouver hors de la société, privé de la possibilité de participer à la vie économique (v. 16-17). Il ne s'agit pas ici de technologies concrètes, mais de la société comme telle, de sa structure et de son organisation, totalitaire sinon dans la forme, du moins dans son essence.
Bien sûr, ce totalitarisme ne doit pas nécessairement effrayer les gens par un rictus bestial; il peut très bien avoir non seulement un «visage humain», mais même porter un masque rappelant quelque chose de «chrétien»: ce n'est pas par hasard que les cornes de la «bête qui monte de la terre» rappellent les cornes de «l'agneau», c'est-à-dire du Christ. Pourtant, sa proclamation n'en devient pas chrétienne: elle ne parle pas comme «l'agneau», mais comme «le dragon» (v. 11). Et elle n'appelle pas à adorer le Christ, mais la «bête qui monte de la mer» (v. 12-14). Plus encore: elle oriente et organise la vie de la société de telle manière que celle-ci se débarrasse elle-même de quiconque refuse l'adoration imposée à chacun (v. 15).
Nous avons devant nous, semble-t-il, l'époque du «cavalier noir» avec la balance à la main (Ap 6:5-6), l'époque où l'économie passe au premier plan, où l'on obtient par des moyens pacifiques, par l'expansion économique, ce que l'on obtenait auparavant par la force des armes. Pourtant, comme on le voit, elle n'en devient pas plus humaine: au diktat ouvert et à la violence succède un diktat caché, «doux», exercé sous les slogans de «l'humanisme», du «bien de l'homme» et de la «prospérité universelle». Mais le Royaume et ses témoins gênent manifestement ces «humanistes» tout autant que les partisans de la violence directe et ouverte. Ce n'est pas étonnant: car celui qui se tient derrière les deux «bêtes» se moque du masque derrière lequel il se cache; il lui importe seulement que l'on n'adore pas Dieu ni Celui qu'Il a envoyé pour sauver le monde. Toute autre adoration, comme on le voit, il la détourne facilement vers lui et la tourne à son profit. Et seuls ceux qui auront échappé aux «pièges» dressés par les deux bêtes entreront dans le Royaume qu'ils cherchent.
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