6 Alors je vis, debout entre le trône aux quatre Vivants et les Vieillards, un Agneau, comme égorgé, portant sept cornes et sept yeux, qui sont les sept Esprits de Dieu en mission par toute la terre. |
7 Il s'en vint prendre le livre dans la main droite de Celui qui siège sur le trône. |
L'action qui se déploie près du Trône de gloire a un sens tout à fait précis, exprimé dans les symboles de la vision ouverte à Jean. Le Trône de gloire lui-même symbolise le centre spirituel du Royaume, et donc le centre spirituel du monde, car le monde avait été conçu par Dieu dès l'origine comme Son Royaume. L'Agneau «comme immolé» symbolise clairement dans cette image le Christ Lui-même, qui s'approche du Trône de gloire comme Il s'en approche dans les visions d'un autre apocalypticien, l'auteur du Livre de Daniel. Comme dans le Livre de Daniel, les cornes symbolisent ici la puissance, et les yeux la vision et la connaissance. Ces deux images, dans ce sens précis, plongent leurs racines profondément dans la tradition yahviste, et pas seulement prophétique. Le nombre sept, dans la Bible, a toujours été symbole de plénitude, cette plénitude de la création propre au monde non abîmé par la chute.
Ce n'est pas un hasard si l'Agneau a sept yeux et sept cornes: Sa puissance et Sa connaissance embrassent la création dans toute sa plénitude, dans la plénitude où Dieu l'avait pensée. Quant au rouleau, la «livre» de la traduction synodale, cette image est riche de sens. À l'époque de l'exil et d'après l'exil, elle s'associait d'abord au rouleau synagogal de la Torah, considéré dans chaque synagogue comme le principal sanctuaire. D'autre part, depuis Ézéchiel et ses visions, le rouleau devient aussi symbole de la révélation prophétique que le prophète reçoit et assimile en avalant le rouleau.
Les deux images mentionnées sont liées entre elles: la Torah était à la fois texte et révélation vivante, du moins pour ceux qui ne se limitaient pas à un suivi formel de la Torah, mais entraient sur le chemin de la Torah intérieure. De plus, on considérait que tous les destins de la création étaient contenus dans la Torah, et que son texte les reflète et les exprime symboliquement. Dans un tel contexte, le rouleau scellé signifie que le sens authentique de la Torah, comme révélation et comme chemin spirituel, est caché à l'homme. Seul l'Agneau-Christ peut le révéler et en ouvrir les sceaux.
Près du Trône retentit un «chant nouveau», ou «chant du renouvellement»: historiquement, de tels hymnes étaient liés à la célébration du jour de Yahvé ou jour du Seigneur, fête particulière sans doute liée à la consécration du Temple de Salomon. C'était une fête de théophanie et de renouvellement spirituel du peuple. Ici, il s'agit d'un renouvellement spirituel qui n'a jamais eu d'égal, renouvellement par lequel commence une nouvelle époque dans l'histoire de l'humanité, époque où tout ce que Dieu a conçu s'accomplira et où le monde redeviendra Son Royaume, en plénitude et jusqu'au bout.
1 Et je vis dans la main droite de Celui qui siège sur le trône un livre roulé, écrit au recto et au verso, et scellé de sept sceaux. |
2 Et je vis un Ange puissant proclamant à pleine voix : " Qui est digne d'ouvrir le livre et d'en briser les sceaux ? " |
3 Mais nul n'était capable, ni dans le ciel, ni sur la terre, ni sous la terre, d'ouvrir le livre et de le lire. |
4 Et je pleurais fort de ce que nul ne s'était trouvé digne d'ouvrir le livre et de le lire. |
5 L'un des Vieillards me dit alors : " Ne pleure pas. Voici : il a remporté la victoire, le Lion de la tribu de Juda, le Rejeton de David ; il ouvrira donc le livre aux sept sceaux. " |
6 Alors je vis, debout entre le trône aux quatre Vivants et les Vieillards, un Agneau, comme égorgé, portant sept cornes et sept yeux, qui sont les sept Esprits de Dieu en mission par toute la terre. |
7 Il s'en vint prendre le livre dans la main droite de Celui qui siège sur le trône. |
8 Quand il l'eut pris, les quatre Vivants et les vingt-quatre Vieillards se prosternèrent devant l'Agneau, tenant chacun une harpe et des coupes d'or pleines de parfums, les prières des saints; |
9 ils chantaient un cantique nouveau : " Tu es digne de prendre le livre et d'en ouvrir les sceaux, car tu fus égorgé et tu rachetas pour Dieu, au prix de ton sang, des hommes de toute race, langue, peuple et nation ; |
10 tu as fait d'eux pour notre Dieu une Royauté de Prêtres régnant sur la terre. " |
11 Et ma vision se poursuivit. J'entendis la voix d'une multitude d'Anges rassemblés autour du trône, des Vivants et des Vieillards - ils se comptaient par myriades de myriades et par milliers de milliers! - |
12 et criant à pleine voix : " Digne est l'Agneau égorgé de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l'honneur, la gloire et la louange. " |
13 Et toute créature, dans le ciel, et sur la terre, et sous la terre, et sur la mer, l'univers entier, je l'entendis s'écrier : " A Celui qui siège sur le trône, ainsi qu'à l'Agneau, la louange, l'honneur, la gloire et la puissance dans les siècles des siècles ! " |
14 Et les quatre Vivants disaient : " Amen ! " ; et les Vieillards se prosternèrent pour adorer. |
Le livre qui renferme l'histoire de l'univers, dans lequel on peut voir ce qui se déroule hors du temps et de l'espace, est inaccessible à l'homme. Personne ne peut le lire. Personne ne peut pénétrer l'avenir, bien que tout homme aspire à cette connaissance. L'apôtre écrit qu'il pleurait parce que personne parmi les hommes n'avait été trouvé capable d'ouvrir le livre. L'apparition de l'Agneau répond à ses larmes. Jean-Baptiste fut le premier à donner ce nom au Christ, et maintenant nous voyons la dignité surhumaine du Christ. Ayant assumé la nature humaine, Il S'est volontairement privé de presque toutes les prérogatives de la divinité : Il avait besoin de repos, de sommeil et de nourriture ; Il a souffert et Il est mort. Ayant vaincu la mort, Lui seul entre tous peut ouvrir ce livre.
