39 Il sortit et se rendit, comme de coutume, au mont des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent. |
40 Parvenu en ce lieu, il leur dit : " Priez, pour ne pas entrer en tentation. " |
41 Puis il s'éloigna d'eux environ un jet de pierre et, fléchissant les genoux, il priait en disant: |
42 " Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse ! " |
43 Alors lui apparut, venant du ciel, un ange qui le réconfortait. |
44 Entré en agonie, il priait de façon plus instante, et sa sueur devint comme de grosses gouttes de sang qui tombaient à terre. |
45 Se relevant de sa prière, il vint vers les disciples qu'il trouva endormis de tristesse, |
46 et il leur dit : " Qu'avez-vous à dormir ? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation. " |
47 Tandis qu'il parlait encore, voici une foule, et à sa tête marchait le nommé Judas, l'un des Douze, qui s'approcha de Jésus pour lui donner un baiser. |
48 Mais Jésus lui dit : " Judas, c'est par un baiser que tu livres le Fils de l'homme ! " |
49 Voyant ce qui allait arriver, ses compagnons lui dirent : " Seigneur, faut-il frapper du glaive ? " |
50 Et l'un d'eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui enleva l'oreille droite. |
51 Mais Jésus prit la parole et dit : " Restez-en là. " Et, lui touchant l'oreille, il le guérit. |
52 Puis Jésus dit à ceux qui s'étaient portés contre lui, grands prêtres, chefs des gardes du Temple et anciens : " Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons ? |
53 Alors que chaque jour j'étais avec vous dans le Temple, vous n'avez pas porté les mains sur moi. Mais c'est votre heure et le pouvoir des Ténèbres. " |
54 L'ayant donc saisi, ils l'emmenèrent et l'introduisirent dans la maison du grand prêtre. Quant à Pierre, il suivait de loin. |
55 Comme ils avaient allumé du feu au milieu de la cour et s'étaient assis autour, Pierre s'assit au milieu d'eux. |
56 Une servante le vit assis près de la flambée et, fixant les yeux sur lui, elle dit : " Celui-là aussi était avec lui ! " |
57 Mais lui nia en disant : " Femme, je ne le connais pas. " |
58 Peu après, un autre, l'ayant vu, déclara : " Toi aussi, tu en es ! " Mais Pierre déclara : " Homme, je n'en suis pas. " |
59 Environ une heure plus tard, un autre soutenait avec insistance : " Sûrement, celui-là aussi était avec lui, et d'ailleurs il est Galiléen ! " Mais Pierre dit : |
60 " Homme, je ne sais ce que tu dis. " Et à l'instant même, comme il parlait encore, un coq chanta, |
61 et le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre. Et Pierre se ressouvint de la parole du Seigneur, qui lui avait dit : " Avant que le coq ait chanté aujourd'hui, tu m'auras renié trois fois. " |
62 Et, sortant dehors, il pleura amèrement. |
63 Les hommes qui le gardaient le bafouaient et le battaient; |
64 ils lui voilaient le visage et l'interrogeaient en disant : " Fais le prophète ! Qui est-ce qui t'a frappé ? " |
65 Et ils proféraient contre lui beaucoup d'autres injures. |
66 Et quand il fit jour, le conseil des Anciens du peuple s'assembla, grands prêtres et scribes. Ils l'amenèrent dans leur Sanhédrin |
67 et dirent : " Si tu es le Christ, dis-le-nous. " Il leur dit : " Si je vous le dis, vous ne croirez pas, |
68 et si je vous interroge, vous ne répondrez pas. |
69 Mais désormais le Fils de l'homme siégera à la droite de la Puissance de Dieu ! " |
70 Tous dirent alors : " Tu es donc le Fils de Dieu ! " Il leur déclara : " Vous le dites : je le suis. " |
71 Et ils dirent : " Qu'avons-nous encore besoin de témoignage ? Car nous-mêmes l'avons entendu de sa bouche ! " |
Il est arrivé ce qui devait arriver, comme Jésus l’avait annoncé à plusieurs reprises à ses disciples. Le monde, soumis au pouvoir de Satan, ne pouvait supporter la rencontre avec le Juste. Il devait soit mourir lui-même au péché, changer radicalement, renaître, soit condamner cet Homme à mort.
