40 Cependant l'enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
Qu'est-ce que la croissance de l'homme ? Lorsqu'il s'agit de l'homme déchu, dont la nature est abîmée par la chute, on entend d'ordinaire par croissance avant tout le processus de formation et de développement physique de l'homme. En second lieu, on parle de la formation et du développement psychiques. Et seulement ensuite, et pas toujours, on commence à parler de formation et de développement spirituels. On entend d'ailleurs habituellement par là non le développement spirituel au sens propre, mais quelque chose qui le remplace souvent dans le monde déchu : par exemple le développement intellectuel ou esthétique.
Pourtant, la vie spirituelle n'a pas de rapport direct ni avec l'intellect ni avec les expériences esthétiques. La vie spirituelle, ce sont les relations qui unissent l'homme à Dieu et aux autres hommes. Et elle commence dans cette profondeur de la personne humaine où naît la volonté et où respire le souffle de vie que Dieu donne à chacun de nous lors de la création.
Ce souffle est le fondement de notre vie spirituelle et l'unique possibilité d'une véritable communion avec Dieu. Car le souffle de vie vient de Dieu ; il est une sorte de théophanie intérieure, une présence de Dieu en nous qui est toujours avec nous. Et sans la chute, nous aurions pris conscience en nous de cette présence à chaque année de notre croissance : la croissance physique et psychique aurait été accompagnée d'une croissance spirituelle.
Dans le monde déchu, tout n'est pas si simple : l'homme peut y grandir physiquement tout en restant un nourrisson spirituel, et il peut vivre toute sa vie « consciente » sans prendre conscience en lui de l'essentiel, de ce souffle qui le relie à Dieu. Mais si, même dans le monde déchu, l'homme cherche pourtant une véritable conscience et n'ignore pas en lui ce don de Dieu qu'il possède, ce souffle de vie qui lui a été donné à sa naissance, il finit par recevoir Dieu en lui selon la mesure que Dieu lui ouvre. La même chose est vraie de Jésus : Lui aussi est Homme, comme nous.
Précisément Homme avec une majuscule, non moins, mais plus que chacun de nous. Parce que, contrairement à chacun de nous, Sa nature humaine fut dès le commencement parfaitement libre du péché originel. Et parce que Sa mesure de plénitude spirituelle fut absolue dès la conception : c'était la mesure de la plénitude absolue de Dieu, qui fit de Lui le Dieu-homme. Mais, comme tout homme, Il devait grandir spirituellement et physiquement, en prenant conscience en Lui de Sa mesure, de la plénitude de Sa propre vie spirituelle. En ce sens, Jésus ne se distinguait pas de tout autre homme. Mais les résultats de Sa croissance spirituelle et physique furent uniques, comme on pouvait l'attendre du Messie et du Fils de Dieu.
40 Cependant l'enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
41 Ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque. |
42 Et lorsqu'il eut douze ans, ils y montèrent, comme c'était la coutume pour la fête. |
43 Une fois les jours écoulés, alors qu'ils s'en retournaient, l'enfant Jésus resta à Jérusalem à l'insu de ses parents. |
44 Le croyant dans la caravane, ils firent une journée de chemin, puis ils se mirent à le rechercher parmi leurs parents et connaissances. |
45 Ne l'ayant pas trouvé, ils revinrent, toujours à sa recherche, à Jérusalem. |
46 Et il advint, au bout de trois jours, qu'ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant; |
47 et tous ceux qui l'entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. |
48 A sa vue, ils furent saisis d'émotion, et sa mère lui dit : " Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! ton père et moi, nous te cherchons, angoissés. " |
49 Et il leur dit : " Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? " |
50 Mais eux ne comprirent pas la parole qu'il venait de leur dire. |
51 Il redescendit alors avec eux et revint à Nazareth; et il leur était soumis. Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. |
52 Quant à Jésus, il croissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes. |
Pourquoi le Christ a-t-il reçu la circoncision, quel est le sens spirituel de cet événement ? On peut bien sûr dire qu'Il était alors tout petit. Mais Il a laissé cela arriver, et donc, bien qu'Il fût petit, cet événement a un contenu spirituel. Lequel ? Était-ce pour confirmer que « le salut vient des Juifs » (Jn 4:22) ? Ou pour parcourir tout le chemin de Son abaissement, en Se limitant non seulement par l'apparence humaine, mais aussi par toute la finitude de la culture humaine ?
