40 Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé, |
41 qui le suivaient et le servaient lorsqu'il était en Galilée ; beaucoup d'autres encore qui étaient montées avec lui à Jérusalem. |
42 Déjà le soir était venu et comme c'était la Préparation, c'est-à-dire la veille du sabbat, |
43 Joseph d'Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s'en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus. |
44 Pilate s'étonna qu'il fût déjà mort et, ayant fait appeler le centurion, il lui demanda s'il était mort depuis longtemps. |
45 Informé par le centurion, il octroya le corps à Joseph. |
46 Celui-ci, ayant acheté un linceul, descendit Jésus, l'enveloppa dans le linceul et le déposa dans une tombe qui avait été taillée dans le roc; puis il roula une pierre à l'entrée du tombeau. |
47 Or, Marie de Magdala et Marie, mère de Joset, regardaient où on l'avait mis. |
À l'heure des souffrances, se trouvèrent tout près ceux qui, d'ordinaire, ne manifestaient pas une activité particulière et ne se mettaient pas en vue. Ce sont les femmes silencieuses qui servaient le Christ et les apôtres de leurs biens, c'est Joseph d'Arimathie, qui avait longtemps caché son statut de disciple, mais qui rejeta alors la prudence. Joseph, qui n'eut pas peur d'aller demander à Pilate le Corps du Condamné, eut aussi ce jour-là l'occasion de servir Jésus avec ses biens : un morceau de tissu et un tombeau. Mais avant tout, tous ceux qui ensevelirent le Seigneur Le servirent par leur fidélité et leur fermeté inattendue.
Dans les moments décisifs, quand les questions de vie et de mort se posent avec acuité, la foi se prouve non par des théories, et les débats problématiques passent au second plan. Ce qui devient principal, ce sont les actes simples, remplis d'un courage discret et d'un amour sans paroles.
42 Déjà le soir était venu et comme c'était la Préparation, c'est-à-dire la veille du sabbat, |
43 Joseph d'Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s'en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus. |
Parfois, des personnes restées longtemps inaperçues se retrouvent soudain au centre des événements. C’est ainsi que paraît soudain sur la scène, par exemple, Joseph d’Arimathie, mentionné par l’évangéliste. On ne sait presque rien de lui, sinon qu’il était un homme de très haut rang. Que représentait Jésus pour lui ? Quelles étaient ses relations avec Lui ? Sans doute un disciple secret, comme les autres évangélistes le disent aussi de lui ; mais que signifiait être Son disciple secret ? Soutenir dans une situation où aucun des disciples visibles ne peut rien faire, utiliser sa position pour que l’impossible devienne possible ? Oui, bien sûr, cela aussi. Mais l’essentiel, c’est la disponibilité.
Être un disciple visible est, en un certain sens, plus simple. Jésus dit bien sûr à tous les disciples et à tous ceux qui veulent l’entendre qu’il faut veiller toujours, que le relâchement spirituel et le chemin vers le Royaume sont incompatibles. Pourtant, ceux qui sont constamment auprès de Lui ont, en un certain sens, plus de facilité. Ils voient le Maître de leurs propres yeux ; pour eux, Il est réel absolument à chaque instant de leur vie. Les disciples secrets communiquaient sans doute avec Lui beaucoup moins souvent ; Il apparaissait pour eux et disparaissait, et l’on ne pouvait jamais dire avec certitude quand Il apparaîtrait la prochaine fois.
Les apôtres ont vécu quelque chose de semblable pendant la Cène, lorsqu’ils ont compris que Jésus allait les laisser pour un temps. Ils ne savaient pas où Il se préparait à aller, ils ne comprenaient pas vraiment le Maître et ne pouvaient pas imaginer ce qu’ils allaient vivre très bientôt ; mais ils comprenaient qu’en tout cas, maintenant, ils resteraient pour quelque temps (et pour un temps tout à fait indéterminé) seuls : ils ne verraient pas le Maître, n’entendraient pas Sa voix, ne sauraient pas où Il est ni ce qu’Il fait, et ne sauraient pas ce qu’Il exigerait d’eux à Son retour.