Devenus disciples de Jésus, nous ne devons pas oublier cette incompatibilité du Christ et du péché, non seulement en Lui-même, non seulement dans nos cœurs, mais aussi dans le monde. Si nous avons réellement acquis la foi au Christ, alors un choix se dresse inévitablement devant nous : mourir à nous-mêmes et vivre avec Lui, ou nous joindre à ceux qui, il y a deux mille ans, L’ont condamné à mort. Le reniement de Pierre montre que ce choix ne transforme pas automatiquement l’homme, que ses peurs, sa faiblesse et sa lâcheté restent avec lui. Mais il y a tout de même une immense différence entre Pierre, qui pleura amèrement son reniement, et les membres du Sanhédrin.
39 Il sortit et se rendit, comme de coutume, au mont des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent. |
40 Parvenu en ce lieu, il leur dit : " Priez, pour ne pas entrer en tentation. " |
41 Puis il s'éloigna d'eux environ un jet de pierre et, fléchissant les genoux, il priait en disant: |
42 " Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse ! " |
Les événements que nous lisons aujourd'hui dans l'Évangile selon saint Luc sont familiers à chacun. Nous devons constamment affronter l'injustice et la violence, la cruauté et la trahison. Le péché et la souffrance ont si profondément pénétré la nature humaine qu'ils semblent inévitables. C'est pourquoi, en nous préparant au Grand Carême, nous lisons comment Dieu, devenu homme, a bu cette coupe jusqu'à la lie. Contrairement à nous, Il a accepté volontairement notre souffrance afin de la partager avec nous. Nous cherchons donc une occasion d'honorer Sa souffrance par un certain effort spirituel. La semaine dernière, nous avons lu les paroles de l'apôtre et évangéliste Jean, selon lesquelles cet effort ne peut être qu'un effort d'amour envers le prochain, un effort pour observer les commandements du Christ. Dans la seconde moitié du VIe siècle avant J.-C., l'auteur de la seconde partie du livre d'Isaïe nous a lui aussi transmis les paroles de Dieu : « Voici le jeûne que J'ai choisi : dénoue les liens de la méchanceté... » Et les passages sur le chemin de Croix du Christ que nous lisons cette semaine nous disent qu'aimer Dieu et aimer les hommes signifie se tenir avec la Mère de Dieu au pied de la Croix.
54 L'ayant donc saisi, ils l'emmenèrent et l'introduisirent dans la maison du grand prêtre. Quant à Pierre, il suivait de loin. |
55 Comme ils avaient allumé du feu au milieu de la cour et s'étaient assis autour, Pierre s'assit au milieu d'eux. |
56 Une servante le vit assis près de la flambée et, fixant les yeux sur lui, elle dit : " Celui-là aussi était avec lui ! " |
57 Mais lui nia en disant : " Femme, je ne le connais pas. " |
58 Peu après, un autre, l'ayant vu, déclara : " Toi aussi, tu en es ! " Mais Pierre déclara : " Homme, je n'en suis pas. " |
59 Environ une heure plus tard, un autre soutenait avec insistance : " Sûrement, celui-là aussi était avec lui, et d'ailleurs il est Galiléen ! " Mais Pierre dit : |
60 " Homme, je ne sais ce que tu dis. " Et à l'instant même, comme il parlait encore, un coq chanta, |
61 et le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre. Et Pierre se ressouvint de la parole du Seigneur, qui lui avait dit : " Avant que le coq ait chanté aujourd'hui, tu m'auras renié trois fois. " |
62 Et, sortant dehors, il pleura amèrement. |
63 Les hommes qui le gardaient le bafouaient et le battaient; |
64 ils lui voilaient le visage et l'interrogeaient en disant : " Fais le prophète ! Qui est-ce qui t'a frappé ? " |