Il est également certain qu'Il savait qu'après Lui viendrait l'apôtre Paul, qui reprendrait sévèrement tous ceux qui ne comprennent pas toute la limite de ce rite, comme de tout rite en général. Dans la seule Épître aux Romains, il en parle plus d'une fois (voir les chapitres 2, 3, 4). Par exemple : « ce n'est pas celui qui en a les dehors qui est Juif, et la circoncision n'est pas celle qui est extérieure, dans la chair » (Rm 2:28), ou encore : « la circoncision n'est rien, et l'incirconcision n'est rien ; ce qui compte, c'est l'observation des commandements de Dieu » (1 Co 7:19).
Le Seigneur le savait et a pourtant permis que Sa circoncision ait lieu. C'est là Son humilité devant la Loi, qu'Il est venu accomplir (Mt 5:17), et c'est précisément ce qui permet à l'apôtre Paul de dire : « en Lui vous avez été circoncis d'une circoncision qui n'est pas faite de main d'homme, par le dépouillement du corps de la chair, par la circoncision du Christ » (Col 2:11).
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l'enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
41 Ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque. |
42 Et lorsqu'il eut douze ans, ils y montèrent, comme c'était la coutume pour la fête. |
43 Une fois les jours écoulés, alors qu'ils s'en retournaient, l'enfant Jésus resta à Jérusalem à l'insu de ses parents. |
44 Le croyant dans la caravane, ils firent une journée de chemin, puis ils se mirent à le rechercher parmi leurs parents et connaissances. |
45 Ne l'ayant pas trouvé, ils revinrent, toujours à sa recherche, à Jérusalem. |
46 Et il advint, au bout de trois jours, qu'ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant; |
47 et tous ceux qui l'entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. |
48 A sa vue, ils furent saisis d'émotion, et sa mère lui dit : " Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! ton père et moi, nous te cherchons, angoissés. " |
49 Et il leur dit : " Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? " |
50 Mais eux ne comprirent pas la parole qu'il venait de leur dire. |
51 Il redescendit alors avec eux et revint à Nazareth; et il leur était soumis. Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. |
52 Quant à Jésus, il croissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes. |
Le récit d'aujourd'hui, où Jésus reste dans le Temple de Jérusalem, rappelle les paroles du livre des Proverbes (9:1) : « La Sagesse a bâti sa maison... » Venu à Jérusalem pour la fête de la Pâque, Il est resté dans la maison de Son Père. L'Évangéliste peint simultanément deux tableaux : les docteurs du peuple, les scribes, s'émerveillent de la sagesse de Jésus, tandis que Ses parents Le cherchent dans la ville, bouleversés. Sa réponse à Sa Mère ressemble à une énigme : où donc un garçon devrait-il être, sinon dans la maison de son père ? L'homme doit vivre chez lui. Dès ce moment, le Seigneur commence à révéler aux hommes Son origine et Sa vocation : Il est la Sagesse de Dieu et le Fils de Dieu, pour ceux qui peuvent le comprendre. Et si quelqu'un ne veut pas le comprendre ? Eh bien, s'il veut malgré tout écouter Jésus, il devra passer toute sa vie à déchiffrer Ses énigmes...