Cette situation rappelle beaucoup celle de tout chrétien aujourd’hui. Nous vivons à l’époque du Royaume qui vient, mais quand elle s’achèvera, nul ne le sait, sauf le Père. Nous ne pouvons ici calculer aucun délai, même approximativement ; il ne nous reste qu’à vivre avec la conscience que, n’importe quel jour, tout peut s’achever et le Sauveur peut revenir.
On ne peut pas se préparer à ce jour au sens où nous nous préparons à tel ou tel événement de notre monde. Les événements de notre monde, nous pouvons d’ordinaire nous les représenter au moins d’une certaine façon ; nous pouvons, au moins, essayer de réfléchir et de calculer ce dont nous pourrions avoir besoin (que ce calcul se révèle heureux et adéquat est une autre question).
Quant au Royaume et au retour du Messie, nous ne pouvons ici ni nous représenter quoi que ce soit ni calculer quoi que ce soit. Il ne reste que la disponibilité comme état spirituel intérieur, impliquant cette même vigueur spirituelle dont Jésus parlait comme d’une nécessité et que Ses disciples secrets devaient constamment maintenir : dans l’attente de l’apparition inattendue du Maître et avec la disposition intérieure à faire ce qu’il est absolument impossible de se représenter à l’avance.
43 Joseph d'Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s'en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus. |
Aujourd'hui nous lisons dans l'Évangile l'une des manifestations de la véritable grandeur humaine. La fidélité et l'amour qui animaient Joseph d'Arimathie sont vraiment dignes de toute louange et d'imitation. Lorsque toute espérance avait cessé, lorsque Jésus mourut sur la Croix et que tout était fini, c'est précisément à ce moment-là qu'il resta des hommes qui Lui étaient fidèles.
Demeurer près du Dieu crucifié n'est pas facile. Il est encore plus difficile de pleurer Sa mort. Qu'ont vécu, à quoi ont pensé Joseph d'Arimathie, Nicodème, Marie Madeleine, le Grand Samedi, lorsque le Seigneur demeurait corporellement au tombeau ? Et comment Joseph s'est-il résolu à entrer chez Pilate pour demander le Corps du Christ, méprisant les lois de l'impureté rituelle (ce matin-là, les grands prêtres n'entrèrent pas chez le païen Pilate), méprisant aussi le danger d'être accusé de complicité dans l'affaire du Condamné ? Ils traversent jusqu'au bout l'horreur du vendredi et du samedi et demeurent avec Celui qui a péri et avec Sa Mère. Être avec Dieu jusqu'au bout, partout où Il va. Et lorsqu'Il descend aux enfers, là où les hommes ne peuvent pas aller avec Lui, ils pleurent et L'attendent sur la terre.
Et cette attente ne demeure pas vaine.
33 Quand il fut la sixième heure, l'obscurité se fit sur la terre entière jusqu'à la neuvième heure. |
34 Et à la neuvième heure Jésus clama en un grand cri : " Élôï, Élôï, lema sabachthani ", ce qui se traduit : " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? " |
35 Certains des assistants disaient en l'entendant : " Voilà qu'il appelle Élie ! " |
36 Quelqu'un courut tremper une éponge dans du vinaigre et, l'ayant mise au bout d'un roseau, il lui donnait à boire en disant : " Laissez ! que nous voyions si Élie va venir le descendre ! " |
37 Or Jésus, jetant un grand cri, expira. |
38 Et le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas. |
39 Voyant qu'il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s'écria : " Vraiment cet homme était fils de Dieu ! " |
40 Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé, |
41 qui le suivaient et le servaient lorsqu'il était en Galilée ; beaucoup d'autres encore qui étaient montées avec lui à Jérusalem. |
Lorsque les pharisiens exigèrent que le Christ fasse taire le peuple qui criait à Son entrée à Jérusalem : « Hosanna au Fils de David », le Seigneur leur répondit : « s’ils se taisent, les pierres crieront ». Aujourd’hui, peu avant le début du Grand Carême, nous lisons le récit de ce jour décisif de l’histoire où les voix humaines se turent et où les pierres crièrent. Les ténèbres qui couvrirent toute la terre de la sixième à la neuvième heure et le tremblement de terre nous révèlent que ce qui s’accomplit au Golgotha concerne toute la création. Le voile déchiré dans le Temple devient le signe de l’abaissement sans limites de Dieu pour nous. Pendant tout le temps qui suivra, nous nous préparerons à revivre cet événement dans notre cœur.