65 Et ils proféraient contre lui beaucoup d'autres injures. |
66 Et quand il fit jour, le conseil des Anciens du peuple s'assembla, grands prêtres et scribes. Ils l'amenèrent dans leur Sanhédrin |
67 et dirent : " Si tu es le Christ, dis-le-nous. " Il leur dit : " Si je vous le dis, vous ne croirez pas, |
68 et si je vous interroge, vous ne répondrez pas. |
69 Mais désormais le Fils de l'homme siégera à la droite de la Puissance de Dieu ! " |
70 Tous dirent alors : " Tu es donc le Fils de Dieu ! " Il leur déclara : " Vous le dites : je le suis. " |
71 Et ils dirent : " Qu'avons-nous encore besoin de témoignage ? Car nous-mêmes l'avons entendu de sa bouche ! " |
Il ne venait pas à l'esprit de Pierre qu'il était capable de renier le Christ. À vue humaine, Pierre se comportait dignement et courageusement: puisqu'en accompagnant le Maître jusqu'à la maison du grand prêtre, il prenait un risque. Quant au fait qu'il se soit mis à nier le connaître, c'était une ruse clandestine ordinaire, pour laquelle il est impossible de condamner... Il est difficile de répondre à un raisonnement aussi bien construit, d'autant que, dans des situations de persécution, beaucoup de gens ont souvent agi exactement ainsi. Mais nous lisons que Pierre, se sentant coupable, pleura amèrement; cela signifie donc que, d'une certaine manière, son comportement ne correspond pas aux règles admissibles de prudence. Il ne faut pas condamner ceux qui éprouvent de la peur devant les persécuteurs, car Jésus lui-même ne condamnait pas ses disciples secrets de ne pas agir ouvertement. Mais chaque chose a son temps, comme il y a un temps pour ramasser les pierres et un temps pour les jeter. Il y a des minutes où il faut rejeter toute peur et témoigner de Celui que nous connaissons.
Le procès du Sanhédrin est précédé de moqueries et de coups; en réalité, il commence par eux. Les juges n'ont pas l'intention de chercher la vérité: la sentence est déjà prête. Mais la manière dont se déroule le procès nous montre visiblement comment se fait le choix: on peut accepter ou rejeter le témoignage du Christ sur lui-même. Chacun décide pour soi, mais ceux qui rejettent sont gênés par la présence du Christ: ils voudraient tout simplement qu'il n'existe pas. C'est pourquoi le rejet fait naître le désir de détruire, de couvrir de boue, de ne pas reconnaître la réalité même de son existence. Le désir de tuer le Christ n'est pas né ce jour-là; il existait bien avant le procès et n'a pas cessé jusqu'à aujourd'hui. Mais jusqu'à la fin des temps, il restera voué à l'échec.
54 L'ayant donc saisi, ils l'emmenèrent et l'introduisirent dans la maison du grand prêtre. Quant à Pierre, il suivait de loin. |
55 Comme ils avaient allumé du feu au milieu de la cour et s'étaient assis autour, Pierre s'assit au milieu d'eux. |
56 Une servante le vit assis près de la flambée et, fixant les yeux sur lui, elle dit : " Celui-là aussi était avec lui ! " |
57 Mais lui nia en disant : " Femme, je ne le connais pas. " |
58 Peu après, un autre, l'ayant vu, déclara : " Toi aussi, tu en es ! " Mais Pierre déclara : " Homme, je n'en suis pas. " |
59 Environ une heure plus tard, un autre soutenait avec insistance : " Sûrement, celui-là aussi était avec lui, et d'ailleurs il est Galiléen ! " Mais Pierre dit : |
60 " Homme, je ne sais ce que tu dis. " Et à l'instant même, comme il parlait encore, un coq chanta, |