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la Loi de Moïse, ils l'emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu'il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu'il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux; il attendait la consolation d'Israël et l'Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l'Esprit Saint qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l'Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 " Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s'en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. " |
33 Son père et sa mère étaient dans l'étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : " Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction - |
35 et toi-même, une épée te transpercera l'âme ! - afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. " |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d'Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve; parvenue à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l'enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
Joseph et Marie étaient des personnes véritablement pieuses qui observaient les commandements, comme le montre la manière dont ils honoraient les fêtes et accomplissaient tous les rites prescrits. Au temps fixé, ils amenèrent l’enfant Jésus au Temple afin de « Le présenter au Seigneur ». À son tour, Syméon les accueille dans le Temple, lui qui gardait les Écritures depuis de longues années et qui, malgré l’apparente absurdité de la prophétie au sujet du Sauveur, continuait à attendre son accomplissement. Dieu récompense cette fidélité : Il leur montre Son salut.
N’est-ce pas cette même fidélité que le Seigneur attend de nous ? La promesse de faire de nous des fils de lumière, que chacun reçoit au baptême, commence au fil des années à nous paraître irréelle. Notre vêtement baptismal se couvre des traces des passions, au point qu’il devient difficile de comprendre à quoi il ressemblait autrefois. Seule la foi que la promesse que Dieu nous a faite autrefois ne peut être mensongère nous permet de revivre la rencontre avec Lui : la foi en Son amour, qui triomphe de tout.
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la Loi de Moïse, ils l'emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu'il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu'il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux; il attendait la consolation d'Israël et l'Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l'Esprit Saint qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l'Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 " Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s'en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. " |
33 Son père et sa mère étaient dans l'étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : " Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction - |
35 et toi-même, une épée te transpercera l'âme ! - afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. " |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d'Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve; parvenue à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l'enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
Le mot « sretenie » est slave ; en russe, il signifie « rencontre ». De quelle rencontre s’agit-il donc ? De la rencontre des parents du Sauveur avec Syméon ? De leur rencontre avec la prophétesse Anne ? Bien sûr, de cela aussi. Mais en premier lieu, le récit évangélique nous parle de la rencontre du peuple de Dieu avec son Messie.
Que ce peuple se soit trouvé représenté par ceux qui attendaient la venue du Messie n’a rien d’étonnant. Ce qui étonne est autre chose : au nom du peuple, ce ne sont pas les personnes qui semblaient les plus connues parmi ceux qui l’attendaient qui le rencontrent. Certes, il n’est pas question ici du sacerdoce du Temple : le sacerdoce se montrait justement réservé et sceptique à l’égard des attentes messianiques populaires. Mais il y avait aussi la Synagogue ; dans le milieu synagogal, les attentes messianiques étaient alors très intenses. Et pourtant Dieu montra le Messie non aux chefs de la Synagogue, mais à des personnes certes connues, mais qui n’appartenaient pas au nombre des dirigeants du peuple.
Le choix peut paraître étrange, mais à y regarder de plus près, il est tout à fait explicable. Le Messie, bien sûr, était attendu alors dans le peuple juif sinon par tous, du moins par un très grand nombre. Mais la plupart de ceux qui l’attendaient avaient leurs propres représentations du Messie, de ce qu’il devait être et de ce qu’il devait faire. Or lui, entre-temps, n’avait nullement l’intention de faire presque rien de ce que le peuple simple comme les rabbins savants attendaient du Messie.
On attendait du Messie le rétablissement d’un État juif indépendant et fort, l’expulsion des païens de la terre sainte, l’établissement d’un nouveau gouvernement fondé sur la Torah, qui deviendrait l’âge d’or d’Israël. Et, bien sûr, on attendait de lui des miracles, de tels miracles qui résoudraient d’un seul coup tous les problèmes du peuple dans son ensemble comme de chacun de ceux qui lui appartenaient en particulier.
Tous attendaient le triomphe, et personne n’attendait le Jugement. Seul Syméon, qui possédait le don prophétique, comprit tout correctement. Il comprit que le Messie est Celui qui fera tomber beaucoup d’hommes et en relèvera beaucoup, comme on pouvait s’y attendre au jour du Jugement. Un tel homme pouvait voir le Messie : cela n’aurait fait naître en lui ni attentes excessives et injustifiées, ni agitation inutile. Tous les autres devaient encore attendre. Attendre le jour où le Père ferait entrer le Fils dans son ministère terrestre.