Nous avons l’habitude de penser que Pâques est une fête joyeuse, faite de gâteaux pascals et de cadeaux. Cela est vrai, bien sûr. Mais l’Église ancienne appelait fête de la Pâque précisément le jour de la Crucifixion, et la Résurrection était célébrée avec elle le même jour. La forme même de cette célébration était le jeûne, un recueillement dans la prière au jour de la mort de Jésus Christ. À l’origine, ce jeûne durait un ou deux jours, et ce n’est qu’à partir de l’an 330 que le jeûne de quarante jours entra dans les usages. Ainsi, d’une manière générale, le Grand Carême n’est pas tant une préparation à la célébration de Pâques. Il est plutôt lui-même la célébration de l’événement central de notre vie : la mort et la résurrection de Jésus Christ.
33 Quand il fut la sixième heure, l'obscurité se fit sur la terre entière jusqu'à la neuvième heure. |
34 Et à la neuvième heure Jésus clama en un grand cri : " Élôï, Élôï, lema sabachthani ", ce qui se traduit : " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? " |
35 Certains des assistants disaient en l'entendant : " Voilà qu'il appelle Élie ! " |
36 Quelqu'un courut tremper une éponge dans du vinaigre et, l'ayant mise au bout d'un roseau, il lui donnait à boire en disant : " Laissez ! que nous voyions si Élie va venir le descendre ! " |
37 Or Jésus, jetant un grand cri, expira. |
38 Et le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas. |
39 Voyant qu'il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s'écria : " Vraiment cet homme était fils de Dieu ! " |
40 Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé, |
41 qui le suivaient et le servaient lorsqu'il était en Galilée ; beaucoup d'autres encore qui étaient montées avec lui à Jérusalem. |
Aujourd'hui nous nous tenons devant notre Seigneur déchiré, et, comme une tragique résonance de tout ce qui se déroule, les heures sonnent la troisième, la sixième et la neuvième heure. Avez-vous remarqué comme parfois les heures sonnent douloureusement, quand nous attendons quelqu'un ? Même lorsque nous n'attendons déjà plus, mais que nous restons simplement assis, pétrifiés, comme hors de ce monde, soudain les heures peuvent sonner avec tant de gravité, d'effroi, mais aussi de sobriété. Et il est si remarquable que nous ayons ces prières des Heures. Tournons-nous maintenant vers elles. Et essayons de revivre encore une fois la troisième, la sixième, la neuvième...
Mais voilà que la troisième heure, en réalité, parle d'autre chose : elle parle de la Pentecôte, et non du clouage à la croix. « Seigneur, toi qui, à la troisième heure, as envoyé ton très saint Esprit à tes apôtres, ne nous le retire pas, ô Bon, mais renouvelle-nous, nous qui te prions. » Pourquoi ? Pourquoi soudain une telle rupture dans la logique de construction du texte liturgique ? Mais, bien sûr, nous nous souvenons : « ...ils ne sont pas ivres, comme vous le pensez, car il n'est encore que la troisième heure... » (Ac 2,15) Certains trouveront cette circonstance insignifiante, une coïncidence fortuite ; d'autres y verront une falsification consciente au service de la prédication de « leur » vérité ; d'autres diront que l'évangéliste Luc a symboliquement rattaché l'événement de la descente du Saint-Esprit sur les apôtres au moment du commencement de l'exécution, comme symbole du commencement de la prédication de la Parole de Dieu dans le monde. Mais peut-être n'avons-nous besoin ni de l'un, ni de l'autre, ni du troisième raisonnement. Il nous faut simplement nous tenir devant les événements qui se produisent et crier : « Ne me rejette pas loin de ta face, et ne retire pas de moi ton Esprit Saint ».