61 et le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre. Et Pierre se ressouvint de la parole du Seigneur, qui lui avait dit : " Avant que le coq ait chanté aujourd'hui, tu m'auras renié trois fois. " |
62 Et, sortant dehors, il pleura amèrement. |
63 Les hommes qui le gardaient le bafouaient et le battaient; |
64 ils lui voilaient le visage et l'interrogeaient en disant : " Fais le prophète ! Qui est-ce qui t'a frappé ? " |
65 Et ils proféraient contre lui beaucoup d'autres injures. |
66 Et quand il fit jour, le conseil des Anciens du peuple s'assembla, grands prêtres et scribes. Ils l'amenèrent dans leur Sanhédrin |
67 et dirent : " Si tu es le Christ, dis-le-nous. " Il leur dit : " Si je vous le dis, vous ne croirez pas, |
68 et si je vous interroge, vous ne répondrez pas. |
69 Mais désormais le Fils de l'homme siégera à la droite de la Puissance de Dieu ! " |
70 Tous dirent alors : " Tu es donc le Fils de Dieu ! " Il leur déclara : " Vous le dites : je le suis. " |
71 Et ils dirent : " Qu'avons-nous encore besoin de témoignage ? Car nous-mêmes l'avons entendu de sa bouche ! " |
À qui ces lignes sont-elles adressées et pourquoi ont-elles été écrites ? Elles racontent comment Jésus fut rejeté par ceux qui, semble-t-il, auraient dû L’accueillir : le premier disciple reniant le Maître et les anciens des grands prêtres reniant leur Messie. Elles ne devaient guère susciter l’hostilité ou la haine envers les Juifs ni ébranler l’autorité d’un apôtre bien connu. Sans doute le lecteur, apprenant combien de reniements et de trahisons le Christ avait dû traverser et comment Il les avait supportés, devait-il comprendre à quel point lui-même n’a pas le droit de trahir le Maître et combien il lui est impossible de participer à la répétition de cette situation. Or une telle situation peut survenir à tout moment : lorsque, sous la pression de la société, de la peur ou des circonstances de la vie, les mots « je ne connais pas cet Homme » viennent d’eux-mêmes aux lèvres ; lorsqu’il ne s’agit pas de renier une idée, une vision du monde ou un parti, mais une Personne, Dieu, ce qu’il y a d’humain et de divin en toi-même...
70 Tous dirent alors : " Tu es donc le Fils de Dieu ! " Il leur déclara : " Vous le dites : je le suis. " |
71 Et ils dirent : " Qu'avons-nous encore besoin de témoignage ? Car nous-mêmes l'avons entendu de sa bouche ! " |
Tout se présentait si bien. Le tribunal s’était réuni, et le verdict était prêt... Car tout est clair pour tout le monde : ce Fils de l’homme n’a pas sa place sur la terre. On avait trouvé une bonne accusation (comme plus tard on fit emprisonner Al Capone pour fraude fiscale !), et les témoins étaient là, mais voilà, ça ne marche pas, l’accusation s’effondre, tout devient gênant. Alors, va banque : « Es-tu le Fils de Dieu ? » Ou bien Il cède et renie, ou bien Il dit « oui », et nous déclarerons cela blasphème.
La réponse de Jésus est admirable. D’un côté, c’est une forme polie de réponse affirmative ; mais de l’autre, comme toujours chez Lui, c’est le renvoi de la question à celui qui la pose : « réfléchis toi-même et prends une décision responsable ». Ce que disent les « juges » montre qu’ils ont entendu, mais cela n’influe pas sur la décision prise d’avance.
Il est intéressant de voir que, lorsque nos « incroyants » doutent de qui est Jésus, ils L’appellent néanmoins Christ, c’est-à-dire Oint de Dieu. Ainsi, Il leur répond comme sans qu’ils L’entendent : « Vous dites qui Je suis ». Et Il leur laisse la liberté de décider.