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la Loi de Moïse, ils l'emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu'il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu'il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux; il attendait la consolation d'Israël et l'Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l'Esprit Saint qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l'Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 " Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s'en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. " |
33 Son père et sa mère étaient dans l'étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : " Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction - |
35 et toi-même, une épée te transpercera l'âme ! - afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. " |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d'Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve; parvenue à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l'enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
Nous lisons dans l’Évangile comment l’Enfant Jésus est apporté pour la première fois au Temple, ce qui s’y passe et ce qu’on en dit. Connaissant l’histoire évangélique et nous souvenant que, pendant les vingt siècles écoulés, Jésus demeure un « signe de contradiction », nous ne pouvons nous étonner de rien. Le prophète Malachie nous ramène à ce qui nous échappe sur le fond des paroles lourdes de la prophétie de Syméon. La première apparition du Sauveur dans le Temple est décrite ainsi : « soudain viendra dans Son Temple le Seigneur que vous cherchez ». Tout ici déconcerte. L’homme sait-il quel Dieu il cherche ? Cherchons-nous l’Enfant qui provoque sans cesse contradictions et querelles ? Tu attends Dieu, et soudain on apporte un petit Enfant, et tu te trouves devant la nécessité d’accepter que c’est précisément Lui qui est lumière pour éclairer les nations et gloire d’Israël.
21 Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom indiqué par l'ange avant sa conception. |
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la Loi de Moïse, ils l'emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu'il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu'il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux; il attendait la consolation d'Israël et l'Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l'Esprit Saint qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l'Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 " Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s'en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. " |
33 Son père et sa mère étaient dans l'étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : " Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction - |
35 et toi-même, une épée te transpercera l'âme ! - afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. " |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d'Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve; parvenue à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l'enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
41 Ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque. |
42 Et lorsqu'il eut douze ans, ils y montèrent, comme c'était la coutume pour la fête. |
43 Une fois les jours écoulés, alors qu'ils s'en retournaient, l'enfant Jésus resta à Jérusalem à l'insu de ses parents. |
44 Le croyant dans la caravane, ils firent une journée de chemin, puis ils se mirent à le rechercher parmi leurs parents et connaissances. |
45 Ne l'ayant pas trouvé, ils revinrent, toujours à sa recherche, à Jérusalem. |
46 Et il advint, au bout de trois jours, qu'ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant; |
47 et tous ceux qui l'entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. |
48 A sa vue, ils furent saisis d'émotion, et sa mère lui dit : " Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! ton père et moi, nous te cherchons, angoissés. " |
49 Et il leur dit : " Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? " |
50 Mais eux ne comprirent pas la parole qu'il venait de leur dire. |
51 Il redescendit alors avec eux et revint à Nazareth; et il leur était soumis. Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. |
52 Quant à Jésus, il croissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes. |
La lecture d’aujourd’hui poursuit le récit des témoignages liés à la Nativité. Et si les premiers témoins furent les bergers, voici que viennent maintenant à leur place les justes et les prophètes. À première vue, ces gens ne ressemblent pas du tout à de simples bergers. Mais il y a quelque chose de commun qui les unit : tous attendent le Messie et sont prêts à L’accueillir tel qu’Il est. Pour le prophète, ce qui compte le plus est la révélation reçue de Dieu ; il entend Dieu directement, et la question de savoir s’il peut faire confiance à ce qu’il a entendu ne se pose pas pour lui.
L’expérience prophétique de la communication directe avec Dieu est bien sûr chaque fois unique, mais malgré toute son unicité, aucun de ceux qui ont eu à entendre la voix de Dieu ne se demandait, comme disent les théologiens modernes, s’il fallait une vérification théologique : tout prophète reçoit la révélation obtenue comme une indication directe pour agir. Et si Dieu désigne l’enfant porté au Temple comme le Messie, alors cet enfant est réellement le Messie, quoi que l’on dise et quels que soient les doutes exprimés à ce sujet par les rabbins savants et les enseignants de la Torah.