« Toi qui, à la neuvième heure, as goûté la mort dans la chair pour nous, fais mourir les pensées de notre chair, Christ Dieu, et sauve-nous. » Fais mourir, car « pour moi, le monde est crucifié, et moi pour le monde » (Ga 6,14). On interprète souvent ces paroles de manière traditionnelle ainsi : je suis mort pour le monde, et le monde est mort pour moi. Mais si l'apôtre Paul avait voulu dire cela, il l'aurait dit ainsi ; or il a dit « crucifié »...
Lorsque notre Seigneur a été crucifié, le monde a changé à tel point qu'il est désormais impossible de vivre dans un monde où le Seigneur n'est pas crucifié. Et bien que beaucoup vivent ainsi, nous vivons autrement, et c'est pourquoi nous aussi, nous sommes crucifiés. Avec lui.
22 Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit lieu du Crâne. |
23 Et ils lui donnaient du vin parfumé de myrrhe, mais il n'en prit pas. |
24 Puis ils le crucifient et se partagent ses vêtements en tirant au sort ce qui reviendrait à chacun. |
25 C'était la troisième heure quand ils le crucifièrent. |
26 L'inscription qui indiquait le motif de sa condamnation était libellée : " Le roi des Juifs. " |
27 Et avec lui ils crucifient deux brigands, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche |
28 |
29 Les passants l'injuriaient en hochant la tête et disant : " Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours, |
30 sauve-toi toi-même en descendant de la croix ! " |
31 Pareillement les grands prêtres se gaussaient entre eux avec les scribes et disaient : " Il en a sauvé d'autres et il ne peut se sauver lui-même ! |
32 Que le Christ, le Roi d'Israël, descende maintenant de la croix, pour que nous voyions et que nous croyions ! " Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l'outrageaient. |
33 Quand il fut la sixième heure, l'obscurité se fit sur la terre entière jusqu'à la neuvième heure. |
34 Et à la neuvième heure Jésus clama en un grand cri : " Élôï, Élôï, lema sabachthani ", ce qui se traduit : " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? " |
35 Certains des assistants disaient en l'entendant : " Voilà qu'il appelle Élie ! " |
36 Quelqu'un courut tremper une éponge dans du vinaigre et, l'ayant mise au bout d'un roseau, il lui donnait à boire en disant : " Laissez ! que nous voyions si Élie va venir le descendre ! " |
37 Or Jésus, jetant un grand cri, expira. |
38 Et le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas. |
39 Voyant qu'il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s'écria : " Vraiment cet homme était fils de Dieu ! " |
40 Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé, |
41 qui le suivaient et le servaient lorsqu'il était en Galilée ; beaucoup d'autres encore qui étaient montées avec lui à Jérusalem. |
Si muet que soit l’effort pour surmonter sa propre douleur et sa souffrance, tout homme cherche malgré tout à mettre ses expériences en mots. La philosophie connaît un problème appelé théodicée. Il pose la question de savoir comment le Dieu souverainement bon a pu permettre la souffrance et le mal. Chacun l’aborde à sa manière : l’un se souvient de Leibniz et de ses paroles selon lesquelles le Seigneur a créé le meilleur des mondes possibles, un autre d’Ivan Karamazov, un autre encore de Job. Nous remplaçons souvent par leurs paroles notre propre refus de la souffrance. Pourtant, il subsiste toujours le sentiment que cette question ne peut recevoir de réponse positive, qu’elle est absolument insoluble. Beaucoup tournent alors leur regard vers la Croix. Il est impossible de comprendre pourquoi de petits enfants tombent malades et meurent, mais il est possible de comprendre que le Seigneur a partagé leur souffrance : Il S’est Lui-même livré comme objet au mal, et désormais le mal n’est plus le mal. Car le plus terrible et le seul véritable mal est l’absence de Dieu, le shéol ; or Dieu est présent dans la souffrance, elle n’est donc plus le même mal, puisqu’Il y souffre avec nous. La seule pensée que mes souffrances sont partagées par le Christ est le plus grand bonheur. On se rappelle le dicton : « Avec celui que l’on aime, même une cabane est un paradis » ; de même, avec Dieu, le mal n’est pas le mal.