45 Se relevant de sa prière, il vint vers les disciples qu'il trouva endormis de tristesse, |
46 et il leur dit : " Qu'avez-vous à dormir ? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation. " |
47 Tandis qu'il parlait encore, voici une foule, et à sa tête marchait le nommé Judas, l'un des Douze, qui s'approcha de Jésus pour lui donner un baiser. |
48 Mais Jésus lui dit : " Judas, c'est par un baiser que tu livres le Fils de l'homme ! " |
49 Voyant ce qui allait arriver, ses compagnons lui dirent : " Seigneur, faut-il frapper du glaive ? " |
50 Et l'un d'eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui enleva l'oreille droite. |
51 Mais Jésus prit la parole et dit : " Restez-en là. " Et, lui touchant l'oreille, il le guérit. |
52 Puis Jésus dit à ceux qui s'étaient portés contre lui, grands prêtres, chefs des gardes du Temple et anciens : " Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons ? |
53 Alors que chaque jour j'étais avec vous dans le Temple, vous n'avez pas porté les mains sur moi. Mais c'est votre heure et le pouvoir des Ténèbres. " |
54 L'ayant donc saisi, ils l'emmenèrent et l'introduisirent dans la maison du grand prêtre. Quant à Pierre, il suivait de loin. |
55 Comme ils avaient allumé du feu au milieu de la cour et s'étaient assis autour, Pierre s'assit au milieu d'eux. |
56 Une servante le vit assis près de la flambée et, fixant les yeux sur lui, elle dit : " Celui-là aussi était avec lui ! " |
57 Mais lui nia en disant : " Femme, je ne le connais pas. " |
58 Peu après, un autre, l'ayant vu, déclara : " Toi aussi, tu en es ! " Mais Pierre déclara : " Homme, je n'en suis pas. " |
59 Environ une heure plus tard, un autre soutenait avec insistance : " Sûrement, celui-là aussi était avec lui, et d'ailleurs il est Galiléen ! " Mais Pierre dit : |
60 " Homme, je ne sais ce que tu dis. " Et à l'instant même, comme il parlait encore, un coq chanta, |
61 et le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre. Et Pierre se ressouvint de la parole du Seigneur, qui lui avait dit : " Avant que le coq ait chanté aujourd'hui, tu m'auras renié trois fois. " |
62 Et, sortant dehors, il pleura amèrement. |
63 Les hommes qui le gardaient le bafouaient et le battaient; |
64 ils lui voilaient le visage et l'interrogeaient en disant : " Fais le prophète ! Qui est-ce qui t'a frappé ? " |
65 Et ils proféraient contre lui beaucoup d'autres injures. |
66 Et quand il fit jour, le conseil des Anciens du peuple s'assembla, grands prêtres et scribes. Ils l'amenèrent dans leur Sanhédrin |
67 et dirent : " Si tu es le Christ, dis-le-nous. " Il leur dit : " Si je vous le dis, vous ne croirez pas, |
68 et si je vous interroge, vous ne répondrez pas. |
69 Mais désormais le Fils de l'homme siégera à la droite de la Puissance de Dieu ! " |
70 Tous dirent alors : " Tu es donc le Fils de Dieu ! " Il leur déclara : " Vous le dites : je le suis. " |
71 Et ils dirent : " Qu'avons-nous encore besoin de témoignage ? Car nous-mêmes l'avons entendu de sa bouche ! " |
1 Puis toute l'assemblée se leva, et ils l'amenèrent devant Pilate. |
Quelle fut la cause du reniement de Pierre ? L’apostasie ? La peur ? À peine : car tout récemment encore il promettait à Jésus de mourir avec Lui, s’il le fallait. Pierre est certes un homme ardent et résolu, mais il est loin d’être un enfant qui lance des paroles en l’air et distribue des promesses légères. Et, bien sûr, il n’est nullement lâche ; tout ce que nous savons de lui par les récits évangéliques en témoigne. Alors quoi ? Peut-être le caractère inattendu et paradoxal de tout ce qui se passait ? Pierre avait bien promis d’être avec Jésus jusqu’à la fin, comme d’ailleurs tous Ses autres disciples. Mais qu’attendaient-ils ? Jésus leur avait parlé plus d’une fois de Ses souffrances et de Sa mort à venir, ainsi que de Sa résurrection. Mais les apôtres, semble-t-il, ne Le comprirent jamais jusqu’au bout ; tout ne leur devint plus ou moins clair qu’après la Résurrection, et définitivement clair, semble-t-il, seulement après la Pentecôte. Même le jour de l’Ascension, ils attendent que maintenant enfin leur Maître rétablisse le « royaume d’Israël » et devienne le « vrai Messie », le Roi qu’attendaient alors