La justice est un phénomène d’un autre ordre, mais il est souvent donné au juste, lui aussi, d’entendre Dieu. Et si parfois son ouïe mystique n’est pas aussi aiguë que celle du prophète, l’habitude de faire confiance à Dieu sans réserve aide le juste à s’assurer de l’authenticité de la révélation reçue. Ces personnes sont apparentées aux simples bergers non seulement par l’attente du Messie, mais aussi par leur attitude envers Dieu et envers la volonté de Dieu. On pourrait dire que, contrairement par exemple à ces mêmes pharisiens, elles sont peu religieuses. Bien sûr, elles sont toutes membres de la Synagogue, mais là, visiblement, elles ne sont pas au premier rang : il y a là des gens dont l’activité les rend peu visibles, et parfois même tout à fait invisibles.
Dans les controverses théologiques et politico-religieuses, si fréquentes dans les synagogues des temps évangéliques, elles ne participent, semble-t-il, que rarement et à contrecœur, ou pas du tout. Elles n’appartiennent à aucune école religieuse et, peut-être, n’ont même pas ce qu’on appelle ordinairement une vision religieuse du monde. Elles font simplement confiance à Dieu, qui est depuis longtemps devenu le centre et le sens de leur vie, et elles vivent en écoutant attentivement ce qu’Il leur dira. Ou bien elles gardent leurs troupeaux, comme les bergers de Bethléem. Certes, comparées aux théologiens savants, elles peuvent paraître simples et même, comme les bergers, ignorantes. Mais en revanche, elles n’auront aucun problème d’interprétation théologique de ce qu’elles ont entendu de Dieu. Ni de doutes superflus sur la fiabilité de ce qu’elles ont entendu. Voilà pourquoi il leur est donné de voir le Messie avant les autres. Y compris avant ceux qui étaient certains de Le voir les premiers.
21 Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom indiqué par l'ange avant sa conception. |
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la Loi de Moïse, ils l'emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu'il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu'il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux; il attendait la consolation d'Israël et l'Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l'Esprit Saint qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l'Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 " Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s'en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. " |
33 Son père et sa mère étaient dans l'étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : " Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction - |
35 et toi-même, une épée te transpercera l'âme ! - afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. " |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d'Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve; parvenue à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l'enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
41 Ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque. |
42 Et lorsqu'il eut douze ans, ils y montèrent, comme c'était la coutume pour la fête. |
43 Une fois les jours écoulés, alors qu'ils s'en retournaient, l'enfant Jésus resta à Jérusalem à l'insu de ses parents. |
44 Le croyant dans la caravane, ils firent une journée de chemin, puis ils se mirent à le rechercher parmi leurs parents et connaissances. |
45 Ne l'ayant pas trouvé, ils revinrent, toujours à sa recherche, à Jérusalem. |
46 Et il advint, au bout de trois jours, qu'ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant; |
47 et tous ceux qui l'entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. |
48 A sa vue, ils furent saisis d'émotion, et sa mère lui dit : " Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! ton père et moi, nous te cherchons, angoissés. " |
49 Et il leur dit : " Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? " |
50 Mais eux ne comprirent pas la parole qu'il venait de leur dire. |
51 Il redescendit alors avec eux et revint à Nazareth; et il leur était soumis. Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. |
52 Quant à Jésus, il croissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes. |
Chaque homme sait qu'un jour il mourra. La mort est un phénomène unique: elle est parfaitement évidente et parfaitement fermée à ceux qui ne l'ont pas encore traversée. Dieu parle avec l'homme, et celui-ci demeure vivant. À partir de ce passage évangélique, on peut dire que l'homme qui parle avec Dieu, non pas n'importe comment, mais face à face, reçoit à la fois la vie et la mort: une vie pleine de sa présence, lumière de révélation pour tous, et la mort comme accomplissement de la promesse, comme possibilité de la rencontre pleine et définitive.
Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible. Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit. | ||
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||