22 Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit lieu du Crâne. |
23 Et ils lui donnaient du vin parfumé de myrrhe, mais il n'en prit pas. |
24 Puis ils le crucifient et se partagent ses vêtements en tirant au sort ce qui reviendrait à chacun. |
25 C'était la troisième heure quand ils le crucifièrent. |
26 L'inscription qui indiquait le motif de sa condamnation était libellée : " Le roi des Juifs. " |
27 Et avec lui ils crucifient deux brigands, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche |
28 |
29 Les passants l'injuriaient en hochant la tête et disant : " Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours, |
30 sauve-toi toi-même en descendant de la croix ! " |
31 Pareillement les grands prêtres se gaussaient entre eux avec les scribes et disaient : " Il en a sauvé d'autres et il ne peut se sauver lui-même ! |
32 Que le Christ, le Roi d'Israël, descende maintenant de la croix, pour que nous voyions et que nous croyions ! " Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l'outrageaient. |
33 Quand il fut la sixième heure, l'obscurité se fit sur la terre entière jusqu'à la neuvième heure. |
34 Et à la neuvième heure Jésus clama en un grand cri : " Élôï, Élôï, lema sabachthani ", ce qui se traduit : " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? " |
35 Certains des assistants disaient en l'entendant : " Voilà qu'il appelle Élie ! " |
36 Quelqu'un courut tremper une éponge dans du vinaigre et, l'ayant mise au bout d'un roseau, il lui donnait à boire en disant : " Laissez ! que nous voyions si Élie va venir le descendre ! " |
37 Or Jésus, jetant un grand cri, expira. |
38 Et le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas. |
39 Voyant qu'il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s'écria : " Vraiment cet homme était fils de Dieu ! " |
40 Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé, |
41 qui le suivaient et le servaient lorsqu'il était en Galilée ; beaucoup d'autres encore qui étaient montées avec lui à Jérusalem. |
Aujourd’hui sont lus deux textes qui frappent, à première vue, par la divergence des pensées. La Deuxième lettre de Jean peut être appelée une lettre d’un pasteur à ses amis, dans laquelle il les bénit et les informe de sa venue. Dans le texte évangélique, nous lisons le récit de l’exécution et de la mort du Christ. Et, après avoir lu ces textes, il semble qu’après une telle exécution du maître, un groupe de personnes continue son œuvre, parle de ce dont il parlait, se souvient de lui. Mais il n’en est pas ainsi. Jésus avant sa mort : « Mon Dieu, Mon Dieu ! Pourquoi M’as-tu abandonné ? ». Et comme en réponse aux paroles du Christ, s’adressant à la famille des chrétiens, l’apôtre écrit : « celui qui demeure dans l’enseignement du Christ a le Père et le Fils ». C’est pour nous une indication que, en suivant le Christ, nous ne sommes pas seuls sur ce chemin. Les doutes et les peurs peuvent nous tourmenter, ainsi que le sentiment d’abandon et de désarroi, mais nous sommes gardés et conduits par le Christ. La mort du Christ nous a annoncé la Résurrection d’entre les morts et le salut du monde par Son sacrifice, par la Communion. Et en suivant le Christ, nous devons nous souvenir de Son sacrifice et communier à Ses Saints Mystères. Le Carême est un temps de prière constante et de marche sur le chemin du repentir. Par le Carême, l’Église aide le chrétien sur ce chemin. Mais le chemin du repentir passe toujours par la Communion, sans condamnation, avec un cœur pur et dans l’humilité. Parcourons le chemin de ceux qui L’ont suivi en Galilée, qui sont venus à Jérusalem et sont devenus les témoins muets et souffrants de l’exécution. Et approchons des jours lumineux de Pâques dans la prière et dans une participation particulière aux œuvres du Christ.