beaucoup de gens. Et alors, pendant et aussitôt après la Cène, ils étaient, semble-t-il, absolument certains que l’insurrection allait commencer d’un moment à l’autre ; leur Maître, bien sûr, serait menacé d’un danger mortel, et eux, bien sûr, étaient prêts à rester avec Lui jusqu’à la fin, quoi qu’il arrive. Et soudain : aucune insurrection ; leur Maître se livre sans résistance ; tout est fini, fini d’une manière complètement absurde. Que faire ensuite ? Il n’est pas étonnant que tous s’enfuient. Si tout s’est terminé sans avoir commencé, à quoi garder fidélité ? Au Maître, même s’Il avait renoncé, semblait-il, à tous Ses projets ? Seul Pierre eut assez de résolution pour cela : il resta afin de voir ce qui arriverait ensuite à Jésus. Et soudain : mais toi, tu étais avec Lui ! — d’un côté, puis d’un autre, puis d’un troisième… Et pour Pierre maintenant : j’y étais, je n’y étais pas, quelle différence ? Quelle importance cela a-t-il maintenant que tout est fini ? — Je n’y étais pas ! Je ne sais rien ni personne, laissez-moi ! — première réaction, tout à fait naturelle. Et aussitôt, comme un éclair, une fulgurance illuminant sa conscience : j’ai trahi ! J’ai renié ! Voilà ce dont Il avait averti ! Et aussitôt un repentir profond, brûlant. Un repentir qui rend l’espérance.
31 " Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ; |
32 mais moi j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. " |
33 Celui-ci lui dit : " Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. " |
34 Mais il dit : " Je te le dis, Pierre, le coq ne chantera pas aujourd'hui que tu n'aies, par trois fois, nié me connaître. " |
35 Puis il leur dit : " Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni besace, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? " - " De rien ", dirent-ils. |
36 Et il leur dit : " Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, de même celui qui a une besace, et que celui qui n'en a pas vende son manteau pour acheter un glaive. |
37 Car, je vous le dis, il faut que s'accomplisse en moi ceci qui est écrit : Il a été compté parmi les scélérats. Aussi bien, ce qui me concerne touche à sa fin. " - |
38 " Seigneur, dirent-ils, il y a justement ici deux glaives. " Il leur répondit : " C'est bien assez ! " |
39 Il sortit et se rendit, comme de coutume, au mont des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent. |
40 Parvenu en ce lieu, il leur dit : " Priez, pour ne pas entrer en tentation. " |
41 Puis il s'éloigna d'eux environ un jet de pierre et, fléchissant les genoux, il priait en disant: |
42 " Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse ! " |
43 Alors lui apparut, venant du ciel, un ange qui le réconfortait. |
44 Entré en agonie, il priait de façon plus instante, et sa sueur devint comme de grosses gouttes de sang qui tombaient à terre. |
45 Se relevant de sa prière, il vint vers les disciples qu'il trouva endormis de tristesse, |
46 et il leur dit : " Qu'avez-vous à dormir ? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation. " |
47 Tandis qu'il parlait encore, voici une foule, et à sa tête marchait le nommé Judas, l'un des Douze, qui s'approcha de Jésus pour lui donner un baiser. |
48 Mais Jésus lui dit : " Judas, c'est par un baiser que tu livres le Fils de l'homme ! " |
49 Voyant ce qui allait arriver, ses compagnons lui dirent : " Seigneur, faut-il frapper du glaive ? " |
50 Et l'un d'eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui enleva l'oreille droite. |
51 Mais Jésus prit la parole et dit : " Restez-en là. " Et, lui touchant l'oreille, il le guérit. |
52 Puis Jésus dit à ceux qui s'étaient portés contre lui, grands prêtres, chefs des gardes du Temple et anciens : " Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons ? |
53 Alors que chaque jour j'étais avec vous dans le Temple, vous n'avez pas porté les mains sur moi. Mais c'est votre heure et le pouvoir des Ténèbres. " |
Le chemin du Golgotha a commencé avant même Gethsémani, dans la solitude au milieu des disciples qui ne Le comprenaient pas. Très peu de temps allait passer avant que les apôtres ne deviennent des hommes tout différents, mais pour l’instant ils infligent au Maître des souffrances supplémentaires.