1 Et je vis dans la main droite de Celui qui siège sur le trône un livre roulé, écrit au recto et au verso, et scellé de sept sceaux. |
2 Et je vis un Ange puissant proclamant à pleine voix : " Qui est digne d'ouvrir le livre et d'en briser les sceaux ? " |
3 Mais nul n'était capable, ni dans le ciel, ni sur la terre, ni sous la terre, d'ouvrir le livre et de le lire. |
4 Et je pleurais fort de ce que nul ne s'était trouvé digne d'ouvrir le livre et de le lire. |
5 L'un des Vieillards me dit alors : " Ne pleure pas. Voici : il a remporté la victoire, le Lion de la tribu de Juda, le Rejeton de David ; il ouvrira donc le livre aux sept sceaux. " |
6 Alors je vis, debout entre le trône aux quatre Vivants et les Vieillards, un Agneau, comme égorgé, portant sept cornes et sept yeux, qui sont les sept Esprits de Dieu en mission par toute la terre. |
7 Il s'en vint prendre le livre dans la main droite de Celui qui siège sur le trône. |
8 Quand il l'eut pris, les quatre Vivants et les vingt-quatre Vieillards se prosternèrent devant l'Agneau, tenant chacun une harpe et des coupes d'or pleines de parfums, les prières des saints; |
9 ils chantaient un cantique nouveau : " Tu es digne de prendre le livre et d'en ouvrir les sceaux, car tu fus égorgé et tu rachetas pour Dieu, au prix de ton sang, des hommes de toute race, langue, peuple et nation ; |
10 tu as fait d'eux pour notre Dieu une Royauté de Prêtres régnant sur la terre. " |
11 Et ma vision se poursuivit. J'entendis la voix d'une multitude d'Anges rassemblés autour du trône, des Vivants et des Vieillards - ils se comptaient par myriades de myriades et par milliers de milliers! - |
12 et criant à pleine voix : " Digne est l'Agneau égorgé de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l'honneur, la gloire et la louange. " |
13 Et toute créature, dans le ciel, et sur la terre, et sous la terre, et sur la mer, l'univers entier, je l'entendis s'écrier : " A Celui qui siège sur le trône, ainsi qu'à l'Agneau, la louange, l'honneur, la gloire et la puissance dans les siècles des siècles ! " |
14 Et les quatre Vivants disaient : " Amen ! " ; et les Vieillards se prosternèrent pour adorer. |
Dans les visions du Trône de gloire, il existe souvent une certaine dynamique liée à la réalisation d'un plan de Dieu concernant une personne particulière ou tout un peuple, comme ce fut le cas, par exemple, pour Isaïe de Jérusalem, pour qui une telle vision devint un appel au service prophétique (Is 6:6-8). À Jean, auprès du Trône de gloire, s'ouvre le plan divin du salut qui concerne toute l'humanité. Il voit un rouleau écrit des deux côtés et scellé de sept sceaux («un livre»), que personne ne peut ni desceller ni lire, fait qui attriste beaucoup l'apôtre (v. 1-4).
Dans le contexte de la tradition prophétique, le rouleau symbolise d'ordinaire la révélation donnée par Dieu, que le prophète doit accueillir en avalant le rouleau (Ez 2:8-3:3). Le nombre sept, associé au chandelier sacré à sept branches, symbolise dans le livre de l'Apocalypse la plénitude de la sanctification du monde et de l'homme; manifestement, les sept sceaux dont le rouleau est scellé doivent alors symboliser la plénitude de la révélation correspondant à une telle plénitude de sanctification, c'est-à-dire la plénitude du Royaume. Rien d'étonnant à ce que personne ne soit capable d'accueillir cette plénitude, sinon le Sauveur Lui-même, qui s'ouvre à Jean sous la forme d'un agneau immolé avec sept yeux et sept cornes, symbolisant l'omniscience et la toute-puissance reçues de Dieu (v. 6-8).
L'image du Messie s'approchant du Trône de gloire peut être considérée comme traditionnelle pour les livres apocalyptiques (Dn 7:13-14). Mais dans l'Apocalypse de Jean, dans le contexte de la symbolique cultuelle traditionnelle liée à la Tente et au Temple, cette image prend l'aspect d'un agneau offert en sacrifice. Manifestement, Dieu attire ainsi l'attention de Son serviteur sur ce côté du ministère du Christ qui est lié à la purification du monde et à sa sanctification, inconcevable sans une telle purification, sans la libération du monde du pouvoir du péché et de ses conséquences. On pourrait appeler sacerdotal ce côté du ministère du Sauveur; c'est en ce sens qu'on L'appelait Grand Prêtre et Rédempteur, Celui qui libère du pouvoir du péché, dont nul autre que Lui ne peut libérer. Et le chant du renouvellement («le chant nouveau») que chantent ceux qui se tiennent auprès du Trône confirme le sens de ce qui se produit (v. 9-14).
Ainsi, auprès du Trône de gloire, le dessein principal de Dieu s'ouvre à Jean: la purification et la sanctification du monde par sa participation au Royaume que le Messie envoyé par Lui apportera dans le monde.
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