16 Les soldats l'emmenèrent à l'intérieur du palais, qui est le Prétoire, et ils convoquent toute la cohorte. |
17 Ils le revêtent de pourpre, puis, ayant tressé une couronne d'épines, ils la lui mettent. |
18 Et ils se mirent à le saluer : " Salut, roi des Juifs ! " |
19 Et ils lui frappaient la tête avec un roseau et ils lui crachaient dessus, et ils ployaient le genou devant lui pour lui rendre hommage. |
20 Puis, quand ils se furent moqués de lui, ils lui ôtèrent la pourpre et lui remirent ses vêtements. Ils le mènent dehors afin de le crucifier. |
21 Et ils requièrent, pour porter sa croix, Simon de Cyrène, le père d'Alexandre et de Rufus, qui passait par là, revenant des champs. |
22 Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit lieu du Crâne. |
23 Et ils lui donnaient du vin parfumé de myrrhe, mais il n'en prit pas. |
24 Puis ils le crucifient et se partagent ses vêtements en tirant au sort ce qui reviendrait à chacun. |
25 C'était la troisième heure quand ils le crucifièrent. |
26 L'inscription qui indiquait le motif de sa condamnation était libellée : " Le roi des Juifs. " |
27 Et avec lui ils crucifient deux brigands, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche |
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29 Les passants l'injuriaient en hochant la tête et disant : " Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours, |
30 sauve-toi toi-même en descendant de la croix ! " |
31 Pareillement les grands prêtres se gaussaient entre eux avec les scribes et disaient : " Il en a sauvé d'autres et il ne peut se sauver lui-même ! |
32 Que le Christ, le Roi d'Israël, descende maintenant de la croix, pour que nous voyions et que nous croyions ! " Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l'outrageaient. |
33 Quand il fut la sixième heure, l'obscurité se fit sur la terre entière jusqu'à la neuvième heure. |
34 Et à la neuvième heure Jésus clama en un grand cri : " Élôï, Élôï, lema sabachthani ", ce qui se traduit : " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? " |
35 Certains des assistants disaient en l'entendant : " Voilà qu'il appelle Élie ! " |
36 Quelqu'un courut tremper une éponge dans du vinaigre et, l'ayant mise au bout d'un roseau, il lui donnait à boire en disant : " Laissez ! que nous voyions si Élie va venir le descendre ! " |
37 Or Jésus, jetant un grand cri, expira. |
38 Et le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas. |
39 Voyant qu'il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s'écria : " Vraiment cet homme était fils de Dieu ! " |
40 Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé, |
41 qui le suivaient et le servaient lorsqu'il était en Galilée ; beaucoup d'autres encore qui étaient montées avec lui à Jérusalem. |
42 Déjà le soir était venu et comme c'était la Préparation, c'est-à-dire la veille du sabbat, |
43 Joseph d'Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s'en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus. |
44 Pilate s'étonna qu'il fût déjà mort et, ayant fait appeler le centurion, il lui demanda s'il était mort depuis longtemps. |
45 Informé par le centurion, il octroya le corps à Joseph. |
46 Celui-ci, ayant acheté un linceul, descendit Jésus, l'enveloppa dans le linceul et le déposa dans une tombe qui avait été taillée dans le roc; puis il roula une pierre à l'entrée du tombeau. |
47 Or, Marie de Magdala et Marie, mère de Joset, regardaient où on l'avait mis. |