Voyant cela, le Christ, qui est venu nous sauver, ne rejette pas les disciples. C’est précisément le sens de Ses paroles à Pierre, qui contiennent à la fois un avertissement sur sa faiblesse prochaine et la mission d’affermir ses frères après sa chute. Le Christ voit la faiblesse de Pierre, comme Il voit celle de chacun de nous ; pourtant, non seulement Il ne condamne ni ne rejette Pierre et chacun de nous, mais Il nous fortifie. Même dans les paroles adressées à Judas, on n’entend pas une condamnation, mais un reproche attristé capable d’éveiller la conscience.
Pourvu seulement que nous soyons prêts à accepter Son soutien. Pierre le pourra un peu plus tard, mais Judas ne le voudra pas…
Le nom du mont des Oliviers nous rappelle l’huile avec laquelle on accomplissait l’onction, notamment l’onction royale. Mais le Royaume du Christ n’est pas de ce monde, et ce n’est pas par une onction rituelle qu’Il marche vers Son triomphe, mais par la souffrance sacrificielle.
31 " Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ; |
32 mais moi j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. " |
33 Celui-ci lui dit : " Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. " |
34 Mais il dit : " Je te le dis, Pierre, le coq ne chantera pas aujourd'hui que tu n'aies, par trois fois, nié me connaître. " |
35 Puis il leur dit : " Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni besace, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? " - " De rien ", dirent-ils. |
36 Et il leur dit : " Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, de même celui qui a une besace, et que celui qui n'en a pas vende son manteau pour acheter un glaive. |
37 Car, je vous le dis, il faut que s'accomplisse en moi ceci qui est écrit : Il a été compté parmi les scélérats. Aussi bien, ce qui me concerne touche à sa fin. " - |
38 " Seigneur, dirent-ils, il y a justement ici deux glaives. " Il leur répondit : " C'est bien assez ! " |
39 Il sortit et se rendit, comme de coutume, au mont des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent. |
40 Parvenu en ce lieu, il leur dit : " Priez, pour ne pas entrer en tentation. " |
41 Puis il s'éloigna d'eux environ un jet de pierre et, fléchissant les genoux, il priait en disant: |
42 " Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse ! " |
43 Alors lui apparut, venant du ciel, un ange qui le réconfortait. |
44 Entré en agonie, il priait de façon plus instante, et sa sueur devint comme de grosses gouttes de sang qui tombaient à terre. |
45 Se relevant de sa prière, il vint vers les disciples qu'il trouva endormis de tristesse, |
46 et il leur dit : " Qu'avez-vous à dormir ? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation. " |
47 Tandis qu'il parlait encore, voici une foule, et à sa tête marchait le nommé Judas, l'un des Douze, qui s'approcha de Jésus pour lui donner un baiser. |
48 Mais Jésus lui dit : " Judas, c'est par un baiser que tu livres le Fils de l'homme ! " |
49 Voyant ce qui allait arriver, ses compagnons lui dirent : " Seigneur, faut-il frapper du glaive ? " |
50 Et l'un d'eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui enleva l'oreille droite. |
51 Mais Jésus prit la parole et dit : " Restez-en là. " Et, lui touchant l'oreille, il le guérit. |
52 Puis Jésus dit à ceux qui s'étaient portés contre lui, grands prêtres, chefs des gardes du Temple et anciens : " Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons ? |
53 Alors que chaque jour j'étais avec vous dans le Temple, vous n'avez pas porté les mains sur moi. Mais c'est votre heure et le pouvoir des Ténèbres. " |
Les temps insouciants sont terminés: si autrefois les apôtres pouvaient prêcher sans un sou et sans pain dans leur sac, désormais même l'épée ne pourra sauver ni eux ni leur Maître. Il arrive un temps où Dieu n'exauce pas la prière même du plus juste, et où l'on ne peut même pas se fier à soi-même. Jésus doit boire sa coupe, et Pierre se trompe lui-même en assurant le Maître de sa fidélité jusqu'à la mort.