Dans le récit évangélique de la crucifixion du Sauveur, la description du triomphe que vivent tous ceux qui haïssaient Jésus pendant Sa vie terrestre fait une impression particulière. Et à ceux qui L'aimaient, il ne reste qu'à s'affliger et pleurer. Bien sûr, c'est un triomphe apparent; il ne fait que faire ressortir plus vivement ce qui arrivera très bientôt, trois jours plus tard, lorsque tout reprendra sa place. Mais ces trois jours doivent encore passer, il faut les vivre, et pourtant personne, pas même parmi les disciples les plus proches de Jésus, n'attendait la Résurrection. Ces jours étaient d'autant plus lourds que le triomphe des forces du mal n'était pas une convention ni une mise en scène; il était aussi réel que la mort même de Jésus sur la croix. Au fond, ici, au pied de la croix, deux réalités, deux mondes, se sont touchés: le grand monde de Dieu et le petit monde limité de ceux qui s'opposent à Dieu, séparé de lui. Mais pour ceux qui se trouvent dans ce petit monde, il paraît toujours être la seule réalité. Et dans cette réalité, c'est précisément le mal qui triomphe, et il triomphe aussi réellement que ce petit monde lui-même est réel. Physiquement, le grand monde de Dieu et le petit monde de ceux qui s'opposent à Dieu peuvent se trouver dans le même espace et dans le même temps; ceux qui leur appartiennent peuvent se voir et se parler. Mais spirituellement, ce sont deux mondes différents, et au jour du Jugement dernier, la différence entre eux, auparavant visible seulement à quelques-uns, devient évidente pour chacun: le grand monde de Dieu devient ce Royaume dont parle Jésus, et le petit monde de ceux qui s'opposent à Dieu devient les ténèbres extérieures de la parabole évangélique. Dans les ténèbres extérieures triomphe la mort; dans le Royaume, la vie. Et la victoire des ténèbres, qui paraît si réelle dans le petit monde, se révèle être leur véritable et totale défaite dans le grand monde de Dieu au jour de la Résurrection. Quant au monde dans lequel vivre, chacun le décide pour lui-même, comme l'ont décidé ceux qui, le jour de la mort du Sauveur, se tenaient au pied de la croix.
16 Les soldats l'emmenèrent à l'intérieur du palais, qui est le Prétoire, et ils convoquent toute la cohorte. |
17 Ils le revêtent de pourpre, puis, ayant tressé une couronne d'épines, ils la lui mettent. |
18 Et ils se mirent à le saluer : " Salut, roi des Juifs ! " |
19 Et ils lui frappaient la tête avec un roseau et ils lui crachaient dessus, et ils ployaient le genou devant lui pour lui rendre hommage. |
20 Puis, quand ils se furent moqués de lui, ils lui ôtèrent la pourpre et lui remirent ses vêtements. Ils le mènent dehors afin de le crucifier. |
21 Et ils requièrent, pour porter sa croix, Simon de Cyrène, le père d'Alexandre et de Rufus, qui passait par là, revenant des champs. |
22 Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit lieu du Crâne. |
23 Et ils lui donnaient du vin parfumé de myrrhe, mais il n'en prit pas. |
24 Puis ils le crucifient et se partagent ses vêtements en tirant au sort ce qui reviendrait à chacun. |
25 C'était la troisième heure quand ils le crucifièrent. |
26 L'inscription qui indiquait le motif de sa condamnation était libellée : " Le roi des Juifs. " |
27 Et avec lui ils crucifient deux brigands, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche |
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29 Les passants l'injuriaient en hochant la tête et disant : " Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours, |
30 sauve-toi toi-même en descendant de la croix ! " |
31 Pareillement les grands prêtres se gaussaient entre eux avec les scribes et disaient : " Il en a sauvé d'autres et il ne peut se sauver lui-même ! |
32 Que le Christ, le Roi d'Israël, descende maintenant de la croix, pour que nous voyions et que nous croyions ! " Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l'outrageaient. |