Que faire lorsque vient «le temps des sans-loi et le pouvoir des ténèbres»? Si les apôtres ne le savaient pas, comment le saurions-nous? Il ne leur reste que les paroles de Jésus: «J'ai prié pour que ta foi ne défaille pas...». La foi que, même dans les ténèbres, tout demeure entre les mains de Dieu...
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque, |
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : " Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. " |
9 Ils lui dirent : " Où veux-tu que nous préparions ? " |
10 Il leur dit : " Voici qu'en entrant dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d'eau. Suivez-le dans la maison où il pénétrera, |
11 et vous direz au propriétaire de la maison : "Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la pâque avec mes disciples ?" |
12 Et celui-ci vous montrera, à l'étage, une grande pièce garnie de coussins ; faites-y les préparatifs. " |
13 S'en étant donc allés, ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la pâque. |
14 Lorsque l'heure fut venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui. |
15 Et il leur dit : " J'ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir ; |
16 car je vous le dis, jamais plus je ne la mangerai jusqu'à ce qu'elle s'accomplisse dans le Royaume de Dieu. " |
17 Puis, ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : " Prenez ceci, et partagez entre vous ; |
18 car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu'à ce que le Royaume de Dieu soit venu. " |
19 Puis, prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : " Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi. " |
20 Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : " Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous. |
21 " Cependant, voici que la main de celui qui me livre est avec moi sur la table. |
22 Le Fils de l'homme, certes, va son chemin selon ce qui a été arrêté, mais malheur à cet homme-là par qui il est livré ! " |
23 Et eux se mirent à se demander entre eux quel était donc parmi eux celui qui allait faire cela. |
24 Il s'éleva aussi entre eux une contestation: lequel d'entre eux pouvait être tenu pour le plus grand? |
25 Il leur dit : " Les rois des nations dominent sur elles, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler Bienfaiteurs. |
26 Mais pour vous, il n'en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert. |
27 Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N'est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert ! |
28 " Vous êtes, vous, ceux qui sont demeurés constamment avec moi dans mes épreuves ; |
29 et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi: |
30 vous mangerez et boirez à ma table en mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d'Israël. |
31 " Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ; |
32 mais moi j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. " |
33 Celui-ci lui dit : " Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. " |
34 Mais il dit : " Je te le dis, Pierre, le coq ne chantera pas aujourd'hui que tu n'aies, par trois fois, nié me connaître. " |
35 Puis il leur dit : " Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni besace, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? " - " De rien ", dirent-ils. |
36 Et il leur dit : " Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, de même celui qui a une besace, et que celui qui n'en a pas vende son manteau pour acheter un glaive. |
37 Car, je vous le dis, il faut que s'accomplisse en moi ceci qui est écrit : Il a été compté parmi les scélérats. Aussi bien, ce qui me concerne touche à sa fin. " - |
38 " Seigneur, dirent-ils, il y a justement ici deux glaives. " Il leur répondit : " C'est bien assez ! " |
39 Il sortit et se rendit, comme de coutume, au mont des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent. |
Le mont des Oliviers est le commencement de la glorification du Christ. C'est Son Entrée à Jérusalem, l'entrée du Roi. Et c'est sur cette même montagne qu'Il revient après avoir mangé la Pâque avec les disciples. Et de nouveau, c'est du mont des Oliviers que commence la glorification du Christ - comme Sauveur du Monde.
Et au cours du repas pascal, le Christ explique aux apôtres ce qu'Il accomplissait Lui-même et ce qui s'accomplit. Il est Celui qui sert, auprès duquel se trouvaient des hommes qui avaient déjà changé dans leur coeur. À qui Il promet le repas dans le Royaume des Cieux. Et à qui Il lègue, comme témoins de Ses oeuvres, la Communion à Son Corps et à Son Sang. La communion à Sa mort et à Sa Résurrection prochaine. La communion à la gloire du Christ, par laquelle tous les chrétiens sont fortifiés et sauvés depuis ces jours-là.
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