33 Quand il fut la sixième heure, l'obscurité se fit sur la terre entière jusqu'à la neuvième heure. |
34 Et à la neuvième heure Jésus clama en un grand cri : " Élôï, Élôï, lema sabachthani ", ce qui se traduit : " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? " |
35 Certains des assistants disaient en l'entendant : " Voilà qu'il appelle Élie ! " |
36 Quelqu'un courut tremper une éponge dans du vinaigre et, l'ayant mise au bout d'un roseau, il lui donnait à boire en disant : " Laissez ! que nous voyions si Élie va venir le descendre ! " |
37 Or Jésus, jetant un grand cri, expira. |
38 Et le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas. |
39 Voyant qu'il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s'écria : " Vraiment cet homme était fils de Dieu ! " |
40 Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé, |
41 qui le suivaient et le servaient lorsqu'il était en Galilée ; beaucoup d'autres encore qui étaient montées avec lui à Jérusalem. |
42 Déjà le soir était venu et comme c'était la Préparation, c'est-à-dire la veille du sabbat, |
43 Joseph d'Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s'en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus. |
44 Pilate s'étonna qu'il fût déjà mort et, ayant fait appeler le centurion, il lui demanda s'il était mort depuis longtemps. |
45 Informé par le centurion, il octroya le corps à Joseph. |
46 Celui-ci, ayant acheté un linceul, descendit Jésus, l'enveloppa dans le linceul et le déposa dans une tombe qui avait été taillée dans le roc; puis il roula une pierre à l'entrée du tombeau. |
47 Or, Marie de Magdala et Marie, mère de Joset, regardaient où on l'avait mis. |
La lecture d'aujourd'hui nous aidera peut-être, dans une certaine mesure, à réfléchir à la question la plus aiguë qui se pose à l'homme: comment le Dieu tout-puissant permet-Il l'existence des souffrances, du mal, alors que ce sont toujours les personnes les plus pures et les plus innocentes qui souffrent? Aujourd'hui nous est un peu dévoilée la manière dont Dieu se rapporte au mal dans le monde. Nous lisons comment le Seigneur Lui-même traverse le coeur même de la souffrance humaine. Il descend des cieux pour partager avec l'homme toute la noirceur, toute l'horreur de sa solitude et de sa douleur. Jésus est abandonné par Ses disciples, Il passe par les moqueries des soldats, la marche infamante vers le lieu d'exécution, la crucifixion douloureuse sur la croix. Pour boire jusqu'au bout toute l'amertume des tourments humains, Il refuse de boire le vin mêlé de myrrhe qui atténue la douleur.
Le Roi de toute la terre, le Fils de Dieu, est «compté parmi les malfaiteurs». Il ne descend pas de la croix, afin de traverser ce qu'il y a de plus terrible: «Mon Dieu! pourquoi M'as-Tu abandonné?»; afin de traverser les ténèbres de l'abandon de Dieu propres à l'humanité déchue. Après cela, Lui, comme chacun de nous, plonge dans le froid de la mort. Le voile du temple, qui séparait Dieu des hommes, s'est déchiré: le Fils de Dieu a parcouru jusqu'au bout le chemin humain. Les quelques disciples restés près de Lui L'ensevelissent comme n'importe lequel des mortels.
Telle est la réponse de Dieu à l'existence des souffrances sur la terre. Il ne fait pas que compatir: Il souffre pleinement avec nous, Il souffre avec nous et pour nous.
Ici se trouve aussi notre réponse: les chrétiens, chacun à sa mesure, participant aux souffrances du Christ, compatissent au monde, participant ainsi au sacrifice rédempteur du Christ, et par là aussi à Sa Résurrection.
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